Deuxièmement, il y a bien d’autres initiatives susceptibles de donner des résultats, celles qui reposent sur des principes, sur des procédures et sur une action continue et collective. Les puissances du droit, en Europe et bien au-delà, peuvent se coaliser pour agir, soutenir, poursuivre en justice. C’est le sens du discours lucide de Mark Carney et du réveil des Européens à Davos. En Iran, efforçons-nous de maintenir la pression sur le régime par des sanctions ciblées sur la chaîne de commandement, les responsables des unités et des prisons, les circuits financiers, les technologies de surveillance, favorisons le recueil de preuves des massacres contre l’impunité, offrons les moyens d’accès aux réseaux de communication pour la population iranienne. Il est temps d’adresser un message collectif de fermeté vis-à-vis du régime en inscrivant les Gardiens de la Révolution sur la liste des organisations à caractère terroriste. Ce que montrent les derniers jours, c’est la force du pouvoir de dire non, ce droit inaliénable des peuples face aux tyrans et aux oppressions. Ces citoyens américains courageux qui spontanément et pacifiquement occupent les rues de Minneapolis et ont obtenu le premier recul majeur de Donald Trump en politique intérieur. Ces derniers jours nous rappellent aussi qu’il faut exercer ce pouvoir de dire non plutôt tôt que tard, car une fois installée la tyrannie s’enracine et son extirpation devient douloureuse. Parce que à l’intérieur comme à l’extérieur il faut bien avoir à l’esprit le principe TACO, « Trump Always Chickens Out », « Trump finit toujours par se dégonfler ». C’est dire combien, plus que jamais, notre détermination peut faire la différence. [2/2] Dominique de Villepin