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Gérald DARMANIN

2025-11-19 11:01 original

J’ai effectué un déplacement de 2 jours aux Emirats Arabes Unis, consacré à la lutte contre le narcotrafic. Avec les Emirats Arabes Unis, la France fait de la lutte contre le narcotrafic une priorité. Face à la politique déterminée que nous menons depuis plusieurs années, de nombreuses têtes de réseaux se sont exilées à l'étranger pour y couler des jours heureux et jouir tranquillement de l’argent de la drogue. C’était le cas à Dubai. C'est pour mettre fin à cette situation inacceptable quoi nous oeuvrons avec nos amis émiriens. Alors qu’aucune extradition de narcocrimel n’avait eu lieu depuis 2020, dès mon arrivée au ministère de la Justice, je me suis rendu une première fois à Abu Dhabi pour renforcer notre coopération judiciaire. Notre engagement réciproque a porté ses fruits : depuis le début de l’année, 14 grands narcotrafiquants ont été interpellés puis extradés vers la France pour y être incarcérés (notamment dans les prisons de haute sécurité que nous avons créées) et jugés. Aujourd’hui et hier, aux côtés du prince héritier, du vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, du ministre de la Justice et du chef de l’Agence anti-blanchiment des Emirats, nous sommes convenus d’aller plus loin : Tout d’abord, en poursuivant et en accélérant les extraditions. À ce titre, j’ai transmis à mes homologues une liste de narcotrafiquants très dangereux dont nous souhaitons l’interpellation et l’extradition, pour qu’ils répondent de leurs actes devant la Justice française et payent leur dette aux victimes et aux Français. Il en reste une quinzaine particulièrement signalés à extrader. Ensuite, en les tapant au portefeuille au niveau international. Il est incompréhensible que des narcotrafiquants qui se sont constitués un patrimoine par la drogue puissent en bénéficier encore aujourd’hui. Leurs biens, très luxueux, doivent être saisis et vendus, avant même leur condamnation, comme la loi le permet. C’est pourquoi j’ai transmis une liste de plusieurs dizaines de millions d’euros de patrimoine aux autorités émiriennes pour qu'elles puissent geler les avoirs criminels colossaux des narcotrafiquants à Dubai, en particulier des appartements et des villas de luxe achetés en cash ou en cryptomonnaies. Pour la première fois, les Emirats ont accepté de saisir une quarantaine d’appartements. C’est une grande victoire. En tant que ministre de l’Intérieur, la lutte contre le narcotrafic et la criminalité organisée était déjà ma priorité. Cette action s’est poursuivie au ministère de la Justice, dans un cadre national : renforcement des capacités et moyens des forces de l’ordre pour lutter contre le narcotrafic, opérations « Place nette », amende forfaitaire délictuelle (AFD) pour les consommateurs de drogues, loi narcotrafic, création des prisons de haute sécurité, instauration du Parquet national anti criminalité organisée (PNACO). Mais aussi à l'international, par des coopérations étroites avec des pays où se réfugient les narcotrafiquants. Et où ils profitent de façon choquante du fruit de leurs trafics. C’était l’objet de ma visite de deux jours aux Emirats Arabes Unis, la quatrième depuis Beauvau. Car il s'agit là d'un combat qui nécessite de ne rien lâcher. La sécurité en France se joue aussi aux Emirats. Merci à nos amis émiriens pour ce travail mené ensemble, avec détermination, qui va se prolonger. On ne lâchera pas.