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Dominique de Villepin

2025-07-21 21:03 reply no longer on X

Il n’est pas acceptable que la seule donnée provisoire et précaire soit la santé des Françaises et des Français. Il est temps de sortir complètement de cette logique mortifère et d’entrer dans une logique de transition articulant les besoins économiques de la filière avec les impératifs de la transformation écologique, dans une logique de planification, de concertation et de négociation collective pour un nouvel élan agricole aussi important que le remembrement engagé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Ni rabot ni tronçonneuse : le XXIème siècle devra être celui de l’espoir. Le Vieux Monde est partout. Sur l’écologie, nous l’avons dit. Il rôde, nous l’avons vu cette semaine, sur les finances publiques aussi. Quelques jours après la proposition d’un plan pluriannuel de redressement des finances publiques, qu’a-t-on observé ? Un gouvernement sortant des tiroirs toutes les vieilles solutions, tous les vieux arguments, toutes les vieilles justifications, celles-là mêmes qui nous ont conduits en l’espace d’un demi-siècle à une dette toujours plus élevée et mis à la merci de la prochaine crise financière, sanitaire ou écologique. Après le rabot, après la tronçonneuse, on a fait le choix cette fois-ci de la casse automobile en comprimant de force et à l’aveuglette les dépenses au niveau de l’année précédente. Jamais on ne réussira à fixer un cap en collant des rustines sur des pneus crevés. Comment ne pas se rendre compte que c’est de méthode même qu’il faut changer, que le déficit n’est pas la faute des Français, mais le signe d’une politique à laquelle ils refusent désormais de consentir ? Et pourtant, d’élection en élection, le vieux monde renouvelle les mêmes promesses de baisses d’impôts des uns, les mêmes promesses de hausses des dépenses des autres, avec pour aboutissement identique l’aggravation systématique de la dette. Et pourtant, les « comptes de fées » publics ne meurent jamais : le ruissellement de la richesse prôné par les uns doit résorber le déficit des baisses d’impôts des plus riches ; la politique de l’offre des autres doit compenser par la compétitivité les baisses massives de charges ; le choc de demande doit rembourser par la croissance la hausse des dépenses sociales. À chaque fois que l’un de ces mythes concurrents mais complémentaires est démenti, on nous dit que c’est parce qu’on n’y a pas cru assez fort. Le déficit, plus simplement, c’est le prix du vieux monde, le symptôme de l’injustice, de la confusion et de la perte de l’intérêt général. Il est temps de nous libérer de lui et d’ouvrir une nouvelle page politique, fondée sur la défense des seuils, la transformation volontaire et ambitieuse de notre pays pour affronter en toute indépendance le monde de demain. Il est temps d’entrer enfin dans le XXIème siècle.