La décision d’accorder une permission de sortir relève de l’autorité judiciaire, qui statue de façon indépendante. En tant que garde des Sceaux, je ne commente jamais une décision individuelle d’un juge, malgré l’opposition du procureur de la République et du chef d’établissement de la prison, qui s’impose à tous dans un État de droit. L’épisode concernant le détenu de la prison de haute sécurité de Vendin-le-Vieil met en lumière un enjeu plus large : notre cadre législatif d’application des peines doit être pleinement revu face aux réalités de la grande criminalité organisée. Ces profils particulièrement structurés et dangereux exigent des outils juridiques différents et une vigilance toute particulière. C’est pourquoi, dans le prolongement de la loi narcotrafic, des prisons de haute sécurité et de la création du Parquet national anti criminalité organisée (PNACO), je souhaite moderniser et consolider les règles encadrant l’exécution des peines pour les criminels les plus dangereux, dans le strict respect des principes fondamentaux du droit. Nous avons su le faire pour le terrorisme, nous le ferons contre la criminalité organisée : un droit spécifique et un juge d’application spécialisé qui connaît parfaitement les profils dangereux. Ce sera le cas dans le prochain texte de loi que je présenterai en début d’année prochaine. La sécurité des Français et la protection de l’ordre public resteront au cœur de mon action et de celle du ministère de la Justice.