Le retour sur le marché mondial de l’Iran va également changer la donne. Une baisse trop forte des prix serait aussi déstabilisatrice que l’augmentation des derniers mois. Il faut une négociation internationale pour donner à l’Agence Internationale de l’Energie un mandat de maitrise des prix globaux avec des instruments de coercition sur les allocations de volumes à l’export. Ce sera difficile, certains diront impossible. C’est nécessaire. Troisième dimension structurante, l’Occident souffre d’un angle mort : un Occident qui parle d’universel lorsqu’il domine et de réalisme lorsqu’il est contesté offre aux Suds le spectacle qui nourrit le récit multipolaire de ses rivaux. À chaque détroit fermé par la force, ce sont les empires concurrents qui se proclament du bon côté de l’Histoire. La dévaluation de la parole publique, ces annonces incessantes d’accords qui tardent à se matérialiser, c’est le performatif dégradé d’une superpuissance, le yakafokon à l’échelle du monde, qui use le crédit là même où il faudrait l’autorité. Le droit international doit avoir le dernier mot pour rétablir l’idée d’un ordre juste, dans lequel les peuples puissent avoir confiance. Des décisions de la Cour Internationale de Justice et de la Cour Pénale Internationale, sans doute aussi des différentes juridictions nationales potentiellement concernées, seront nécessaires pour tourner définitivement la page de ce conflit sans fin. Au fond, ce protocole nous dit dans quel temps du monde nous sommes : un temps suspendu entre deux logiques. Celle de l’illimité, la domination, la force, les empires qui gèlent les conflits faute de savoir les résoudre. Et celle des limites partagées : le droit, la cohabitation, la garantie commune. Le Golfe est le laboratoire de ce choix. Il est temps de remettre la paix à l’agenda du monde. Une paix qui ne soit ni l’attente d’une nouvelle guerre, ni l’absence miraculeuse de guerre, mais, comme c’est ma conviction pragmatique, une paix qui soit travail. Aujourd’hui, un autre monde est inévitable. Dominique de Villepin Lien de la chronique : https://t.co/XCHqA2bzbh ©️ Le détroit d’Ormuz, vu des côtes d’Oman, le 15 juin 2026. Stringer / Reuters. [3/3]