Monsieur le Président, Ce n'est pas de la vigilance, c'est une trahison que vous préparez. Par deux fois, notre Assemblée a dit "non" à cet accord avec le Mercosur, et de même, deux fois au Sénat. Tous les syndicats agricoles disent "non". Toutes les associations environnementales disent "non". 76% des Français disent "non". Et au nom de la France, vous vous apprêtez à dire oui, à laisser-passer avec lâcheté. Qu'avez-vous obtenu, pourtant ? Rien. Aucune "clause-miroir" dans l'accord. Au contraire : y est ajouté un mécanisme dit "de rééquilibrage", bien mal nommé, qui ajoute en vérité un déséquilibre supplémentaire : que l'Europe relève ses normes, et les Etats du Mercosur pourront se prévaloir d'un préjudice ! L'agriculture française est victime de ce traité, oui. L'environnement, la santé aussi. Mais le pire, c'est pour la démocratie, pour les Français qui sont trompés par leurs dirigeants, pour notre peuple qui subit une mondialisation qu'il n'a jamais approuvée, jamais votée. Voilà de quoi nous débattrons ce mercredi, en Commission des affaires européennes, avec ma résolution pour que la France se pourvoie devant la Cour de Justice. Parce que vous pouvez encore dire "non". Vous pouvez encore, avec franchise, avec clarté, faire résonner la voix des Français.