La France est en train de sombrer, sous nos yeux, dans une violence qui ne cherche plus d’autre fin qu’elle-même. La crise a cédé la place au chaos et, désormais, c’est tout le cours de notre vie politique qui semble être sorti de son axe. Les Français ont le sentiment, compréhensible, de ne plus être gouvernés. Le sentiment plus grave encore d’assister en même temps à l’effondrement de l’Etat et à la dissolution de la société. Lorsqu’on voit ces images insupportables d’affrontements dans nos rues, à Toulouse, Lyon, Marseille et Paris, comme dans tant d’autres villes ; lorsqu’on voit brûler ou saccager des lieux publics qui incarnent notre République ; lorsqu’on mesure le désir de vengeance sans fin que nourrit le spectacle du chaos, une seule pensée s’impose : la France est en train de céder à la fascination de la violence. Elle s’abandonne à elle. Elle fantasme la guerre civile au point de risquer de la faire advenir. Il n’y a, dans cette affaire, aucun camp qui puisse se targuer d’être sans tache. La violence engendre la violence. C’est une spirale dont les nations ne sortent qu’au prix de profondes blessures. C’est pour cela que chacun de nous doit résister à la tentation. À la peur. À la colère. Chacun de nous doit chercher avec sang-froid les réponses collectives et constructives à cette situation qui n’est ni nouvelle - souvenons-nous du 1er décembre 2018 - ni terminée, car nous sentons bien que ces violences s’inscrivent dans un duel fratricide entre les extrêmes qui écrase la France pacifique et qui menace de dominer notre vie politique pendant plusieurs années. C’est un crime contre la paix sociale, civile et territoriale. Alors, résistons à l’esprit de la violence. C’est le message que le président de la République doit adresser aux Français dès ce soir. Ce souci de préserver la paix tant qu’il est temps, c’est l’expérience et le combat de toute ma vie, sur les questions internationales autant que nationales. J’entends les nombreux appels des dirigeants politiques à la fermeté. Elle est nécessaire. Mais lorsqu’elle ne désigne qu’une réponse plus brutale à la brutalité, elle devient un mot d’ordre facile et irréfléchi. Que signifie-t-elle alors, sinon une surenchère de violence et une escalade dont nous ne sortirons pas de sitôt ? J’entends aussi les appels moins nombreux de ceux qui disent : « C’est la faute des autorités ; elles ont provoqué, mal anticipé, brutalisé. » Cette réponse est tout aussi irréfléchie, et même cynique. L’heure n’est pas à affaiblir davantage un État déjà si impuissant. Refusons le piège. Mettons de côté nos différences et rassemblons-nous autour de l’essentiel : sauver notre démocratie, restaurer notre État, défendre l’État de droit et protéger notre maison commune, menacée par le dérèglement climatique. La réponse, comme souvent dans l’exercice du gouvernement, tient en un mot : le sang-froid. Lui seul nous permettra de sortir de cette spirale de violence. Deux exigences simultanées s’imposent à nous aujourd’hui : halte au feu ; force doit rester à la loi : rassembler autour de l’essentiel.. Halte au feu, car il s’agit d’abord d’éteindre l’incendie, d’empêcher de nouveaux drames de se produire. Force doit rester à la loi, car la justice devra faire la lumière sur les faits, établir les responsabilités et sanctionner sévèrement les actes graves commis. Le président de la République et les dirigeants issus de l’ancienne majorité ont évidemment une responsabilité majeure dans la dégradation de notre État. Mais aujourd’hui n’est pas l’heure du procès. Aujourd’hui, l’heure est de faire front ensemble pour empêcher que demain ne soit plus violent encore. Aujourd’hui nous devons nous rassembler et réunir des Etats Généraux de la République, rassemblant les forces politiques, sociales, associatives et culturelles pour un sursaut républicain. Dominique de Villepin ©️ Photo : Ivan Valerio
Dominique de Villepin
Ancien Premier ministre de la République française
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La jeunesse de France a un message et nous devons l’entendre. Ce mouvement exprime une aspiration profonde de toute une génération. Il m’importait de comprendre ce qu’il porte et d’écouter celles et ceux qui ont lancé les mobilisations. Avec François Ruffin, malgré nos différences et parfois nos désaccords, nous avons voulu dégager cinq propositions communes, pour montrer qu’il est possible de s’entendre et d’agir ensemble. Première proposition : mettre fin à Parcoursup et repenser l’orientation, du collège à l’université, pour la rendre plus humaine. Deuxième : maintenir, en euros constants, le budget de l’Éducation nationale malgré la baisse démographique, pour investir dans la jeunesse. Troisième : lancer avec les régions un plan de rénovation des établissements, afin que les élèves étudient dans des conditions dignes. Quatrième : ouvrir une mission éclair parlementaire sur le maintien de l’ordre et suspendre immédiatement l’usage des LBD, des grenades de désencerclement et des nasses lors des mobilisations lycéennes. Enfin : instaurer le droit de vote à 16 ans, pour que les jeunes puissent prendre part aux décisions qui engagent leur avenir.
La culture française est un trésor inépuisable de richesses, de diversité, de regards et de couleurs. Protéger ce trésor, c’est protéger ce qui fait de nous des êtres humains, un corps qui vibre, un esprit qui s’ouvre et s’émerveille, une voix qui chante la vie. C’est aussi résister aux nouveaux empires qui voudraient réduire la France et l’Europe à un vaste marché, en laissant le champ libre aux technologies numériques et à l’intelligence artificielle. Céder à ces empires ou à la tentation du Rassemblement national, ce serait prendre le risque d’effacer la culture française d’un trait de plume. Rappelons-nous que si cette culture vit encore, c’est parce qu’elle s’enracine dans une langue, des lieux, des paysages, une histoire et des façons de vivre et de regarder le monde. Entretien du 14.10.26 avec @JJBourdin_off
Pour alléger la charge de la dette, la France doit se doter d’un budget sérieux et soutenable, quelle que soit l’issue de la prochaine élection présidentielle. Il est de la responsabilité de tous les responsables politiques, de l’extrême droite à la gauche radicale, d’adresser un signal collectif aux marchés financiers et à nos partenaires. Je propose que tous les partis s’engagent à ramener le déficit public sous les 3 % du PIB. La crédibilité de la France et notre avenir financier en dépendent. Entretien du 10.10.26 chez @cavousf5
Je veux vous parler d’une pièce qui éclaire notre vie publique, où l’indignation court plus vite que la preuve, où le tribunal des cris tend à se substituer à la justice, où le mensonge et la calomnie l’emportent trop souvent sur la vérité. Nous vivons à l’ère du soupçon permanent. C’est ce soupçon qu’Arthur Miller met en scène dans Les Sorcières de Salem. Des jeunes filles dansent dans la forêt. Surprises, elles sont soupçonnées de sorcellerie. Alors tout s’emballe : sous la pression, elles avouent, se dénoncent, accusent à leur tour. Bientôt, la société se défait, emportée par la peur et le mensonge, qui étouffent la vérité. La leçon est claire : nous ne sommes pas condamnés à céder au soupçon. Nous pouvons encore refuser ce basculement.
Le projet budgétaire du RN n’est pas sérieux. Il ferait de la France un petit pays replié sur lui-même et nous entraînerait dans des eaux tumultueuses. Il faut être beaucoup plus ambitieux. Je propose d’ouvrir la boîte noire des niches fiscales et sociales, d’opérer le big bang fiscal dont la France a besoin, et de remettre ainsi à plat 175 milliards d’euros par an et de nous engager, avec une partie de ces sommes, dans un programme de réajustement budgétaire qui nous permettrait de passer sous la barre des 3 % de déficit d’ici à 2032. Entretien du 10.10.26 sur @cavousf5
L’attaque dont ont été victimes le principal du collège Joseph Lakanal, à Aubagne, et une enseignante de l’établissement est un choc pour la nation tout entière. C’est l’école qui est frappée au cœur, ce lieu où la République s’engage à instruire chaque enfant et à protéger tous ceux qui y apprennent et y travaillent. Comme père, comme responsable public, comme citoyen, je ressens d’abord une immense émotion et une profonde inquiétude. Qu’un enfant de 15 ans, à peine entré dans son année de troisième, en vienne à s’armer contre ceux qui ont la charge de l’instruire nous bouleverse et nous interroge tous. Il reviendra à l’enquête d’établir ce qui a conduit à ce geste. J’adresse aux victimes, à leurs familles et à leurs proches ma solidarité pleine et entière. Je salue le sang-froid du conseiller principal d’éducation, qui a maîtrisé l’adolescent, et l’intervention des forces de l’ordre. Mes pensées vont aussi aux élèves et aux personnels du collège, ainsi qu’au maire d’Aubagne, Jean-Pierre Squillari, car un drame comme celui-ci éprouve toute une ville. Je sais combien l’équipe éducative de ce collège a fait de l’inclusion scolaire et de la lutte contre le harcèlement des priorités de son action. Elle ne peut assumer seule une responsabilité qui engage la nation tout entière. C’est à l’État de se mobiliser, en donnant à la médecine scolaire et aux psychologues de l’Éducation nationale les moyens de repérer et d’accompagner chaque enfant en détresse, sans attendre que sa souffrance s’aggrave. Nous le devons à ces enfants comme à celles et ceux qui, chaque matin, leur ouvrent les portes de l’école. Dominique de Villepin
Il y a, dans le mouvement lycéen, des exigences qu’il nous faut entendre : une demande de dignité, un esprit de solidarité et une aspiration à une vie meilleure. C’est pour cela que notre génération, qui a bénéficié de conditions plus favorables, a le devoir d’écouter ces jeunes, de prendre leur inquiétude au sérieux et de leur transmettre les moyens de construire leur avenir. Entretien du 10.10.26 dans @cavousf5
Donald Trump a violé la souveraineté du Venezuela pour un accord pétrolier. Nous n’avons rien dit. Donald Trump a exigé la souveraineté sur le Groenland, où l’on espère aussi du pétrole. En espérant que ça passe, nous n’avons rien dit. Donald Trump a choisi de déclencher une guerre absurde avec l’Iran et les prix du pétrole ont bondi pour tout le monde. Nous n’avons rien dit. Donald Trump a menacé d’interdire l’exportation de gazole américain vers la France, au risque de faire bondir les prix du gazole au-delà de 2,50 euros jusqu’à 3 euros. Nous n’avons rien dit. Donald Trump a exigé que les pays du G7 vident leurs réserves stratégiques de gazole pour faire baisser les prix avant les élections des Midterms. Nous n’avons rien dit et nous avons obéi. Donald Trump noue un pacte de fait avec Vladimir Poutine, pour s’approvisionner en gazole en Russie, au mépris des sanctions imposées par les Etats Unis et il exige un « nouveau président en Ukraine », songeant qu’une élection américaine vaut bien l’abandon de la sécurité européenne. Nous ne disons rien. Quand l’Europe agira-t-elle pour s’immuniser aux sanctions américaines, s’affranchir de l’emprise des entreprises technologiques, mettre en branle l’Instrument Anti-Coercition ? Quand parlera-t-elle clairement et d’une voix ? Car lorsqu’on écrira l’histoire de ces années folles, on ne se souviendra que d’une chose : l’Europe, elle, n’avait rien à dire. Dominique de Villepin © White House, 18 August 2025
À ce soir ! https://t.co/y21eDycUsg
Le Comité Nobel a décerné son Prix pour la Paix à Navi Pillay. C’est le choix d’honorer le travail de la justice internationale, de la poursuite des crimes contre l’humanité et de la défense du multilatéralisme. Navi Pillay a mis ses talents de juriste au service de la paix pendant toute sa carrière en présidant le Tribunal pénal international pour le Rwanda et dans ses fonctions de Haut-Commissaire des Nations Unies aux Droits de l’Homme. Le fait qu’elle ait reçu l’annonce de ce Prix Nobel au moment où elle se trouvait dans la salle d’audience n°600 à Nuremberg où eurent lieu les Procès de Nuremberg nous rappelle au devoir d’être à la hauteur de l’Histoire et de poursuivre le travail du droit et de la démocratie pour faire vivre pour tous les êtres humains la promesse : « Plus jamais ça ». Le jour même, les États-Unis annoncent des sanctions sur la Cour Pénale Internationale dont elle a été jadis l’une des magistrates. Les États-Unis condamnent un « tribunal voyou » (« rogue court ») et a déclaré son intention de « mutiler » ses capacités d’action. Ce n’est pas l’attitude d’un Etat membre des Nations Unies, encore moins d’une démocratie bicentenaire, c’est le langage des empires, pour qui le droit est toujours un frein à la loi du plus fort, et le mode opératoire des Etats voyous qui se drapent dans le « deux poids deux mesures » pour légitimer leurs régimes iniques. Il faut rappeler que depuis de longs mois, 13 magistrats de la CPI, plus de la moitié, dont le Français Nicolas Guillou, sont sous sanctions et subissent un harcèlement américain, abandonnés par ailleurs par la plupart des établissements bancaires, exprimant très concrètement l’étroit contrôle financier qu’exercent les Etats Unis et le dollar sur la finance globale. Il faut rappeler également que les États-Unis mènent une campagne depuis cet été pour obtenir le retrait d’Etats africains, sous pression de l’administration Trump, pour réduire la portée du Statut de Rome de 1998, qui compte aujourd’hui 125 Etats-parties. Il est temps que l’Europe et la France ripostent par les moyens à leur disposition. D’abord en se mettant à l’abri des chantages par des moyens souverains de paiement, d’échange, de communication et d’intelligence artificielle. Ensuite par une politique courageuse d’immunisation des institutions internationales des mesures de sanction. Enfin par des sanctions réciproques contre les entités appliquant des sanctions contraires au droit international comme le sont celles des Etats Unis. La défense du droit international et du multilatéralisme doit être un combat commun, partagé par les Européens et le Sud Global au nom d’un autre ordre mondial encore possible. Dominique de Villepin ©️ Photo : RFI
RT @cavousf5: 🔴 Colère lycéenne, budget... Dominique de Villepin, ancien Premier ministre, ancien ministre des Affaires Etrangères, fondate…
L’État porte une responsabilité majeure dans les dysfonctionnements de notre pays. C’est quand il ne remplit plus son rôle que s’accumulent les risques financiers, économiques et sociaux. C’est donc à lui de reprendre le contrôle de la situation, d’anticiper ces risques et d’apporter des solutions concrètes. Il n’y a pas de secret : la priorité du gouvernement doit être d’entendre les attentes de la jeunesse et d’y répondre. C’est ainsi qu’il pourra faire reculer la violence et apaiser le pays. Entretien du 04.10.26 sur @BFMTV
Une main arrachée, une mâchoire fracturée, un oeil crevé, des centaines de nos enfants blessés. Si nous voulons éviter d’autres drames, et des plus graves encore, le gouvernement doit faire de la sécurité des lycéens sa priorité. Entretien du 04.10.26 sur @BFMTV https://t.co/Acxd9h7jAE
Ces derniers jours, j'ai reçu plusieurs fois les lycéens. Ce dont souffrent ces jeunes, c’est d’abord d’un manque d’écoute, de reconnaissance, que leurs revendications ne soient pas prises au sérieux ainsi que d'une profonde angoisse de l'avenir. Quand ils doivent préparer leur bac de Français sans professeur, que le rectorat ne répond pas, que les conditions d’études dignes ne sont plus réunies, je comprends qu’ils prennent leur destin en main. La première responsabilité du gouvernement et des responsables locaux, c’est de les écouter, de dialoguer. Entretien du 04.10.26 sur @BFMTV
Le 7 octobre 2023, le monstrueux a fait son retour sur la scène mondiale. Une attaque terroriste d’une telle horreur, d’une telle ampleur qu’elle a ouvert, au-delà des blessures de chair qui aujourd’hui encore continuent à faire souffrir les blessés d’alors et les familles endeuillées des 1221 morts de cette journée, une blessure d’être pour le peuple israélien qui ne s’est pas refermée depuis. L’angoisse existentielle s’est réveillée brutalement et avec elle le doute sur le pacte de sécurité que devait garantir la fondation de l’Etat d’Israël depuis 1948. Des centaines d’attaquants du Hamas ont pu franchir la frontière et abattre la foi dans l’inviolabilité du territoire israélien. Pendant de longues heures, ils ont pu s’en prendre aux populations civiles sans que les forces armées israéliennes ne puissent réagir, bousculées au petit matin par les razzias sur quelques forts entourant la bande de Gaza. Une fête joyeuse, le festival Nova, a été balayé par la haine. Des kibboutz ont été assiégés, envahis, ravagés par les terroristes. Rien n’a arrêté la main des tueurs, et au premier chef aucune retenue d’humanité envers des petits enfants, comme des vieillards. 251 otages ont été emmenés dans Gaza, maintenus en captivité dans des conditions terribles, dont un grand nombre a trouvé la mort avant les dernières libérations d’octobre 2025. Je veux aussi exprimer une pensée particulière pour les 42 victimes françaises tombées en ce jour terrible, ainsi que pour leurs familles. Depuis ce jour, s’est refermée sur Israël la prison spirituelle d’un éternel recommencement, d’un présent sans avenir, d’une vie nationale au jour le jour. Le 7 octobre, l’avenir a été fauché le premier, et avec lui la foi dans la paix, qui habitait tant de victimes. Un événement monstre a dévoré la politique, la raison, la confiance. Aujourd’hui, à l’approche des premières élections législatives en Israël depuis les attaques meurtrières du Hamas le 7 octobre 2023, la question posée est celle-ci : qui pourra refermer la plaie intérieure ? Qui pourra restaurer la confiance ? Qui pourra redonner un avenir ? C’est de la démocratie que doit venir la renaissance des possibles. Ce que nous dit la mémoire de ce jour, c’est que toute réconciliation semble aujourd’hui inimaginable. Ce que nous dit l’Histoire, cependant, c’est qu’il n’est pas d’horreur, pas de haine dont la paix ne puisse triompher. La paix est le seul honneur qu’il reste encore à rendre, aux victimes civiles du 7 octobre comme, dans un même souffle, aux victimes civiles des bombardements furieux qui ont ravagé Gaza pendant deux années. Parce que dans les guerres les plus cruelles, c'est la mémoire des morts qui doit ouvrir le chemin que pourront emprunter les vivants. Dominique de Villepin La Paix de Pablo Picasso, 1952. Huile sur bois, isorel, 4,70 m x 10,20 m, musée national Pablo Picasso.
Si nous ratons le coche en 2027, il n’y aura pas de ticket retour. Si le Rassemblement national accède au pouvoir, nous basculerons d’une démocratie des libertés vers un régime illibéral. Bien qu’elle n’ait aucune chance de l’emporter, la France insoumise, elle, nous plongerait dans de longs mois d’incertitude et de désordre jusqu’à un changement de République. Nous n’avons plus ni le temps ni les marges de manœuvres pour nous permettre de nouvelles périodes de troubles et d’incertitudes. Quand les Empires menacent, quand les nouvelles technologies changent la face du monde, nous n’avons pas le droit de manquer ce rendez-vous avec le destin de la France. Entretien du 04.10.26 sur @BFMTV
RT @BFMTV: Blocage des lycées: "Il ne devrait pas y avoir de charges, il ne devrait pas y avoir de présence massive de la police", affirme…
Dans un moment où la France est confrontée à de graves bouleversements, je n’ai aucune envie de jouer au candidat ou à l’apprenti candidat. Nous devons unir nos forces et prendre nos responsabilités pour que la situation s’améliore avant le lancement de la campagne présidentielle. Sans quoi elle serait entachée par une situation très dégradée, une crise sociale hors de contrôle, un gouvernement qui s’effondre et une France sans budget. Ceux qui, dans cette situation, font passer leurs intérêts personnels et partisans avant de penser à la France ne sont pas à la hauteur des responsabilités auxquelles ils aspirent. Entretien du 04.10.26 sur @BFMTV
RT @humanite_fr: Mouvement lycéen : François Ruffin et Dominique de Villepin se mettent d'accord sur cinq propositions ➡️ https://t.co/yP…
J’ai rencontré vendredi des lycéens représentatifs du mouvement social en cours. Il y a derrière cette mobilisation un enjeu de dignité. Notre responsabilité, et celle du gouvernement, c’est de reconnaître et entendre leurs propositions et leurs revendications. Entretien du 04.10.26 sur @BFMTV
Le maintien de l’ordre doit d’abord protéger nos enfants. Il ne faut pas confondre ceux qui viennent pour casser avec les lycéens qui se mobilisent légitimement pour défendre leurs droits. Aujourd’hui, une doctrine du maintien de l’ordre fondée sur les nasses et le face-à-face met nos lycéens en danger. La priorité de l’État doit être de les protéger. Entretien du 04.10.26 sur @BFMTV
Dans le contexte d’une France éprouvée par les difficultés politiques, sociales et financières, une France à bout de souffle, prenons au sérieux ce que nous dit la jeunesse de France. Pour que le dialogue ne soit pas rompu, pour que la violence ne finisse pas par l’emporter, il nous faut accepter d’entendre, de comprendre, de recevoir. Recevoir ce mouvement pour ce qu’il est vraiment. Un mouvement social lycéen, né des inégalités territoriales et sociales auxquelles ces jeunes sont confrontés. Le mouvement d’une jeunesse de France. Aujourd’hui le mouvement est pris en tenaille entre la gauche radicale qui veut en faire les supplétifs de son combat politique, d’un côté, et un gouvernement qui prend le risque d’essentialiser ce mouvement en le qualifiant de manière répétée de « violences urbaines », de l’autre côté. Aujourd’hui cette tenaille menace de mettre en danger notre jeunesse, de la plonger dans une spirale de violence. Recevoir la parole d’une génération inquiète face aux menaces existentielles qu’affronte notre monde et au manque de réponses des adultes. Réchauffement climatique, fragilisation de la démocratie libérale, retour de la guerre. Qui ne comprendrait pas un tel cri de désespoir ? J’entends aussi dans ces manifestations une demande de participation et il serait légitime aujourd’hui d’ouvrir le débat sur l’élargissement du droit de vote dès 16 ans. Il serait utile d’envisager qu’une Convention citoyenne de la jeunesse vienne apporter la voix de sa génération dans notre vie démocratique. Donnons à cette colère les moyens de trouver un débouché pacifique. Il faut mesurer la rupture entre la jeunesse et un État qui ne répond plus à ses attentes. Faute de débouché politique, la violence gagne du terrain. La défiance s’étend aux relations des uns et des autres avec le gouvernement. Et au-delà, entre les Français eux-mêmes. Recevoir, c’est comprendre la colère d’une génération qui grandit au contact de tant de violences. Violences intrafamiliales. Violence d’un monde entré dans une nouvelle ère de guerres. Violence d’une société où la loi du plus fort l’emporte sur la justice. Violence sociale et sentiment de déclassement. Violence d’un maintien de l’ordre qui n’a pas suffisamment tiré les leçons des drames répétés depuis la mort de Rémi Fraisse en 2014. Violence du narcotrafic qui recrute nos adolescents pour quelques billets avant de les sacrifier. Une génération élevée dans la violence aborde l’avenir avec moins d’espoir. Sans espoir, chacun risque de se replier sur son camp. Et chaque camp de se chercher un ennemi à abattre. Une génération contrainte dans sa liberté cherche des échappatoires. Souvenons que cette Génération Covid est celle qu’on a confiné dans sa chambre pendant de longues semaines, une jeunesse qui souffre à la fois de l’hyperconnexion et de l’hypersolitude, une jeunesse qui sait que son attention est devenue une marchandise périssable. Une génération sacrifiée, diraient certains, dans laquelle un tiers des lycéennes dit avoir des pensées suicidaires. L’instruction du Ministre de l’Education Nationale de passer les cours des lycées bloqués en distanciel ne peut manquer de rappeler ces moments difficiles et de renvoyer élèves et professeurs à l’obligation de se débrouiller quand l’Etat ne sait plus quoi faire. Une génération en manque d’écoute également, qui nous dit la difficulté d’être entendus dans leurs familles, de trouver leur place lorsque les parents sont accaparés par une vie professionnelle plus difficile, lorsque les parents n’ont plus les réponses à un monde qu’ils ne comprennent pas mieux que leurs enfants. Ecouter, recevoir, c’est comprendre que le recours à la seule répression révèle la faiblesse de l’État. C’est quand l’État est faible qu’il frappe fort. Et faible, il l’est. C’est un État qui a abandonné les Français, qui a cessé de tenir ses promesses. Les lycéens réclament des professeurs. Les policiers manifestaient il y a quinze jours pour leurs salaires et leurs moyens. Les pompiers faisaient grève il y a quelques jours. Tous demandent la même chose à l’État, des moyens et du respect. Faute de réponse, la colère finit par opposer ceux qui devraient pouvoir compter sur lui. Plus de cent élèves et personnels ont été blessés depuis le début du mouvement. Ce jeudi, à Marseille, un camion de pompiers a été pillé puis incendié devant un lycée. À Roubaix, à Nantes, des lycées ont été touchés par des incendies. Un chauffeur de bus a été agressé. Mercredi, en une seule journée, 83 policiers et gendarmes ont été blessés. Alors, comment sortir de cette spirale ? Il appartient d’abord au pouvoir de prendre ses responsabilités. À lui de rompre avec l’impuissance qui domine aujourd’hui l’action gouvernementale et de renouer avec deux principes que l’expérience a éprouvés. Le premier tient au maintien de l’ordre, qui doit viser d’abord la sécurité des lycéens, de ceux qui manifestent comme de ceux qui ne manifestent pas. Quand j’étais ministre de l’Intérieur, nous gardions en mémoire la mort de Malik Oussekine, en 1986. Notre doctrine plaçait au-dessus de tout la sécurité des enfants et des jeunes. Éviter la provocation, l’escalade, le choc frontal, c’était désamorcer la violence et laisser du temps à la négociation. Cette exigence d’apaisement allait de pair avec la fermeté face aux violences et aux dégradations. Rien ne justifie que l’on s’en prenne aux enseignants, aux agents du service public ou aux forces de l’ordre. Leur protection fait pleinement partie de la responsabilité de l’État. Le second tient au traitement des revendications. Recevoir, ce n’est pas seulement rencontrer. C’est écouter et agir. Nous avions encore en mémoire Mai 68, et nous savions qu’une colère sans interlocuteur risque de se chercher une cible. D’où l’ouverture du dialogue à tous les niveaux et la recherche patiente de solutions pour sortir du conflit. Face à la colère sociale, le premier réflexe d’un responsable politique était de recevoir. Recevoir pour comprendre. Comprendre pour avancer. Rouvrons les canaux du dialogue. Rencontrons. Écoutons. Recevons. Dominique de Villepin ©️ Philippe Lopez / AFP
J’apprends avec une profonde tristesse la disparition de Gabriel Serville, président de la Collectivité territoriale de Guyane. La République perd l’un de ses grands serviteurs. Enseignant, maire, député puis président de la Collectivité territoriale de Guyane, il aura consacré sa vie à servir la Guyane et ses habitants, à défendre son développement et sa singularité au sein de la République. Je veux saluer un homme de convictions qui portait haut la voix de son territoire. Son engagement nous rappelle combien la République doit savoir reconnaître la diversité de ses territoires et tenir, pour chacun, sa promesse d’égalité. Avec la disparition de Gabriel Serville, c’est un engagement français de chaque instant qui s’éteint. J’adresse à sa femme, ses enfants, sa famille, à ses proches, à ses amis et collègues élus de Guyane et à l’ensemble des Guyanaises et des Guyanais toutes mes condoléances et mes pensées les plus sincères. Dominique de Villepin
Prenons au sérieux la révolution climatique. Aujourd’hui, nous sommes dépendants et vulnérables des énergies fossiles importées des États-Unis, de la Russie ou des pays du Golfe. Chaque Français voit tous les ans 450€ aller vers ces pays au lieu de financer l’avenir du nôtre. Accélérer sur l’électrification, sur l’accès aux véhicules électriques, sur la rénovation thermique, c’est une question de souveraineté, de décarbonation, de compétitivité et de pouvoir d’achat. Et les conséquences sur le budget des Français sera très visible : 180€ annuels gagnés sur la facture énergétique, 1000€ quand on fait le choix d’un véhicule électrique, 1000€ pour un appartement rénové. Entretien du 27.09.26 sur @RTLFrance