S’il convient de saluer nos engagements auprès de nos alliés au Proche Orient sur le plan diplomatique, appuyés par le déploiement de notre porte-avions et l’envoi bienvenu de deux frégates vers le détroit d’Ormuz, la déclaration du président de la République, dimanche soir, sur la guerre en Iran paraît une fois de plus en décalage avec les réalités et nos intérêts. Le sort de nos compatriotes, Cécile Kohler et Jacques Paris, réfugiés à l’ambassade de France à Téhéran, nous importe bien sûr à tous, mais en faire une « priorité absolue », comme l’a déclaré le président, est une erreur géopolitique et de communication. Pour la sécurité de notre nation, la priorité suprême est que le régime de la République islamique ne puisse pas se doter d’un arsenal nucléaire, ce qui déclencherait une course folle à l’armement ultime au Moyen-Orient ; que soient détruits les missiles balistiques avec lesquels il intimide depuis des années et frappe depuis une semaine ses voisins, dont nos alliés avec lesquels nous sommes liés par des accords ; et qu’il cesse d’essayer d’étrangler l’économie mondiale en bloquant le détroit d’Ormuz. En outre, annoncer urbi et orbi que le retour en France de nos deux compatriotes constituerait un enjeu sans équivalent. Cela ne peut être interprété que comme un signal de faiblesse par un régime prompt à pratiquer le chantage. Pour ce genre d’affaires, la discrétion importe au plus haut point. Enfin, alors que le baril dépasse les 110 dollars et que l’Iran élargit chaque jour le champ de ses cibles, l’heure n’est plus, comme le conclut le communiqué de l’Elysée, à se féliciter de s’entretenir régulièrement avec un président Pezeshkian au demeurant pas maître des décisions du régime sous la tutelle du nouveau Guide suprême. La France, à l’unisson des pays du Golfe, qui ne prononcent plus le mot « négociation », et de nos alliés occidentaux, doit simplement exiger le rétablissement de la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz, et y contribuer avec nos moyens militaires en coordination avec nos alliés.