Cet après-midi a lieu le vote de censure à l'Assemblée. D'aucuns y voient un vote qui départage les purs et les traîtres. D'autres, les idéalistes et les pragmatiques. Ou encore les illusions et les concessions. Pour ma part, je m'en tiendrai à une seule question : est-ce que le discours délivré par François Bayrou répond aux urgences pour la France ? Non. Non, c'est le grand vide, qui ne sortira pas le pays de ses ornières. Vide sur la fiscalité, alors que oui, face à la dette, il nous faut des recettes : aller chercher l'argent chez les hyper-fortunes, sur les méga-dividendes. Vide sur l'industrie, alors que chaque jour une usine est sur la sellette. Vide sur le numérique, alors que notre souveraineté est frontalement attaquée. Vide sur l'énergie, alors qu'à tout moment, les yo-yo du marché peuvent se réenclencher. Vide sur l'écologie. Vide sur la jeunesse. Vide sur la démocratie. Vide sur les retraites, évidemment. Vide sur le rapport entre actifs et rentiers. Vide d'un projet de société. Alors oui, le pays réclame de la stabilité, on l’entend dans nos permanences, sur les marchés, à la sortie des usines. Mais surtout un cap renouvelé, qui rompt avec les 40 dernières années. Cap que ce gouvernement poussif ne saurait offrir, maintenir. Cet après-midi, on censure du vide.