Ce soir, je pense à elles, je pense à eux. À celles qui ont porté plainte et qu’on a renvoyées chez elles. À celles qui n’ont jamais osé. À ces enfants qui ont grandi avec un secret trop lourd, parce que personne ne leur a donné la parole. Cet après-midi, j’ai voté la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles. Mon groupe @DeputesEnsemble aussi, d’une seule voix. Parce que ce que nous leur devons, c’est qu’une femme qui pousse la porte d’un commissariat trouve enfin quelqu’un de formé pour l’écouter. Qu’une plainte ne finisse plus dans un tiroir sans qu’on ait vraiment ouvert le dossier. Que chaque enfant puisse être reçu, à l’École, pour dire ce qu’il vit. Et qu’aucune victime n’ait à justifier sa vie passée pour être crue. Ce n’est pas anecdotique. C’est la réalité de centaines de milliers de Français. C’est la différence entre être cru et rester seul. Cette loi, nous l’avons travaillée, et nous la devons aux femmes et aux enfants, aux associations et aux militantes. À ces femmes qui se battent depuis des années, souvent bénévolement, trop souvent dans l’indifférence. Elles ont tenu bon. Cette victoire est d’abord la leur. Tout n’est pas gagné. Il faudra des moyens, beaucoup. Il faudra une adoption au Sénat. Il faudra rester vigilants, longtemps. Aujourd’hui, chacun a dit où il se trouvait. La France insoumise s’est abstenue. Les victimes s’en souviendront. Aujourd’hui n’était pas un jour comme les autres. Pour beaucoup, j’espère que ce sera le jour d’après. Celui où l’on commence à se reconstruire, en sachant que le pays a enfin décidé de vous croire. On ne lâchera pas. On ne vous lâchera pas. Victime ou témoin : 3919 pour les femmes, 119 pour les enfants. Gratuit, jour et nuit.