Les chiffres de l’immigration qui viennent d’être publiés montrent à quel point la France ne maîtrise plus sa politique migratoire. Lorsque j’étais au ministère de l’Intérieur, j’ai baissé de plus d’un tiers les admissions exceptionnelles au séjour et de près de 15% la naturalisation par décret, et augmenté de plus de 30% les éloignements des étrangers en situation irrégulière. La France est aujourd’hui le premier pays en Europe pour les éloignements. Mais ces efforts ont été contournés par la politique menée par le ministère des Affaires étrangères, combinée à des règles d’accueil automatique qui ont conduit à une augmentation sans précédent du nombre de titres de séjour. J’avais demandé au Président de la République de mettre fin à cette dérive, en transférant la compétence de délivrance des visas au ministère de l’Intérieur et en revenant sur les accords Franco-Algériens. On ne peut à la fois demander au Ministre de l’Intérieur d’être comptable des sorties s’il n’est pas responsable des entrées. Les chiffres le montrent aujourd’hui et ils sont clairs et sans appel. Malgré les circulaires que j’avais prises, il n’y a aujourd’hui, au sein de ce gouvernement, aucune volonté réelle de reprendre le contrôle de l’immigration. C’est un sujet qui sera au cœur de la prochaine élection présidentielle, c’est une question vitale pour la France.