Le 16 octobre 2020, Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie, était assassiné, victime du mensonge, de la rumeur et de la barbarie islamiste. Six ans après ce drame qui nous a tous horrifiés, nous pensons à ses proches, à ses collègues et à ses anciens élèves. « Mon frère aimait la complexité, voulait l’enseigner à ses élèves à travers l’exercice de leur esprit critique ». Ces mots, prononcés par Gaëlle Paty le 3 février dernier lors du procès en appel des complices de l’attentat ayant coûté la vie à son frère, me semblent parfaitement résumer le combat que nous devons mener. Combat contre les mensonges, les amalgames, la haine et l’ignorance. Ni la peur, ni l’autocensure n’ont leur place dans l’école de la République. C’est pourquoi, en ce jour de souvenir, je veux aussi saluer l’engagement de nos professeurs qui, dans un contexte parfois tendu, continuent d’enseigner à leurs élèves, de toutes origines et conditions, les principes qui fondent notre République : la liberté de la presse, l’esprit critique, le respect de la contradiction, la liberté de conscience et la laïcité. Honorer la mémoire de Samuel Paty, c’est continuer à défendre une école de la République où l’on enseigne librement, où l’on débat sans crainte, et où le savoir fait reculer l’obscurantisme. C’est aussi reconnaître sa place au Panthéon. Non pas parce qu’il a été victime, comme trop de nos concitoyens, du terrorisme islamiste. Mais parce qu’il incarnait ce que la République a de plus exigeant : transmettre, malgré la peur, les principes qui nous tiennent debout.