La lutte contre l’entrisme islamiste et le séparatisme est une priorité vitale pour préserver la République et la Nation. Elle doit mobiliser tous les services de police, de justice, de défense. Elle est aussi culturelle et politique. Mais l’article 6 de la proposition de loi visant à lutter contre l’entrisme islamiste confond les sujets et devient dangereusement liberticide. Sur le fondement de notions extrêmement larges et floues sur la « haine », la « discrimination » ou la « propagation d’idées », l’administration pourra geler les fonds et les ressources économiques de toute personne physique ou morale, sur de simples suspicions idéologiques, sans intervention préalable d’un juge. Mais qui définira la haine ? Et la haine doit-elle renvoyer à une qualification pénale ? Qui tracera la frontière entre une opinion et une « idée tendant à encourager » la discrimination ? C'est un pouvoir exorbitant que d'avoir à interpréter ces notions. Et un pouvoir exorbitant finit toujours par déborder son objet. L'histoire nous enseigne où mène l'arbitraire et, demain, celui-ci pourra aisément se retourner contre d'autres cibles. Cet article dépasse ainsi très largement la lutte contre l’islamisme et ouvre la porte à des dérives graves contre les libertés d’expression et d’association. On ne défend pas la République en lui donnant les outils de l’arbitraire bureaucratique. Si nous nous battons contre le totalitarisme, ce n’est pas pour s’inspirer de ses principes ni lui préparer le terrain. Que la droite ne se fourvoie pas. Nous avons un devoir : protéger la liberté.