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Marine Tondelier

2026-10-05 14:55 quote

Que se passe-t-il dans ce pays ? Un jeune de 15 ans a eu l’avant-bras arraché jusqu’au coude ce matin à Lens, devant son lycée, par une grenade de désencerclement. Je suspends mon congé maternité pour être présente demain matin auprès des lycéens du Pas-de-Calais, où je suis élue, et l’après-midi avec les manifestant·es parisien·nes. Selon les élu·es de la ville que j’ai pu contacter, ce jeune n’était pas en première ligne. Et il n’aurait pas ramassé cette grenade qui lui est tombée dessus. On me dit également que des parents d'élèves étaient présent·es dès le début de la manifestation pour s’assurer de son bon déroulement, dont apparemment le père de la victime, qui a dû partir ensuite une vingtaine de minutes avant les faits, pour aller travailler. Tout cela est à confirmer. Ce qui est certain, c’est que les jours de mobilisation se succèdent et que les blessures irréversibles de mineur·es aussi. Il faut réformer nos lycées mais aussi la doctrine de « maintien de l’ordre » qui – c’est loin d’être la première fois que nous le disons – est remise en question par beaucoup d’expert·es indépendant·es, d’associations et institutions publiques françaises, européennes et internationales. Politiques de tous bords, nous ne pouvons accepter que nos enfants soient en danger lorsqu’ils portent dans le calme des revendications légitimes et qui ne sont que l’écho de celles de la société, très largement partagées par les Françaises et les Français. Un maximum de parents et d’élu·es doivent se mobiliser quelles que soient leurs contraintes pour protéger nos enfants, leurs conditions de scolarisation et leur droit d’exprimer leurs revendications et de manifester. Et ce gouvernement doit le comprendre ou démissionner. Le fait que le ministre de l’Intérieur se vante de ne donner aucune consigne de retenue aux policiers est une faute politique grave et la preuve d’un manque d’humanité affligeant. Nous, Écologistes, n’avons aucun problème pour condamner les violences. Systématiquement. D’où qu’elles viennent.