geheim.land Twitter Profile Analyser
← @royalsegolene

Ségolène Royal

2025-05-12 18:38 original

#findevie « Humaniser la fin de vie » oui, «aider activement à mourir», non. Le débat en France sur « l’aide active à mourir», surprend et inquiète ici et en dehors de nos frontières, en raison de dérapages qui peuvent porter atteinte à la liberté de vivre dans la dignité. Tout d’abord le dérapage du titre qui élève la mort en idéal alors qu’au départ il s’agissait «d’humaniser la fin de vie» et certainement pas «d’aider activement à mourir». Le clivage politique ne devrait pas intervenir dans ce texte, qui, s’il était équilibré, devrait être voté à l’unanimité. Car il engage une vision de l’être humain et de la valeur de la vie, et du message que la France donne au monde. La liberté de conscience dont il est question va en fait lourdement peser sur les soignants. Et la culpabilité de vivre « encore» va peser sur les plus démunis, les plus isolés et les plus handicapés. Dans un contexte national, tant de personnes attendent une aide à vivre, qui devrait être un préalable : les habitants des déserts médicaux dont la mortalité est supérieure à la moyenne nationale ; les parents des 2700 enfants morts avant l’âge d’un an, nombre qui a explosé à cause de la pénurie de sage-femmes, la France passant du 1er au 27 ieme rang , nombre sans doute bien plus important que les malades en fin de vie qui demandent expressément à mourir ( ce serait bien de faire remonter des hôpitaux cette information essentielle ) ; les parents d’adolescents suicidaires de plus en plus nombreux depuis le Covid et qui vont entendre avec effroi que l’on parle «d’aide active à mourir »…. Un sondage, publié par l’association militant pour l’euthanasie, fait croire que «70% des gens sont pour l’euthanasie». En fait, il n’en est rien. Les questions de ce sondage, quand on les regarde attentivement, portent sur «une maladie insupportable et incurable », sur «mourir sans souffrance» et sur «demande du malade». Qui serait contre ? Le problème c’est que la conclusion erronée qui en est tirée c’est celle-ci :« les Français massivement pour l’euthanasie». C’est faux et dangereux. Les bonnes questions devraient être les suivantes : Si vous êtes atteint d’une maladie de longue durée douloureuse, préférez - vous : 1. Des soins palliatifs pour soulager la douleur et être bien entouré ? 2. Une sédation profonde déjà autorisée par la loi ? 3. Un produit pour vous suicider ? C’est certain que l’on aurait des réponses bien plus nuancées . Les soignants vivent très mal que l’on puisse laisser affirmer que les malades sont laissés dans un « gouffre de souffrance », pour émouvoir lors du débat et mieux justifier l’euthanasie . Leurs efforts admirables, et la pénurie qui pèse sur eux méritent d’être reconnus. Et comment ne pas prendre en compte les terribles interrogations des victimes de guerre qui attendent des engagements qui ne viennent pas, pour que cessent leurs souffrance, et qui vont entendre que la France débat sur une «aide active à mourir» ? Les sujets paraissent éloignés mais ils ne le sont pas. Car la question de la vie et de la mort est universelle. Commençons donc par reposer le titre « d’humaniser la fin de vie », regardons combien de personnes cela concerne effectivement, répondons aux immenses besoins d’aide à vivre et améliorons légalement ce qui doit l’être, sans idéologie ni dimension partisane