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David Lisnard

2026-04-19 16:34 reply

Votre rappel minutieux de la lettre des traités est exact, et je ne conteste ni votre immense érudition, ni l’histoire institutionnelle que vous décrivez. Là où nous divergeons profondément, c’est sur la question de la pratique réelle du pouvoir. Vous raisonnez comme si l’Union se limitait à ce que disent les textes, sans regarder comment, au fil du temps, la comitologie, les actes délégués, la jurisprudence de la CJUE et l’usage du monopole d’initiative ont contribué à une inflation normative qui dépasse largement l’esprit originel de la construction européenne. Toute bureaucratie tend à produire toujours plus de normes pour justifier son existence. À Bruxelles, ce réflexe est renforcé par le fait que la Commission cumule l’initiative, l’exécution et le contrôle du respect du droit, ce qui l’incite structurellement à étendre le champ et le niveau de détail de la réglementation plutôt qu’à le simplifier. Dire doctement que tout cela est « conforme aux traités » est un peu court et ne suffit pas à répondre à l’inquiétude démocratique légitime des peuples. Pour ma part, je préfère regarder la réalité en face et exiger que l’Europe redevienne une puissance plutôt qu’une machine à réguler le déclin. Nous sommes cependant d’accord sur un point : la première responsabilité est nationale. La France a trop souvent organisé elle‑même sa défaite à Bruxelles : capitulation sur le calendrier du 100% électrique, signaux contradictoires sur le nucléaire qui ont encouragé les anti‑nucléaires avant un revirement, rôle moteur des élus macronistes dans l’adoption des volets les plus punitifs du Green Deal pour notre agriculture. Ce n’est pas « Bruxelles contre Paris », c’est souvent Paris qui se perd à Bruxelles. Mais cela ne règle pas le problème de fond. Le décrochage européen en matière de prospérité, de compétitivité et de technologie est aggravé par une sur‑réglementation qui pèse sur nos entreprises, là où d’autres puissances assument une stratégie de puissance industrielle et technologique. Je ne me contente pas d’une Europe qui gère des normes : je veux une Europe qui porte une ambition politique et de civilisation. Ce qu’il faut aujourd’hui, c’est que les États nations reprennent pleinement le pilotage politique de l’Union, conformément d’ailleurs à ce que prévoient les traités via le Conseil européen, et qu’ils assument le rapport de force quand c’est nécessaire. Les dernières évolutions vont en ce sens, mais la France doit maintenant prendre toute sa place dans cette dynamique d’affirmation de la prééminence du politique. L’épisode récent où Friedrich Merz a imposé un infléchissement sur l’automobile et la simplification post‑Green Deal montre qu’un leadership national clair peut faire bouger les lignes. Le pouvoir macroniste doit cesser de se cacher derrière la Commission pour assumer ses choix à Bruxelles comme à Paris, c’est certain. La responsabilité demeure l’une de mes valeurs politiques cardinales. Avec @nouv_energie, nous l’exercerons pleinement, au niveau national comme européen.