L’attaque dont ont été victimes le principal du collège Joseph Lakanal, à Aubagne, et une enseignante de l’établissement est un choc pour la nation tout entière. C’est l’école qui est frappée au cœur, ce lieu où la République s’engage à instruire chaque enfant et à protéger tous ceux qui y apprennent et y travaillent. Comme père, comme responsable public, comme citoyen, je ressens d’abord une immense émotion et une profonde inquiétude. Qu’un enfant de 15 ans, à peine entré dans son année de troisième, en vienne à s’armer contre ceux qui ont la charge de l’instruire nous bouleverse et nous interroge tous. Il reviendra à l’enquête d’établir ce qui a conduit à ce geste. J’adresse aux victimes, à leurs familles et à leurs proches ma solidarité pleine et entière. Je salue le sang-froid du conseiller principal d’éducation, qui a maîtrisé l’adolescent, et l’intervention des forces de l’ordre. Mes pensées vont aussi aux élèves et aux personnels du collège, ainsi qu’au maire d’Aubagne, Jean-Pierre Squillari, car un drame comme celui-ci éprouve toute une ville. Je sais combien l’équipe éducative de ce collège a fait de l’inclusion scolaire et de la lutte contre le harcèlement des priorités de son action. Elle ne peut assumer seule une responsabilité qui engage la nation tout entière. C’est à l’État de se mobiliser, en donnant à la médecine scolaire et aux psychologues de l’Éducation nationale les moyens de repérer et d’accompagner chaque enfant en détresse, sans attendre que sa souffrance s’aggrave. Nous le devons à ces enfants comme à celles et ceux qui, chaque matin, leur ouvrent les portes de l’école. Dominique de Villepin