Les data centers prennent notre eau. Les Américains prennent les profits. En 2025, la France a attiré 69 milliards de dollars d’investissements étrangers dans les data centers. Notre électricité décarbonée, notre réseau robuste et notre position de carrefour des câbles sous-marins ont fait de nous l’eldorado du secteur. Mais en matière de progrès technologique, ce sont toujours les mêmes questions qui se posent : qui y gagne ? qui y perd ? Derrière le « nuage », il y a du béton, des serveurs et des pylônes : ces infrastructures consomment notre électricité, notre eau et nos terres, et l’essentiel de la valeur qu’elles créent repart aux États-Unis, là où sont conçus et vendus les services qui tournent sur ces machines. Il n’y en a que pour le gigantisme, les data centers géants, les milliards et les hectares. L’État leur déroule le tapis rouge sans rien demander en échange : statut d’exception, raccordements accélérés, tarifs de faveur, communes mises devant le fait accompli, abaissement de leur accise sur l’électricité. Il est nécessaire pour la France d’avoir ses propres capacités de calcul pour ses chercheurs, son administration et ses entreprises. Mais elle n’a pas à payer le prix écologique et démocratique pour les dividendes des actionnaires étrangers des hyperscalers d’intelligence artificielle qui font la une des journaux. Nos ressources sont précieuses, elles doivent d’abord aller à nos besoins. Et pour cela, comme pour toute ressource disponible en quantité limitée, il faut faire des arbitrages. Ces derniers ne peuvent être faits sans un processus de concertation citoyenne. Car les choix technologiques sont des choix politiques. Laissés entre les mains du capital, comme c’est le cas aujourd’hui, ils servent d’abord les profits et les dividendes des actionnaires. Ce n’est pas l’affaire des patrons, c’est l’affaire de tous. Notre plan d'action sur les data centers : https://t.co/DqyHbvRWXF