En 2017, la France s’est engagée dans un processus de restitution d’objets et d’œuvres à Madagascar. C’est une reconnaissance. Rien ne peut justifier que les jeunesses africaines ne puissent accéder à leur histoire et leur culture qu’à travers les musées des anciennes puissances coloniales. Pour retisser les fils de notre histoire commune, ces œuvres, ces objets, doivent revenir là où ils ont été imaginés, conçus et créés. En 2020, décision fut prise de restituer le dais de la Reine. Cette restitution doit beaucoup à l’engagement des chercheurs, scientifiques et passeurs de mémoire. En décembre 2023, une nouvelle étape a été franchie : l’adoption d’une loi-cadre sur la restitution des restes humains. Un acte fondateur. Depuis le 3 octobre 2024, la commission bilatérale franco-malgache travaille. Un décret vient d’être pris pour permettre la restitution des crânes sakalava, dont celui présumé du roi Toera. Ainsi se mesure le poids de l’Histoire, sa rigueur, sa grandeur, dans le but de panser les blessures du passé, et reconnaître la juste place des vies arrachées. Ce travail de reconnaissance est aussi travail de nécessaire réparation, autant qu’il est possible. L’ensemble de ces objets, œuvres, et restes humains, constitue la mémoire vivante d’un peuple. Ils ont leur place ici à Madagascar. Nulle part ailleurs. C’est aussi l’affirmation d’une volonté : seul un dialogue exigeant entre scientifiques, conservateurs, institutions, permet de comprendre notre passé et en tirer les leçons. Reconnaître, c’est transmettre. En retissant le fil de notre histoire, nous dessinons un horizon commun. Poursuivons ensemble ce chemin.