En censurant la réintroduction des néonicotinoïdes comme l'acétamipride, le Conseil constitutionnel garantit la protection constitutionnelle de la Charte de l'environnement. Et confirme en cela que le mal-nommé "bloc central" n'a rien compris aux questions environnementales, malgré les alertes des scientifiques et des médecins. Je pense ce soir à toutes les victimes de cancers qui ont milité contre ce projet de loi poison, et aux plus de 2 millions de personnes qui ont signé la pétition sur le site de l'Assemblée. Juste un immense MERCI. Pour autant, la censure d'un article ne doit pas être l'arbre qui cache la forêt. Car malgré les deux réserves d’interprétation sur l'implantation des méga-bassines, dont je me réjouis aussi, les autres dispositions de la loi comme la validation du dangereux principe "pas d'interdiction sans solution" restent problématiques (les victimes antillaises du chlordécone pourront vous en parler), d'autant que les moyens accordés à la recherche d'alternatives sont ridicules par rapport aux budgets des lobbies agrochimiques. Et puisqu'Emmanuel Macron a décidé de promulguer cette loi malgré la mobilisation citoyenne, nous ferons tout pour l'abroger. Nous continuons de penser qu'en l'absence d'un vrai débat à l'Assemblée nationale, elle est illégitime, et que la procédure utilisée pour la faire adopter est une atteinte grave à notre démocratie parlementaire. Enfin, cette victoire pour l'écologie n'est pas une défaite pour les agriculteurs français, au contraire. La loi Duplomb ne faisait rien pour régler leur principal problème, à savoir des revenus insuffisants. Nous continuerons de nous battre pour leur garantir ce droit élémentaire à un revenu digne. D'ailleurs, parce que chez Les Écologistes, nous avons de la cohérence, nous continuerons aussi de défendre l'interdiction de l'importation des produits agricoles traités avec des pesticides proscrits en France. C'est la logique même, et la preuve que l'écologie et les écologistes ne sont pas les ennemis de l'agriculture française. En tant que petite-fille de betteravier, je veux leur redire ce soir que sommes leurs meilleurs alliés et que nous sommes à leur entière disposition pour continuer à trouver des solutions.