Pensez-vous qu’il faut une journée, sans lendemain, de bons sentiments affichés ou, enfin, une politique sérieuse dans la durée ? En cette journée internationale des infirmières, beaucoup vont dire tout le bien qu'ils pensent, à juste titre, des infirmières et des infirmiers qui exercent à l'hôpital, dans les établissements médico-sociaux, en ville, au domicile des patients. Ils seront mis à l'honneur. Comme ils l'ont été lors du Covid. Avant d'être oubliés. Ils assurent pourtant la continuité des soins, suivent les patients chroniques, accompagnent les personnes âgées et isolées. Souvent, ils sont le dernier lien entre le système de santé et des patients coupés de tout, notamment dans les déserts médicaux qui couvrent 87% du territoire. La loi infirmière a ouvert des perspectives. Encore faut-il qu'elle s'applique. L'accès direct, porté notamment par Alexandra Martin, devait être une avancée pour les patients comme pour les soignants. Il a été vidé de sa substance par des logiques conventionnelles et administratives qui maintiennent les professionnels dans des cadres dépassés. Avec Nouvelle Énergie, nous défendons une ligne claire : faire confiance aux soignants. Cela suppose d'élargir les compétences des paramédicaux, de reconnaître la prescription et le suivi autonome, d'organiser un accès direct lorsque la compétence le justifie, et de construire une offre graduée de soins de premier recours. Cela suppose aussi de revaloriser les rémunérations en fonction de l'expérience, des responsabilités et du rôle effectif auprès des patients. Ces orientations figurent dans notre projet santé. La reconnaissance de la profession infirmière passe par les compétences, les responsabilités, l'organisation des soins et la rémunération. Cette journée est dédiée aux infirmiers, en grande majorité des infirmières. N'oublions pas qu'elles dédient toute l'année à leurs patients.