Je me suis rendu au commissariat d'Amiens, hier soir, pour rendre visite à des lycéens gardés à vue. Le motif de leur détention, semble-t-il ? Ils se sont assis, pacifiquement, sur un passage pour piétons, entravant la circulation. Ces jeunes étaient très secoués, apeurés, inquiets. Plus détendu, Amjad est une figure du mouvement, et je l'ai dit à l'officier : ce porte-parole invite régulièrement ses camarades à la non-violence. Plutôt que de l'arrêter, il devrait être un interlocuteur local de l'Etat. 24h plus tard, ces manifestants ne sont toujours pas sortis. Ces pratiques, évidemment, ne peuvent qu'envenimer les choses, non les régler, les apaiser. C'est la marque d'un pouvoir qui choisit une réponse policière, plutôt qu'une réponse politique. Et maltraite notre jeunesse.