Je suis en Guadeloupe pour présenter mes respects et mes remerciements aux guadeloupéens et aux agents du service public de la Justice. La Justice est un pilier de l’État républicain, un service public protecteur, un acteur de l’apaisement social, et un levier de confiance. Mon déplacement s’articule autour de quatre sujets majeurs, tournés vers la sécurité, l’efficacité des institutions et l’écoute des citoyens. 1) Renforcer les moyens de la justice et lutter contre la criminalité organisée La Guadeloupe fait face à une pression croissante liée à la criminalité organisée. La République doit y répondre avec force et avec des moyens renforcés. Je prévois ainsi des moyens humains et matériels supplémentaires pour les juridictions avec la création de trois postes de magistrats dès septembre 2026. Ces nouveaux moyens vont s'articuler avec les nouveaux outils de la loi de lutte contre le narcotrafic de juin dernier, dont le nouveau parquet spécialisé. Je définirai une nouvelle méthode de travail dans une nouvelle circulaire de politique pénale, centrée sur la lutte contre la criminalité organisée. Cela fait plus de dix ans qu'un ministre de la justice n'a pas donné aux juges en Guadeloupe sa vision de la politique de lutte contre la criminalité. Cette circulaire traitera aussi du fléau des violences intrafamiliales. La création du tribunal judiciaire de Saint-Martin, que j'ai annoncée hier, est aussi un engagement concret qui permettra de désengorger les juridictions de Guadeloupe et de rendre une justice plus rapide, plus efficace et plus proche des citoyens. 2) Améliorer les conditions de détention et de travail du personnel pénitentiaire et des détenus La dignité de la détention et les conditions de travail des agents sont une priorité. La livraison d’une nouvelle maison d’arrêt à Basse-Terre et le lancement de la seconde tranche de l’établissement offrent des conditions de détention conformes aux standards républicains. La création d'une maison d'arrêt d'une soixantaine de places à Saint-Martin vise aussi à alléger la pression dans la maison d'arrêt de Basse-Terre. En tout, 350 nouvelles places arrivent et arriveront dans les prochains temps. 3) Le foncier : apaiser les tensions, réguler, dialoguer Le foncier, l’occupation des sols, la gestion des droits attachés à la terre : ce sont aujourd’hui des sujets centraux des tensions sociales en Guadeloupe. La justice doit y jouer pleinement son rôle de régulateur social, non pas seulement en tranchant, mais aussi en facilitant les médiations et en accompagnant les familles. Je prendrai dans les prochaines semaines une circulaire dédiée au foncier, pour mieux orienter l’action des juridictions. Une première pour la Guadeloupe et tous les Outre-mer. Ce travail sera engagé en lien avec les professions du droit pour renforcer la spécialisation et fluidifier les procédures. Une justice foncière plus lisible, plus spécialisée, plus réactive, c’est un élément d’apaisement essentiel et permettra le développement économique. 4) Une justice plus proche, plus ouverte, plus attentive à la société guadeloupéenne La justice ne peut être efficace que si elle est comprise, accessible et à l’écoute. C’est pourquoi demain je lancerai un Comité des usagers de la justice, espace inédit en Outre-mer de dialogue entre citoyens et magistrats, pour évaluer le fonctionnement des juridictions et proposer des améliorations concrètes Une classe Prépa-Talents pour rentrer à l’Ecole Nationale de la Magistrature pour les jeunes guadeloupéens en partenariat avec l’Université des Antilles, verra le jour dès la prochaine rentrée en Guadeloupe. Elle préparera la jeunesse guadeloupéenne, martiniquaise et guyanaise aux carrières exigeantes de la magistrature. Former sur place les futurs magistrats, offrir aux jeunes d’Outre-mer une voie d’excellence et des opportunités nouvelles : c’est investir dans la justice de demain. (1/2)