[𝟮/𝟮] 🇭🇺 𝗟𝗔 𝗗𝗘́𝗙𝗔𝗜𝗧𝗘 𝗖𝗜𝗡𝗚𝗟𝗔𝗡𝗧𝗘 𝗗'𝗢𝗥𝗕𝗔𝗡 Cependant, l’invasion russe de l’Ukraine, survenue 3 semaines avant la présentation du programme de Le Pen (24/2/2022), bloqua son projet d'alliance du fait des divergences irréductibles entre les partis concernés. L'attitude favorable à Moscou du Fidesz et du RN se heurta de front à l'hostilité viscérale des autres, notamment du PiS🇵🇱, à l'encontre de Poutine. Le 3 avril 2022,Orbán remporta les législatives pour la 4e fois consécutive (54,1% des voix et 67,8% des sièges). 3 semaines plus tard,le 24 avril 2022, Le Pen fut en revanche lourdement battue au 2d tour par Macron (41,4% des voix contre 58,6%). Entre-temps, la Commission avait décidé de "geler" les fonds🇪🇺 destinés à la Hongrie. Officiellement en raison d’accusations de corruption et de conflits d’intérêts. Officieusement pour punir Orbán de ses décisions s'opposant à l'UE dans plusieurs domaines juridiques et sociétaux et sur le conflit 🇷🇺🇺🇦. Les 4 ans écoulés depuis lors ont été placés sous cette épée de Damocles des gels financiers colossaux de la Commission🇪🇺. Et, loin du héros anti-🇪🇺 que certains voulaient voir en lui, Orbán s'est révélé sous un jour très cynique. Après des mois de chantage implicite, il a ainsi fini par accepter coup sur coup en février 2024 de lever ses vetos à une nouvelle aide énorme à🇺🇦, puis à l'entrée de la Finlande dans l'OTAN. Comme par hasard,la Commission débloqua alors 10 milliards € sur les 20 des fonds🇪🇺 dus à la Hongrie qu'elle avait "gelés". === CONCLUSION === La défaite d'Orbán ce 12 avril 2026 (38,43% des voix et 27,6% des sièges) constitue l'épilogue de ses 16 ans au pouvoir, dont les 4 dernières années auront été marquées par l'ambiguïté d'un opposant, en apparence résolu à l'ordre euro-atlantiste, mais en réalité prêt à tout céder moyennant finance. Il en résulte un constat : la stratégie "alter-européiste" de Le Pen, Bardella, Zemmour, Maréchal, débouche sur une triple impasse. 1️⃣ Il est absurde de prétendre «changer d'Europe» grâce à une alliance avec quelques autres pays d'Europe, sur la base d'une entente conjoncturelle entre gouvernements. Non seulement la guerre en Ukraine, à partir de 2022, a empêché l'alliance de Le Pen de voir le jour, du fait des dissensions avec la Pologne. Mais que vienne l'alternance, comme en 2026 en Hongrie dont le nouveau dirigeant,hostile au RN,est réputé pro🇪🇺, et l'alliance s'effondre aussitôt. 2️⃣ Il est encore plus absurde de vouloir changer drastiquement l’UE en une «Europe des nations», en s'alliant pour cela avec des pays comme ceux du groupe de Visegrád (🇭🇺🇵🇱🇨🇿🇸🇰) qui sont tous des bénéficiaires nets des fonds🇪🇺 ! Ces pays encaissent des milliards € chaque année,versés par la Commission🇪🇺 par ponction sur les contribuables🇩🇪, 🇫🇷 et 🇳🇱. Leur intérêt financier est donc structurellement l'opposé du nôtre. Dès lors,il ne faut pas s'étonner que les dirigeants de ces pays finissent toujours par obéir à Bruxelles, moyennant réception de nos milliards ! 3️⃣ Il est enfin complètement contre-productif de mélanger tous les sujets, comme l'ont fait Le Pen, Zemmour, Maréchal avec Orbán. Car ▪️récupérer notre souveraineté nationale est une chose ▪️vouloir une politique économique libérale en est une autre ▪️empêcher l'immigration illégale en est une 3e ▪️lutter contre le lobby LGBT en est une 4e ▪️dénoncer l'islam en est une 5e ▪️etc. Il est possible de rallier en France une majorité pour le 1er objectif : récupérer notre souveraineté. Mais à la condition expresse de rassembler au-dessus du clivage droite gauche, comme l'a montré le référendum du 29 mai 2005. Tous les autres objectifs, qui sont des marqueurs d'extrême-droite, interdisent un tel rassemblement. Et ils deviennent alors eux-mêmes inaccessibles puisque c'est l'UE qui en décide. La débâcle électorale d'Orbán confirme l'erreur stratégique de l'extrême-droite française et conforte totalement la justesse stratégique et tactique de l'UPR. FA 13/4/2026 =