Louis. Elias. Thomas. Lorenzo. Matis. Combien d’autres prénoms devront s’ajouter à cette liste (non exhaustive) avant que le système sécuritaire soit revu de fond en comble ? Louis avait 17 ans. Il est mort, tué par ceux contre qui il avait porté plainte une semaine plus tôt. Encerclé, mis à terre, frappé à coups de pied à la tête. L'indescriptible horreur de la scène ne peut que hanter. Elle dit tout de ces criminels qui non seulement ont filmé mais aussi mis en ligne des vidéos dans laquelle on les voit rire de leur minable barbarie et s'en vanter. Persuadé de n'avoir jamais à répondre de rien, l'un d'eux aurait même déjà diffusé une vidéo où il frappait un autre garçon à coups de marteau. Cette violence s'exhibe, se revendique, et reste sans réponse. L'irresponsabilité prospère sur l'impunité. Et inversement. Le respect de la vie humaine s'effondre. Louis et ses assassins (puisqu'il y a bien eu préméditation, selon les premiers éléments connus de l'enquête) étaient tous placés par l'Aide sociale à l'enfance. 11 milliards d'euros par an, des placements en hausse de 51 % depuis 1998, 7 foyers sur 10 en sous-effectif : voilà la réalité de ces dispositifs. Nous allons devoir changer ces structures qui accueillent des jeunes sans distinguer ceux qui menacent de ceux qui sont menacés, sans vraie surveillance. Elles exigent un encadrement continu, une séparation des profils, et une responsabilité nominale de ceux qui décident. Il faudra sanctionner sans faiblesse, à tout âge. Un crime d'adulte appelle une réponse d'adulte. Le droit pénal des mineurs doit être pensé pour une jeunesse qui n'est plus celle de 1945, une jeunesse désensibilisée, décivilisée, qui s’exprime par une violence inouïe, qui n' a plus de respect pour la vie, de peur de la mort, de crainte de la Justice. Ce droit pénal des mineurs doit être réécrit pour la jeunesse d'aujourd'hui et celle de demain comme nous le proposons depuis des années avec @MartinAlex06 : la gravité des faits doit primer sur l'âge, l'excuse de minorité doit être levée pour les crimes de sang, la sanction doit être réelle et immédiate. Les parents des mineurs délinquants devront eux aussi répondre, juridiquement et financièrement, des actes commis sous leur responsabilité. Oui, n'en déplaise à tous les grands penseurs élevés dans l'idéologie soixante-huitarde, la sanction, sévère quand il le faut, fait partie de l'éducation. C'est l'abandon de ce principe élémentaire qui produit une société où l'on n'apprend plus que tout acte engage celui qui le commet. Nous n’accepterons plus aucun discours émotionnel de circonstance avec des trémolos dans la voix de la part de ceux qui chercheront toujours à expliquer, atténuer, excuser en fait les barbares. Pour les mineurs les plus dangereux, nous créerons des établissements fermés à régime disciplinaire et éducatif strict : isolement complet, encadrement permanent, privation de téléphone. Leur double objet est clair : remettre ces voyous sur un chemin plus droit, et protéger la société en empêchant de nouvelles victimes. Il faudra aussi prévenir par la détection dès le plus jeune âge, et accompagner les enseignants confrontés à des profils qui appellent une attention particulière. La violence et la détresse laissent des signaux. L'école est le premier lieu où on les repère. Il faut y répondre par un suivi éducatif, psychologique et disciplinaire de chaque jeune en danger ou dangereux. Pour cela, il faudra y consacrer les moyens humains et financiers nécessaires. Des encadrants formés et présents, des effectifs suffisants, une autorité incarnée dans chaque classe, dans chaque foyer. Parce que l'Etat, c'est sa mission première, est là pour protéger, d'abord les plus vulnérables, d'abord nos enfants qui ne doivent plus risquer de faire lyncher à mort comme Louis. Comme d'autres avant lui. Ce n’est pas une question de gauche, de droite. C'est un enjeu de société : il exige des moyens et un État qui rende des comptes sur leur emploi.