La voix de Catherine Ringer manquera aux Français. Une voix qui n’appartenait à personne, qui ne ressemblait à aucune autre. Libre, insolente, elle savait tenir ensemble ce qui blesse et ce qui fait vivre. Elle avait fait de ses épreuves une force, du deuil un élan, de la fragilité une manière de se tenir debout. Je pense aujourd’hui à Fred Chichin, son compagnon, son complice, l’autre moitié des Rita Mitsouko. Ensemble, ils auront donné à la chanson française une liberté, un ton, une audace qui n’appartenaient qu’à eux. Après sa disparition, elle avait continué seule, sans jamais effacer ce qui avait été partagé. À ses enfants, à ses proches, à tous ceux qu’elle a accompagnés, j’adresse mes pensées les plus émues. Il restera cette voix. Cette façon de traverser les blessures sans leur céder, de choisir toujours la vie. Et reviennent aujourd’hui ces mots de Marcia Baïla : « La mort, c’est comme une chose impossible. » Dominique de Villepin
Dominique de Villepin
Ancien Premier ministre de la République française
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La voix de Catherine Ringer manquera aux Français. Une voix qui n’appartenait à personne, qui ne ressemblait à aucune autre. Libre, insolente, elle savait tenir ensemble ce qui blesse et ce qui fait vivre. Elle avait fait de ses épreuves une force, du deuil un élan, de la fragilité une manière de se tenir debout. Je pense aujourd’hui à Fred Chichin, son compagnon, son complice, l’autre moitié des Rita Mitsouko. Ensemble, ils auront donné à la chanson française une liberté, un ton, une audace qui n’appartenaient qu’à eux. Après sa disparition, elle avait continué seule, sans jamais effacer ce qui avait été partagé. À ses enfants, à ses proches, à tous ceux qu’elle a accompagnés, j’adresse mes pensées les plus émues. Il restera cette voix. Cette façon de traverser les blessures sans leur céder, de choisir toujours la vie. Et reviennent aujourd’hui ces mots de Marcia Baïla : « La mort, c’est comme une chose impossible. » Dominique de Villepin
Je voudrais parler d’un enjeu majeur dont presque aucun candidat ne parle : la culture. Nous vivons une fausse abondance, une abondance de flux et une rareté du sens. Nous brûlons notre attention comme on brûle du pétrole. Et pendant ce temps, personne ne pose la vraie question : qu’est-ce qui nourrit un peuple ? Qu’est-ce qui élève un enfant ? Qu’est-ce qui fait qu’une nation se reconnaît dans un récit commun ? La France a répondu deux fois. En 1959, le Général de Gaulle avec Malraux : la culture pour tous. En 1981, François Mitterrand avec Jack Lang : la culture de tous. Depuis vingt ans, trop souvent, on se satisfait de la simple gestion, des guichets et des organigrammes. Nous n’avons jamais consacré autant de moyens à la culture, et pourtant jamais la vision n’a semblé aussi faible. Pendant que nous gérions, les plateformes ont pris la main sur une part croissante de l’imaginaire de nos enfants, les empires ont fait de la culture une arme, la Corée du Sud a fait de l’exportation culturelle une stratégie de puissance, et les machines se sont entraînées sur des millions d’œuvres sans garantir à leurs auteurs une juste rémunération. Je propose le troisième âge de notre politique culturelle : la culture par tous. Entre le marché total qui vend nos imaginaires et les empires qui les dictent, la France peut porter un troisième chemin : la culture comme bien commun, libre dans sa création, publique dans son accès, exigeante dans sa transmission.
Vingt-cinq ans nous séparent du 11 septembre 2001. Et pourtant, nous sommes toujours le 12 septembre 2001. Depuis lors, en effet, nous sommes enfermés dans l’éternel retour du même. Comme si c’était hier. Comme si cela pouvait être à nouveau demain. Du 11 septembre 2001, nous nous souvenons d’abord de la sidération. En moins de deux heures, de 8h14 à 10h03, c’est toute la vision du monde de l’Occident qui s’est brisée sous nos yeux. À l’heure de l’hommage, c’est d’abord vers la mémoire des 2977 morts de cette tragédie, vers leurs familles, leurs proches, celles et ceux qui vivent encore, 25 ans après, dans la douleur du deuil et de l’injustice, que vont nos pensées. Ce qui, pour nous, est une tragédie ayant bousculé l’ordre de l’existant, demeure pour eux une blessure humaine, une fracture ouverte, une vie amputée d’une part de liberté. Voilà des douleurs que la politique n’apaisera jamais. Vingt-cinq ans, c’est une génération. Ceux qui sont nés dans le vacarme du 11 septembre travaillent, se marient, font des enfants. Vingt-cinq ans, c’est sept présidences américaines, cinq présidences françaises. Vingt-cinq ans, qui ont vu naître les réseaux sociaux, l’intelligence artificielle, les smartphones, les monnaies numériques, le streaming, les véhicules électriques. Vingt-cinq ans, et pourtant, oui, définitivement, nous sommes toujours le 12 septembre 2001. Parce que ce jour-là, trois fléaux qui en sont venus à définir, pour une large part, notre monde effrayant ont fait irruption, brutalement, par cette porte des Enfers ouverte à coups de bélier. Premier fléau, un terrorisme islamiste global qui, comme un virus mortel, s’est attaqué à toutes les puissances, parce qu’il était par nature une contestation, une opposition, une mise à l’épreuve de la puissance d’État. Il ne s’agit pas pour lui de vaincre, c’est impossible, il incarne une violence née de la faiblesse, mais il peut faire douter, pour ne pas être seul vaincu par l’Histoire. Le terroriste, c’est le « perdant radical » comme l’avait défini le poète allemand Hans Magnus Enzensberger. Toutes les puissances ont été mises au défi. Les cinq grands du Conseil de Sécurité des Nations Unies – Chine, Etats Unis, France, Grande Bretagne et Russie- ont toutes été touchées par des attentats islamistes, soit de la mouvance d’Al-Qaïda, soit de l’État islamique. La plupart des démocraties européennes y ont été confrontées, l’Allemagne, l’Espagne, les Pays Bas, le Danemark, la Belgique, la Suède. La France, après 2012, après une décennie où elle avait su s’immuniser et se protéger, a fini par être touchée à son tour, devenue plus vulnérable au virus, et par subir des attaques ignobles, L’école Ozar Hatorah, Charlie Hebdo et l’Hyper-Casher, le Bataclan et les terrasses parisiennes, la Promenade des Anglais de Nice, le marché de Noël de Strasbourg et d’autres encore. Deuxième fléau, la crispation américaine en une puissance impérialiste, identitaire et sécuritaire, cette désespérante victoire d’outre-tombe des terroristes. Un occidentalisme guerrier et vengeur a remplacé un Occident d’hégémonie commerciale et culturelle. L’occidentalisme trumpiste, cette cristallisation de toutes les idéologies du déni et du rejet : xénophobie et islamophobie délirantes, déni climatique revendiqué, masculinisme revanchard, impérialisme agressif, transhumanisme anti-humaniste – aurait été impossible sans cette impulsion initiale de la folie meurtrière. La fixation compréhensible sur le terrorisme a eu sa part dans notre échec patent à faire face au changement climatique, à affronter l’oligarchisation d’un monde toujours plus inégal. Troisième fléau, le martyre de peuples moyen-orientaux victimes simultanément des assassins islamistes, puisque 9 victimes sur 10 d’attentats islamistes vivaient dans des pays à majorité musulmane, et des représailles occidentales, car les guerres successives dans la région, au sens large – Afghanistan, Irak, Libye, Soudan, Yemen, Gaza, Liban, Iran, ont fait plus d’un million de victimes directes et plusieurs millions de victimes indirectes. La succession des hypocrisies, des promesses trahies, des espérances déçues du Printemps Arabes, des « deux poids, deux mesures ». On se retrouve aujourd’hui dans un Moyen-Orient où l’espoir est une denrée rare. Où l’espoir signifie d’abord la cessation de l’horreur : à Gaza, en Cisjordanie, au Yemen, au Liban, en Syrie, en Irak. Où l’espoir, ce n’est désormais rien de plus que le répit. L’aventurisme des combattants de la Guerre froide allié à l’effondrement moral de régimes autoritaires postcoloniaux a nourri un monstre qui s’est ensuite déchaîné sur la planète tout entière et qui a enfanté de nouveaux monstres à son tour. À l’extérieur s’est refermé sur nous tous l’engrenage des interventions extérieures. Face au scandale, une seule réponse, la force, la solution immédiate et purificatrice, susceptible de racheter des dirigeants politiques suspects de faiblesse. Et chaque aveu d’échec donne lieu à un nouveau bain de force, dans l’éternel retour du même. À l’intérieur, s’est refermé le piège de l’inimitié, l’essentialisation des identités politiques en identités ethniques, confessionnelles, culturelles. La logique du soupçon, de l’expulsion, du rejet, de la haine. L’une nourrissant forcément l’autre et vidant le terrain central. L’espace public démocratique est devenu un no man’s land hérissé de barbelés. Un cercle vicieux de déshumanisation s’est enclenché. Il est toujours en cours. Il continue à franchir des étapes dans la société française. Ce jour-là, l’Histoire a déraillé. L’événement a pris le dessus sur la structure. Il n’y a que peu d’exemples d’événements dont l’ampleur doit beaucoup à des hasards circonstanciels qui ont eu un effet démesuré. L’assassinat de César. La Saint Barthélémy. L’Incendie du Reichstag, peut-être. L’histoire-fiction est certes une rêverie sans certitude. Mais essayons un instant d’imaginer ce que serait un monde sans le 11 Septembre ? Presque certainement un monde sans Trump, très probablement un monde sans guerre en Irak. Peut-être un monde avec une paix israélo-palestinienne dans la continuité des Accords d’Oslo. Sans Trump, parce que pour en arriver à cette dérive, il a fallu la crise identitaire du Parti républicain de George Bush et du Tea Party, il a fallu le renoncement volontaire aux libertés publiques et aux contre-pouvoirs. Il a fallu le Patriot Act, Guantanamo, Abu Ghraib. Sans guerre en Irak, car la communauté internationale aurait très certainement eu plus de poids contre l’intervention unilatérale américaine et les contre-pouvoirs américains auraient pu jouer leur rôle contre les mensonges d’État qui furent proférés. Sans lois sécuritaires qui dévoient les libertés publiques et permettent ou préparent la surveillance généralisée des citoyens et leur contrôle technologique. Sans guerre en Ukraine, je le crois profondément. La tentation russe, je crois, aurait existé, mais des Occidentaux moins discrédités par leur deux poids deux mesures continuel, moins prompts à théoriser les interventions militaires, n’auraient pas laissé l’espace diplomatique dont Vladimir Poutine s’est servi pour obtenir l’assentiment tacite d’une partie du Sud Global. Et les Européens, moins captifs de la puissance américaine, auraient acquis davantage d’autonomie stratégique, davantage de marges de manœuvre pour prévenir la pression russe. Résultat, aujourd’hui, ce sont des agents immobiliers américains qui se promènent en terre conquise du Dniepr à la Neva, sans même faire le détour par Paris ou Bruxelles pour formuler une paix dans le dos du droit international. L’histoire fiction a parfois aussi une valeur heuristique, parce qu’elle nous enseigne ce qui aurait pu être et donc, dans certaines circonstances, ce qui peut encore être. Elle nous montre même où sont les poutres porteuses qui tenaient l’édifice collectif et qu’il faut aujourd’hui redresser. L’État de droit. La diplomatie. La raison. L’esprit critique. La politique. La sécurité et la justice. La liberté, l’égalité, la fraternité, l’unité et la laïcité La République, en un mot. Mais la République est ce temple dont la voûte ne tient que si chaque citoyenne, chaque citoyen en est le pilier conscient et volontaire. C’est la chance que nous offre cette élection présidentielle de 2027, ouvrir une nouvelle page collective. Dominique de Villepin ©️ The Tribute in Light 9/11 memorial with the Statue of Liberty. New York City, USA. Photo : Getty Images/Chris Martin.
Vingt-cinq ans nous séparent du 11 septembre 2001. Et pourtant, nous sommes toujours le 12 septembre 2001. Depuis lors, en effet, nous sommes enfermés dans l’éternel retour du même. Comme si c’était hier. Comme si cela pouvait être à nouveau demain. Du 11 septembre 2001, nous nous souvenons d’abord de la sidération. En moins de deux heures, de 8h14 à 10h03, c’est toute la vision du monde de l’Occident qui s’est brisée sous nos yeux. À l’heure de l’hommage, c’est d’abord vers la mémoire des 2977 morts de cette tragédie, vers leurs familles, leurs proches, celles et ceux qui vivent encore, 25 ans après, dans la douleur du deuil et de l’injustice, que vont nos pensées. Ce qui, pour nous, est une tragédie ayant bousculé l’ordre de l’existant, demeure pour eux une blessure humaine, une fracture ouverte, une vie amputée d’une part de liberté. Voilà des douleurs que la politique n’apaisera jamais. Vingt-cinq ans, c’est une génération. Ceux qui sont nés dans le vacarme du 11 septembre travaillent, se marient, font des enfants. Vingt-cinq ans, c’est sept présidences américaines, cinq présidences françaises. Vingt-cinq ans, qui ont vu naître les réseaux sociaux, l’intelligence artificielle, les smartphones, les monnaies numériques, le streaming, les véhicules électriques. Vingt-cinq ans, et pourtant, oui, définitivement, nous sommes toujours le 12 septembre 2001. Parce que ce jour-là, trois fléaux qui en sont venus à définir, pour une large part, notre monde effrayant ont fait irruption, brutalement, par cette porte des Enfers ouverte à coups de bélier. Premier fléau, un terrorisme islamiste global qui, comme un virus mortel, s’est attaqué à toutes les puissances, parce qu’il était par nature une contestation, une opposition, une mise à l’épreuve de la puissance d’État. Il ne s’agit pas pour lui de vaincre, c’est impossible, il incarne une violence née de la faiblesse, mais il peut faire douter, pour ne pas être seul vaincu par l’Histoire. Le terroriste, c’est le « perdant radical » comme l’avait défini le poète allemand Hans Magnus Enzensberger. Toutes les puissances ont été mises au défi. Les cinq grands du Conseil de Sécurité des Nations Unies – Chine, Etats Unis, France, Grande Bretagne et Russie- ont toutes été touchées par des attentats islamistes, soit de la mouvance d’Al-Qaïda, soit de l’État islamique. La plupart des démocraties européennes y ont été confrontées, l’Allemagne, l’Espagne, les Pays Bas, le Danemark, la Belgique, la Suède. La France, après 2012, après une décennie où elle avait su s’immuniser et se protéger, a fini par être touchée à son tour, devenue plus vulnérable au virus, et par subir des attaques ignobles, L’école Ozar Hatorah, Charlie Hebdo et l’Hyper-Casher, le Bataclan et les terrasses parisiennes, la Promenade des Anglais de Nice, le marché de Noël de Strasbourg et d’autres encore. Deuxième fléau, la crispation américaine en une puissance impérialiste, identitaire et sécuritaire, cette désespérante victoire d’outre-tombe des terroristes. Un occidentalisme guerrier et vengeur a remplacé un Occident d’hégémonie commerciale et culturelle. L’occidentalisme trumpiste, cette cristallisation de toutes les idéologies du déni et du rejet : xénophobie et islamophobie délirantes, déni climatique revendiqué, masculinisme revanchard, impérialisme agressif, transhumanisme anti-humaniste – aurait été impossible sans cette impulsion initiale de la folie meurtrière. La fixation compréhensible sur le terrorisme a eu sa part dans notre échec patent à faire face au changement climatique, à affronter l’oligarchisation d’un monde toujours plus inégal. Troisième fléau, le martyre de peuples moyen-orientaux victimes simultanément des assassins islamistes, puisque 9 victimes sur 10 d’attentats islamistes vivaient dans des pays à majorité musulmane, et des représailles occidentales, car les guerres successives dans la région, au sens large – Afghanistan, Irak, Libye, Soudan, Yemen, Gaza, Liban, Iran, ont fait plus d’un million de victimes directes et plusieurs millions de victimes indirectes. La succession des hypocrisies, des promesses trahies, des espérances déçues du Printemps Arabes, des « deux poids, deux mesures ». On se retrouve aujourd’hui dans un Moyen-Orient où l’espoir est une denrée rare. Où l’espoir signifie d’abord la cessation de l’horreur : à Gaza, en Cisjordanie, au Yemen, en Syrie, en Irak. Où l’espoir, ce n’est désormais rien de plus que le répit. L’aventurisme des combattants de la Guerre froide allié à l’effondrement moral de régimes autoritaires postcoloniaux a nourri un monstre qui s’est ensuite déchaîné sur la planète tout entière et qui a enfanté de nouveaux monstres à son tour. À l’extérieur s’est refermé sur nous tous l’engrenage des interventions extérieures. Face au scandale, une seule réponse, la force, la solution immédiate et purificatrice, susceptible de racheter des dirigeants politiques suspects de faiblesse. Et chaque aveu d’échec donne lieu à un nouveau bain de force, dans l’éternel retour du même. À l’intérieur, s’est refermé le piège de l’inimitié, l’essentialisation des identités politiques en identités ethniques, confessionnelles, culturelles. La logique du soupçon, de l’expulsion, du rejet, de la haine. L’une nourrissant forcément l’autre et vidant le terrain central. L’espace public démocratique est devenu un no man’s land hérissé de barbelés. Un cercle vicieux de déshumanisation s’est enclenché. Il est toujours en cours. Il continue à franchir des étapes dans la société française. Ce jour-là, l’Histoire a déraillé. L’événement a pris le dessus sur la structure. Il n’y a que peu d’exemples d’événements dont l’ampleur doit beaucoup à des hasards circonstanciels qui ont eu un effet démesuré. L’assassinat de César. La Saint Barthélémy. L’Incendie du Reichstag, peut-être. L’histoire-fiction est certes une rêverie sans certitude. Mais essayons un instant d’imaginer ce que serait un monde sans le 11 Septembre ? Presque certainement un monde sans Trump, très probablement un monde sans guerre en Irak. Peut-être un monde avec une paix israélo-palestinienne dans la continuité des Accords d’Oslo. Sans Trump, parce que pour en arriver à cette dérive, il a fallu la crise identitaire du Parti républicain de George Bush et du Tea Party, il a fallu le renoncement volontaire aux libertés publiques et aux contre-pouvoirs. Il a fallu le Patriot Act, Guantanamo, Abu Ghraib. Sans guerre en Irak, car la communauté internationale aurait très certainement eu plus de poids contre l’intervention unilatérale américaine et les contre-pouvoirs américains auraient pu jouer leur rôle contre les mensonges d’État qui furent proférés. Sans lois sécuritaires qui dévoient les libertés publiques et permettent ou préparent la surveillance généralisée des citoyens et leur contrôle technologique. Sans guerre en Ukraine, je le crois profondément. La tentation russe, je crois, aurait existé, mais des Occidentaux moins discrédités par leur deux poids deux mesures continuel, moins prompts à théoriser les interventions militaires, n’auraient pas laissé l’espace diplomatique dont Vladimir Poutine s’est servi pour obtenir l’assentiment tacite d’une partie du Sud Global. Et les Européens, moins captifs de la puissance américaine, auraient acquis davantage d’autonomie stratégique, davantage de marges de manœuvre pour prévenir la pression russe. Résultat, aujourd’hui, ce sont des agents immobiliers américains qui se promènent en terre conquise du Dniepr à la Neva, sans même faire le détour par Paris ou Bruxelles pour formuler une paix dans le dos du droit international. L’histoire fiction a parfois aussi une valeur heuristique, parce qu’elle nous enseigne ce qui aurait pu être et donc, dans certaines circonstances, ce qui peut encore être. Elle nous montre même où sont les poutres porteuses qui tenaient l’édifice collectif et qu’il faut aujourd’hui redresser. L’État de droit. La diplomatie. La raison. L’esprit critique. La politique. La sécurité et la justice. La liberté, l’égalité, la fraternité, l’unité et la laïcité La République, en un mot. Mais la République est ce temple dont la voûte ne tient que si chaque citoyenne, chaque citoyen en est le pilier conscient et volontaire. C’est la chance que nous offre cette élection présidentielle de 2027, ouvrir une nouvelle page collective. Dominique de Villepin ©️ The Tribute in Light 9/11 memorial with the Statue of Liberty. New York City, USA. Photo : Getty Images/Chris Martin.
Le Sommet international sur l’espace organisé aujourd’hui et demain par la France est une belle initiative. Mais il ne rencontre pas encore l’élan politique que l’enjeu aurait exigé. Après neuf ans de diplomatie d’Emmanuel Macron, l’idée s’est installée que la France parle beaucoup mais agit trop peu. Quelques jours auparavant, Donald Trump revendiquait symboliquement la Lune pour les États-Unis, tandis que son administration fixait l’objectif de plus de 1 000 lancements et rentrées spatiales par an d’ici 2030. L’espace est la dernière frontière. S’y joue déjà une part croissante de notre avenir : communications, infrastructures numériques, connaissance scientifique, énergie, sécurité et rivalité des puissances. Mais surtout, l’espace est la dernière frontière de l’universel. Depuis plus d’une décennie, une course à la conquête, à l’appropriation et à l’exploitation de l’espace et des corps célestes est engagée. Elle met à l’épreuve le traité de l’espace de 1967, l’un des grands textes universels de l’après-guerre, qui affirme que l’espace doit être librement accessible à tous et interdit toute appropriation nationale de la Lune et des autres corps célestes. Depuis une décennie, pourtant, des législations nationales, à commencer par le SPACE Act américain de 2015, ont ouvert la voie à l’appropriation privée des ressources extraites de l’espace. Les États-Unis considèrent cette exploitation compatible avec le traité ; d’autres y voient une brèche dans son principe de non-appropriation. Le « space-trumpisme » n’a fait qu’accélérer une tendance plus ancienne : faire précéder le droit par le fait accompli. L’Europe doit mener la bataille pour un espace libre. C’est une bataille vitale pour sa propre liberté et pour sa souveraineté. C’est d’abord une bataille juridique. La France doit réexaminer sa participation aux accords Artemis et, surtout, porter avec ses partenaires européens une doctrine autonome de l’espace. Les accords Artemis proclament leur fidélité au traité de 1967, mais organisent autour des États-Unis des règles nouvelles concernant l’exploitation des ressources et les zones de sécurité. La France ne peut se contenter d’adhérer à des normes élaborées ailleurs. Elle doit reprendre l’initiative multilatérale. Nous devons pour cela renforcer le Bureau des affaires spatiales des Nations unies et proposer d’en faire progressivement une véritable autorité internationale de régulation, capable d’assurer la transparence des activités, l’enregistrement, la surveillance et, demain, des formes d’inspection dans l’espace extra-atmosphérique. Aujourd’hui, l’UNOOSA demeure avant tout le secrétariat du dispositif multilatéral onusien consacré aux usages pacifiques de l’espace. C’est ensuite une bataille technologique. Depuis des années, malgré nos talents et nos acquis, l’Europe perd du terrain, en partie à cause de ses divisions. Les rivalités franco-allemandes et la fragmentation des investissements affaiblissent aujourd’hui notre capacité collective, alors même que SpaceX domine le lancement commercial et que la Chine accélère. Il est temps de redonner une impulsion politique et des moyens communs à l’Agence spatiale européenne. C’est enfin une bataille économique. Nous devons retrouver le chemin d’une coopération européenne efficace pour soutenir nos lanceurs, nos satellites, nos industriels et nos nouveaux acteurs du spatial, d’Arianespace aux entreprises qui inventent aujourd’hui le spatial européen. Car la question est désormais simple : voulons-nous que l’espace devienne le prolongement des rapports de force terrestres, ou l’un des derniers lieux où l’humanité peut encore décider d’une règle commune ? Dominique de Villepin ©️ Sophie Adenot, ici le 18 août lors d’une sortie dans l'espace - Esa/Nasa
Aujourd’hui, la transition écologique est trop souvent vécue comme un coût. Je veux en faire un atout. Pour cela, je fixerai dans la Constitution l’objectif d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Et je créerai l’outil qui nous permettra d’avancer vers cet objectif en instaurant une taxe carbone. Mais pour être utile au pays et acceptée par les Français, cette taxe doit être juste. Les colères des Gilets jaunes et des Bonnets rouges nous ont rappelé qu’une écologie qui frappe d’abord ceux qui n’ont pas d’alternative est vouée à l’échec. Le produit de cette taxe carbone sera donc en priorité reversé aux ménages les plus modestes et à tous ceux que la transition met en difficulté, pour leur permettre de changer de véhicule, de rénover leur logement ou de réduire leur facture énergétique. Et parce que la transition ne peut être la même partout, je veux donner aux maires un budget propre de transition écologique, afin qu’ils puissent agir au plus près des besoins de leur territoire.
Le classement PISA 2026 est tombé. Et nos enfants sont au plus bas niveau en culture scientifique, mathématique et en compréhension de l'écrit. Certes, c’est un bulletin de notes. Et les parents ne vont pas être contents ! Huit ans d’effondrement du niveau scolaire des jeunes Français depuis 2018, c’est le bilan sans appel du macronisme éducatif, du « choc des savoirs » de Gabriel Attal et des réformes insuffisantes d’Édouard Philippe. Mais c’est plus encore un bulletin de santé, et les parents ont toutes les raisons d’être inquiets. Il faut aller vers ce que ne disent pas les chiffres : la perte de compréhension de l’écrit et des mathématiques qui représente l’équivalent d’un an et demi d’enseignement perdu pour chaque élève, partout dans le monde industrialisé, c’est la catastrophe de la solitude, de la machinisation et du triomphe des réseaux sociaux. C’est l’effondrement de la santé mentale des jeunes, la perte de la capacité d’attention et l’extinction du sens. C’est, à l’âge de l’IA et des inégalités, la perte de la foi dans l’ascension sociale que doit permettre l’école. C’est l’école de l'« à quoi bon ? » L’urgence n’est pas tant à la performance par les réformes techniques et les coups de menton ou de férule qui ne changent rien, elle consiste à renouer avec une école humaniste tournée vers l’instruction, l’éducation et l’élévation de l’enfant tout entier, tête, cœur et main. Une école qui rompt avec le format de la classe face au professeur, une école qui met les savoirs pratiques et populaires, les arts et les sports en harmonie avec les savoirs fondamentaux, une école qui s’ouvre sur la société pour engager une dynamique de réforme mutuelle. Voilà les pistes que je propose. Dominique de Villepin Source : OCDE (2026) | PISA. Lire la chronique : https://t.co/kHKDJWHbGq
Le classement PISA 2026 est tombé. Et nos enfants sont au plus bas niveau en culture scientifique, mathématique et en compréhension de l'écrit. Certes, c’est un bulletin de notes. Et les parents ne vont pas être contents ! Huit ans d’effondrement du niveau scolaire des jeunes Français depuis 2018, c’est le bilan sans appel du macronisme éducatif, du « choc des savoirs » de Gabriel Attal et des réformes insuffisantes d’Édouard Philippe. Mais c’est plus encore un bulletin de santé, et les parents ont toutes les raisons d’être inquiets. Il faut aller vers ce que ne disent pas les chiffres : la perte de compréhension de l’écrit et des mathématiques qui représente l’équivalent d’un an et demi d’enseignement perdu pour chaque élève, partout dans le monde industrialisé, c’est la catastrophe de la solitude, de la machinisation et du triomphe des réseaux sociaux. C’est l’effondrement de la santé mentale des jeunes, la perte de la capacité d’attention et l’extinction du sens. C’est, à l’âge de l’IA et des inégalités, la perte de la foi dans l’ascension sociale que doit permettre l’école. C’est l’école de l'« à quoi bon ? » L’urgence n’est pas tant à la performance par les réformes techniques et les coups de menton ou de férule qui ne changent rien, elle consiste à renouer avec une école humaniste tournée vers l’instruction, l’éducation et l’élévation de l’enfant tout entier, tête, cœur et main. Une école qui rompt avec le format de la classe face au professeur, une école qui met les savoirs pratiques et populaires, les arts et les sports en harmonie avec les savoirs fondamentaux, une école qui s’ouvre sur la société pour engager une dynamique de réforme mutuelle. Voilà les pistes que je propose. Dominique de Villepin Source : OCDE (2026) | PISA : https://t.co/MhXfDi1txT Lire la chronique : https://t.co/kHKDJWHbGq
Le classement PISA 2026 est tombé. Et nos enfants sont au plus bas niveau en culture scientifique, mathématique et en compréhension de l'écrit. Certes, c’est un bulletin de notes. Et les parents ne vont pas être contents ! Huit ans d’effondrement du niveau scolaire des jeunes Français depuis 2018, c’est le bilan sans appel du macronisme éducatif, du « choc des savoirs » de Gabriel Attal et des réformes insuffisantes d’Édouard Philippe. Mais c’est plus encore un bulletin de santé, et les parents ont toutes les raisons d’être inquiets. Il faut aller vers ce que ne disent pas les chiffres : la perte de compréhension de l’écrit et des mathématiques qui représente l’équivalent d’un an et demi d’enseignement perdu pour chaque élève, partout dans le monde industrialisé, c’est la catastrophe de la solitude, de la machinisation et du triomphe des réseaux sociaux. C’est l’effondrement de la santé mentale des jeunes, la perte de la capacité d’attention et l’extinction du sens. C’est, à l’âge de l’IA et des inégalités, la perte de la foi dans l’ascension sociale que doit permettre l’école. C’est l’école de l'« à quoi bon ? » L’urgence n’est pas tant à la performance par les réformes techniques et les coups de menton ou de férule qui ne changent rien, elle consiste à renouer avec une école humaniste tournée vers l’instruction, l’éducation et l’élévation de l’enfant tout entier, tête, cœur et main. Une école qui rompt avec le format de la classe face au professeur, une école qui met les savoirs pratiques et populaires, les arts et les sports en harmonie avec les savoirs fondamentaux, une école qui s’ouvre sur la société pour engager une dynamique de réforme mutuelle. Voilà les pistes que je propose. Dominique de Villepin Source : OCDE (2026) | PISA : https://t.co/MhXfDi1txT Lire la chronique : https://t.co/kHKDJWHbGq
Le classement PISA 2026 est tombé. Et nos enfants sont au plus bas niveau en culture scientifique, mathématique et en compréhension de l'écrit. Certes, c’est un bulletin de notes. Et les parents ne vont pas être contents ! Huit ans d’effondrement du niveau scolaire des jeunes Français depuis 2018, c’est le bilan sans appel du macronisme éducatif, du « choc des savoirs » de Gabriel Attal et des réformes insuffisantes d’Édouard Philippe. Mais c’est plus encore un bulletin de santé, et les parents ont toutes les raisons d’être inquiets. Il faut aller vers ce que ne disent pas les chiffres : la perte de compréhension de l’écrit et des mathématiques qui représente l’équivalent d’un an et demi d’enseignement perdu pour chaque élève, partout dans le monde industrialisé, c’est la catastrophe de la solitude, de la machinisation et du triomphe des réseaux sociaux. C’est l’effondrement de la santé mentale des jeunes, la perte de la capacité d’attention et l’extinction du sens. C’est, à l’âge de l’IA et des inégalités, la perte de la foi dans l’ascension sociale que doit permettre l’école. C’est l’école de l'« à quoi bon ? » L’urgence n’est pas tant à la performance par les réformes techniques et les coups de menton ou de férule qui ne changent rien, elle consiste à renouer avec une école humaniste tournée vers l’instruction, l’éducation et l’élévation de l’enfant tout entier, tête, cœur et main. Une école qui rompt avec le format de la classe face au professeur, une école qui met les savoirs pratiques et populaires, les arts et les sports en harmonie avec les savoirs fondamentaux, une école qui s’ouvre sur la société pour engager une dynamique de réforme mutuelle. Voilà les pistes que je propose. Dominique de Villepin Source : OCDE (2026) | PISA : https://t.co/MhXfDi1txT Lire la chronique : https://t.co/kHKDJWHbGq
Le « non » de Paul Celan résonne avec force dans une époque bouleversée par le retour des idéologies de haine. Né en 1920 à Czernowitz dans une famille juive de langue allemande, il perd ses parents après leur déportation et porte toute sa vie la fracture d’écrire dans la langue même des bourreaux. Son premier non s’adresse à l’oubli. Dans Fugue de mort, la formule « la mort est un maître venu d’Allemagne » sonne comme un refus de laisser la catastrophe s’effacer dans le cours apaisé du temps. Son deuxième non vise la langue innocente. Il reste dans l’allemand blessé plutôt que de le fuir, mais il le fracture, lui retire sa fluidité et son confort, refuse toute harmonie mensongère après l’extermination. Son écriture devient dense, heurtée, presque minérale, comme un langage sauvé de peu. Son troisième non touche la poésie comme consolation. Le poème n’adoucit rien, il répond aux morts et à la nuit. Sa beauté porte la marque du ravin traversé. C’est pourquoi Celan pouvait dire que le poème est une poignée de main, un geste fragile vers l’autre. En 1970, il se jette dans la Seine. Son œuvre demeure une épreuve infligée à la poésie, le rappel qu’aucun oui humain n’est possible sans ces non-là.
La victoire de l'AfD en Saxe-Anhalt est le signe que les digues sautent les unes après les autres, sous nos yeux, avec une régularité qui devrait tous nous alarmer. Remigration, suppression du droit d'asile, sortie de l'accord de Paris sur le climat, reprise assumée de slogans nazis interdits dans des discours publics, relativisation de la Shoah, ce parti puise sans honte dans l'héritage du pire pour construire son projet de division. Nous nous sommes réhabitués au pire dans l'espace public. Nous avons laissé prospérer les relais d'une internationale réactionnaire qui n'a d'autre horizon que la fracture et le rejet. La question des limites, de ce que nous acceptons collectivement d'entendre et de normaliser, se pose désormais avec une acuité nouvelle. Ce piège identitaire morcelle l'Europe comme il tente de fracturer la France. Les mains tendues du Rassemblement national vers une police des vêtements, la normalisation du racisme à toutes les échelles de la société permise par la désinhibition d’une extrême droite identitaire, la prolifération sur les plateaux de télévision d'idéologies réactionnaires et dangereuses, tout cela constitue autant de signaux qui doivent nous inquiéter profondément. Nous devons reconstruire les digues. Elles sont la seule garantie de notre capacité à vivre ensemble, la seule protection contre un piège identitaire qui menace de se refermer sur nous et d'empêcher durablement le sursaut dont la France a besoin pour survivre à elle-même. Cette montée de l'extrémisme politique, et en premier lieu d'une extrême droite que nous ne parvenons plus collectivement à contenir, est aussi le fruit de la colère, des peurs et des craintes légitimes des peuples européens, que le personnel politique n'a pas su entendre ni traiter depuis vingt ans. La confiance est rompue parce que les promesses n’ont pas été tenues. Ceux qui ont gouverné depuis 2007 sont responsables de ce qu’ils essaient désormais d’empêcher. La responsabilité de chaque responsable politique est désormais d'accepter l'état d'urgence républicaine dans lequel nous nous trouvons, et d'en tirer toutes les conséquences. Nous n'avons plus le temps de réparer la mécanique de nos partis, car c'est l'édifice républicain tout entier qui menace de s'effondrer. Le rassemblement large des humanistes, des écologistes, des républicains et des démocrates devient une nécessité. Un nouveau CNR s'impose. J'y travaille, avec toutes celles et tous ceux qui partagent la conviction que l'urgence commande l'unité, et qui acceptent, ou accepteront, de faire primer l'intérêt général sur les intérêts particuliers, qu'ils soient personnels, partisans ou financiers. Dominique de Villepin
La promesse républicaine d’une école émancipatrice, citoyenne, garante de l’égalité entre tous nos enfants, capable de former des adultes avec une tête, un cœur et des mains, n’est plus tenue. L’école doit se préparer à une nouvelle révolution : celle de la transmission et de la démocratisation des savoirs. C’est ce chemin que je propose dans cette nouvelle chronique, à l’heure de la rentrée scolaire. Il est temps de tenir à nouveau cette promesse, pour refaire société. Lire la chronique en intégralité : https://t.co/CyfANMjbpx
Aujourd’hui, c’est l’Histoire qui s’écrit. Pas la petite histoire des calculs, des places à préserver, des applaudissements d’un soir. Trop de responsables politiques semblent déjà tenir la victoire de Marine Le Pen pour acquise et préparent moins l’élection présidentielle que ce qui viendra après, dans l’espoir de quelques circonscriptions à sauver, de quelques positions à conserver. Je refuse cette résignation. Je crois qu’il n’y a pas de grandeur sans renoncement à ses propres intérêts, pas d’histoire sans sacrifice. Il ne s’agit pas de se demander : « Qu’est-ce que j’y gagne ? » Il s’agit d’accepter le prix de l’engagement. Il est des moments où l’intérêt général commande de laisser de côté les calculs partisans comme les personnels. Nous en sommes là. Ce qui compte désormais, ce n’est pas ce que chacun peut gagner, mais ce que la France peut encore sauver et construire, ensemble.
Merci à @Francois_Ruffin pour cet échange riche, dans une salle qui aurait pu être celle où se réunirent les hommes du Conseil national de la Résistance ou celle où, en juin 1789, des députés décidèrent de ne plus se séparer avant d’avoir donné une Constitution à la France. Nous partageons une conviction : il faut faire dérailler le train fou de l’Histoire. Je suis resté gaulliste, attaché à un gaullisme social, humaniste, républicain, écologique et culturel. Je ne me résigne pas à une victoire de l’extrême droite. Je veux donc parler avec tous ceux qui, d’où qu’ils viennent, refusent cette fatalité et cherchent à remettre l’intérêt général au cœur de la politique. François Ruffin a, à mes yeux, un mérite particulier : dans un temps où la politique s’est trop souvent éloignée des réalités quotidiennes, il va au contact du réel, il écoute, il regarde, et il cherche à réparer ce qui peut l’être. Nous ne sommes pas d’accord sur tout. Mais la République ne se reconstruira pas entre gens qui pensent déjà la même chose. Elle se reconstruira entre ceux qui acceptent de partir du réel et de chercher ce qui peut encore nous réunir.
Rendez-vous ce soir de 19h à 20h30 pour un débat avec @Francois_Ruffin ! 🔴 Diffusion en direct sur les chaînes Twitch & YouTube de @libe et sur @BFMTV. https://t.co/AIf2hLLqBz
Edgar Morin, Charles de Gaulle, le pape Léon XIV : trois voix différentes, trois disciplines de pensée pour affronter l’intelligence artificielle. Edgar Morin, parce qu’il a compris que la technique qui donne aux hommes le pouvoir de maîtriser les forces de la nature peut aussi devenir un instrument d’asservissement. Le Général de Gaulle, parce que sa conception de la souveraineté nous rappelle que la puissance publique ne peut abandonner la décision collective aux puissances qui la débordent. Léon XIV, enfin, parce qu’il a choisi de poser la question de l’intelligence artificielle à partir de la dignité humaine, de la justice sociale et du bien commun : construire ensemble plutôt qu’élever une nouvelle Tour de Babel. Le choix n’est plus d’être pour ou contre l’IA. La transformation a commencé. L’intelligence artificielle est désormais une question sociale, parce qu’elle transforme le travail et redistribue la puissance ; une question politique, parce qu’elle touche à notre souveraineté ; une question humaine, parce qu’elle atteint jusqu’à nos manières de penser, de créer et de nous représenter le monde. Trois questions qui n’en font finalement qu’une : celle de notre liberté. Nous voulons rester libres. Libres comme Français et comme Européens. Libres dans notre travail et dans nos choix économiques. Libres de nos pensées, de nos récits, de nos imaginaires. Libres de nous servir de la machine sans devenir les serviteurs de ceux qui la possèdent. C’est à cette condition que l’intelligence artificielle pourra devenir un progrès plutôt qu’une nouvelle dépendance. Il est temps d’en faire le cœur d’une nouvelle politique de civilisation.
Peu de gestes rassemblent encore la France comme la rentrée des classes. Partout, à la même heure, dans les écoles de nos villes et de nos villages, 11,6 millions d’élèves, avec leurs enseignants, vivent aujourd’hui le même rite de passage républicain. Je me souviens de cette journée où naissent des souvenirs pour la vie. Le cartable préparé la veille et posé près de la porte. Le nom écrit sur la première page du cahier. Le petit écriteau portant son prénom sur la table. Le choix du vêtement, la fébrilité au moment de chercher sa classe sur la porte de l’école. À tous ceux qui retrouvent aujourd’hui le chemin de l’école, du collège, du lycée, je veux dire ma fierté et mon engagement. Ma fierté, parce que chacun de ces enfants porte en lui une part de notre avenir commun. Fierté pour leurs enseignants, qui reprennent ce matin l’un des plus exigeants de nos métiers, souvent sans les moyens, souvent sans la reconnaissance. Fierté pour ces parents qui accompagnent leurs enfants sur le chemin qui les fera grandir. L’école a fait la République et la République a fait l’école. Mais cette promesse, aujourd’hui, se brise. Près de quatre élèves sur dix entrent en sixième sans atteindre le niveau attendu de fluence en lecture. Au collège, nos classes comptent parmi les plus chargées d’Europe. Et, malgré le regain enregistré cette année aux concours, la crise d’attractivité du métier d’enseignant reste profonde. Nous avons laissé l’école devenir un marché des places, des études, de l’avenir. Et sur un marché, ce sont toujours les mêmes qui gagnent. Mon engagement est de rompre avec cette résignation. D’abord, la priorité absolue au primaire, parce que tout se joue avant onze ans et que la France dépense encore davantage pour un lycéen que pour un écolier. Je rééquilibrerai les moyens en faveur des premières années, avec moins d’élèves par classe à l’élémentaire et les savoirs fondamentaux garantis à chaque enfant de la République, adossés à un véritable apprentissage des savoir-faire pratiques, de l’art à l’artisanat. Ensuite, remettre l’enseignant au cœur de l’école : revalorisation des rémunérations, parcours de carrière, vraie formation, vrai collectif de travail. Et recruter de nouveaux hussards noirs de la République, venus des quartiers populaires, des campagnes, mais aussi de ceux qui choisissent d’enseigner au cours d’une seconde carrière. Exiger aussi davantage de mixité de l’enseignement privé sous contrat, puisqu’il reçoit de l’argent public et doit prendre sa part de l’effort commun. L’argent public ne peut financer l’entre-soi. Protéger enfin l’école : du harcèlement, de la course à la performance qui épuise trop tôt, mais aussi des réformes successives qui la désorientent. L’urgence est à un pacte de stabilité scolaire : une grande loi en début de mandat, une direction claire, puis le temps de l’appliquer, de l’évaluer et de la corriger sans tout recommencer chaque année. Une école qui forme des personnes entières, avec une tête, un cœur et des mains. Voilà ce que je veux pour nos enfants. Bonne rentrée à chacune et à chacun. Dominique de Villepin ©️ Alexandre Marchi / L’Est Républicain
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Grand serviteur de la République, fidèle à une certaine idée de la France, Édouard Balladur appartenait à une génération pour laquelle la politique demeurait d’abord un service. Enfant de Smyrne, arrivé à Marseille avec sa famille en 1935, il y découvrit la France et fit au lycée Thiers l’apprentissage de la République, sur les bancs qu’avaient occupés Marcel Pagnol et Albert Cohen quelques décennies plus tôt. Entré au service de Georges Pompidou en 1964, il l’accompagna jusqu’à l’Élysée, dont il fut le secrétaire général dans les derniers mois de la présidence. Ministre d’État, ministre de l’Économie, des Finances et de la Privatisation de 1986 à 1988, puis Premier ministre de François Mitterrand de 1993 à 1995, il traversa les deux cohabitations et sut y préserver la dignité des institutions et la continuité de l’État. Il incarna cette appartenance française choisie et profondément vécue, qui honore notre pays plus sûrement que bien des discours. Les combats d’hier appartiennent désormais à l’histoire. Reste l’essentiel : le souvenir d’un homme qui ne confondit jamais le pouvoir avec le bruit, ni la politique avec le spectacle. Je salue avec respect sa mémoire et adresse à sa famille et à ses proches mes condoléances les plus sincères. Dominique de Villepin ©️ Joël Saget / AFP
La proposition de Jordan Bardella d’un référendum sur l’immigration est une nouvelle surenchère, qui prétend résoudre une difficulté réelle par une logique d’exclusion et place le Rassemblement national en rupture avec l’esprit de nos règles républicaines. Je suis né et j’ai grandi dans une France qui se voulait le pays des droits de l’homme et du citoyen, portée par une certaine idée de l’universel. Aujourd’hui, je vois ce pays se rétrécir dans une campagne présidentielle qui risque de devenir un concours d’exclusions. Certains veulent exclure les riches, d’autres les immigrés, d’autres encore les fonctionnaires. Chacun cherche son adversaire, son responsable, celui qu’il faudrait retrancher pour que tout aille mieux. Ce n’est pas ainsi qu’un pays se redresse. La politique ne consiste pas à décider qui doit sortir du cercle, mais à refaire un cercle commun. Entretien du 30.08.26 sur @BFMTV
Je n’ai pas mis ma petite culotte de chou pour me faire brouter le derrière par les petits lapins. Entretien du 30.08.26 sur @BFMTV https://t.co/p9rq2hA2Kd
Si l’extrême droite devait arriver au pouvoir, ce qu’aujourd’hui je mets toutes mes forces à éviter, je me poserai en garant de la règle républicaine. Entretien du 30.08.26 sur @BFMTV https://t.co/R37y1AYyca