Et la « personnalité politique » de l’année 2026 était Léon XIV ? Un pape est toujours un chef spirituel et politique. Or, en deux semaines, Léon XIV a accompli deux gestes d’une portée considérable. Le 25 mai 2026, il publie sa première encyclique, Magnifica humanitas, consacrée à la protection de la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle, signée symboliquement le 15 mai, jour du 135e anniversaire de Rerum novarum. Puis, le 8 juin (hier), il prononce devant les Cortes espagnoles le premier discours d’un souverain pontife dans l’hémicycle du Congrès des députés, une première pour lui qui n’avait jusqu’alors jamais pris la parole dans une enceinte politique. Ces deux actes ne sont pas seulement symboliques. Ils constituent une stratégie pontificale délibérée : réinscrire l’Église comme voix morale incontournable dans les deux grandes crises de civilisation du moment : la révolution technologique et la désintégration de l’ordre international. L’Église revient ainsi au centre du jeu non pas parce qu’elle possède le pouvoir, mais parce qu’elle pose les questions que le pouvoir politique et économique peine à poser. Fidèle à ses principes immuables (la dignité de la personne, la primauté de la conscience, le bien commun), l’Église applique à la révolution numérique la même démarche que Léon XIII face à la révolution industrielle. Elle ne condamne pas la technique ; elle rappelle qu’elle doit rester au service de l’homme. Face à la polarisation politique, à la puissance des algorithmes et à la crise du sens, elle réintroduit dans le débat public une question essentielle : tout ce qui est techniquement possible est-il humainement souhaitable ? C’est ainsi qu’elle conjugue l’éternité de son message avec les défis du XXIᵉ siècle. La question est désormais clairement exprimée. D’autres bien sûr l’ont posée, je pense notamment à des philosophes, des scientifiques, des grands patrons de la tech. Les politiques doivent s’en emparer. Nous nous attachons à Nouvelle Énergie à penser notre époque et proposer des solutions (certaines sont esquissées dans « Ainsi va la France ») qui conjuguent la réalité de cette étourdissante révolution techno-anthropologique et l’organisation d’un nouveau système social et d’organisation de l’Etat.