Une fois de plus, la France est submergée par les crues. Ces derniers jours, et ces dernières heures encore, c’est tout l’Ouest de notre pays qui est en état d’alerte. Ce sont des centaines de milliers de Français qui ont vu les eaux monter et emporter sur leur passage leurs maisons, leurs commerces, mais aussi leurs photos, leurs souvenirs. Ce sont des centaines de milliers de Français qui vivent dans l’angoisse de nouvelles crues, impuissants face au déchaînement des éléments. Ce sont des victimes, aussi, des disparus, des blessés, à qui je pense. À qui je veux dire toute ma solidarité et mes pensées. La douleur de tout perdre dans les crues, je la connais. En janvier 2024, j’étais Premier ministre depuis quinze minutes à peine quand j’ai tenu à me rendre aux côtés des habitants du Pas-de-Calais, victimes pour la deuxième fois d’inondations. Je ne pourrai jamais oublier les larmes, la fatigue, la douleur. Jamais oublier les doutes, l’attente, l’angoisse. Car pour Jean-Michel, Lydie, Allan, Pascal, Christine au PMU de Clairmarais, le drame, ce n’était pas seulement d’avoir perdu leur logement sous les eaux et la boue, c’était de voir le fruit d’une vie détruit, des souvenirs souillés, des albums photo emportés. C’était l’incertitude sur les assurances, bien sûr, mais surtout le doute sur quand la vie pourrait reprendre, si la vie pouvait reprendre. C’était la peur, comme une épée de Damoclès, que les crues recommencent encore et encore, et que la vie devienne impossible. Le dérèglement climatique n’est pas un concept ni une crainte éloignée. C’est une réalité concrète, vécue, subie par des femmes et des hommes. Ce sont des vies brisées, parfois perdues. Ce sont des drames de plus en plus fréquents et des conséquences de plus en plus dévastatrices. Ceux qui continuent à le minimiser voire le nier portent une responsabilité immense. Il n’y a qu’une solution : l’action. Nous devons accélérer notre transition écologique, nous adapter aux changements inévitables. Nous devons identifier, territoire par territoire, les risques et mettre au point des plans adaptés pour anticiper les catastrophes, protéger les populations. C’est ce que nous avions lancé à Matignon et que l’instabilité ne peut pas, ne doit pas empêcher aujourd’hui. Merci à nos sapeurs-pompiers, à nos forces de l'ordre et à tous les services de secours mobilisés. Votre courage fait la fierté du pays. Restons prudents et solidaires. Restons mobilisés.