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Dominique de Villepin

176,796 followers 191 following 1,508 tweets on X 1,023 archived Paris, France joined 2009-04-07

Ancien Premier ministre de la République française

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2026-01-31 19:54 original no longer on X

Il y a des scènes qui traversent les siècles parce qu’elles parlent profondément de nous et de ce que nous sommes. Dans l’Evangile selon Saint Jean, il en est une qui nous atteint profondément, quelles que soient nos croyances, nos convictions religieuses, nos inclinaisons à la foi. Ce n’est pas une parabole au sens strict, mais elle résonne aujourd’hui particulièrement, parce qu’elle nous rappelle qu’il ne faut jamais accepter l’immédiateté du verdict, qu’il est toujours essentiel de faire commencer la vérité par soi-même, que la justice sans conscience n’est que violence, que la miséricorde n’est pas le laxisme, et que la justice ne doit jamais humilier, mais relever, redonner du corps et du souffle. En 2026, retenons l’exigence sans jeter la pierre.

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2026-01-30 11:53 quote

Vraiment, je ne comprends plus. Un jour LMB Aerospace qui avec sa propriété intellectuelle contribue à la production de Rafale, seule alternative souveraine aux F35 américains, peut être vendu à un fonds américain. L’autre jour des antennes clouées au sol, cédées par Eutelsat, ne peuvent être vendues à un fonds suédois, pays membre de l’UE. Si quelqu’un comprend les critères de souveraineté du gouvernement, qu’il veuille me les expliquer ! #MomentDavos  Dominique de Villepin

2026-01-29 18:27 original

La France est une terre d’innovation, d’ambition, d’initiative. Partout, comme ici à Rouen, des femmes et des hommes donnent vie à notre économie. Pour construire la France Humaniste, j’ai besoin de vous entendre, de vous écouter, de connaître tous vos défis pour savoir comment nous les surmonterons ensemble. J’ai rencontré des chefs d’entreprise, visité l’entreprise innovante Protect’Ecran, start-up de l’année 2022, échangé avec le Maire Nicolas Mayer-Rossignol, avec la volonté de comprendre, d’écouter et d’apprendre. Le sursaut ne viendra pas de Paris. Il viendra de la France, tout entière, portée par son ambition, ses talents et son savoir-faire. Il y a du génie dans notre pays : la seule chose qui nous manque, c’est un horizon commun.

2026-01-29 15:42 original

Je n’ai pas oublié le désespoir et la colère des professionnels et des bénévoles qui nettoyaient les plages en 1999, à la suite de la catastrophe de l’Erika. Les fantômes des erreurs passées ne cessent de revenir. À l’heure des renoncements aux objectifs climatiques et des prédations des empires fossiles, agissons aujourd’hui pour le climat avec une stratégie européenne et française plus ambitieuse, sans attendre d’être hantés par les revenants des catastrophes climatiques à venir, d’ici à quelques générations ! Dominique de Villepin - ©️ Des personnes nettoient la plage de Ploemeur (Morbihan), après le naufrage du pétrolier « Erika », le 26 décembre 1999. Photo : VALERY HACHE/AFP

2026-01-27 20:17 repost

RT @Villepin: Deuxièmement, il y a bien d’autres initiatives susceptibles de donner des résultats, celles qui reposent sur des principes, s…

2026-01-27 20:17 repost

RT @Villepin: NE DÉTOURNONS PAS LE REGARD Face à l’horreur et à la folie du monde, face à l’impuissance que nous pouvons ressentir à empêc…

2026-01-27 17:36 reply

Deuxièmement, il y a bien d’autres initiatives susceptibles de donner des résultats, celles qui reposent sur des principes, sur des procédures et sur une action continue et collective. Les puissances du droit, en Europe et bien au-delà, peuvent se coaliser pour agir, soutenir, poursuivre en justice. C’est le sens du discours lucide de Mark Carney et du réveil des Européens à Davos. En Iran, efforçons-nous de maintenir la pression sur le régime par des sanctions ciblées sur la chaîne de commandement, les responsables des unités et des prisons, les circuits financiers, les technologies de surveillance, favorisons le recueil de preuves des massacres contre l’impunité, offrons les moyens d’accès aux réseaux de communication pour la population iranienne. Il est temps d’adresser un message collectif de fermeté vis-à-vis du régime en inscrivant les Gardiens de la Révolution sur la liste des organisations à caractère terroriste. Ce que montrent les derniers jours, c’est la force du pouvoir de dire non, ce droit inaliénable des peuples face aux tyrans et aux oppressions. Ces citoyens américains courageux qui spontanément et pacifiquement occupent les rues de Minneapolis et ont obtenu le premier recul majeur de Donald Trump en politique intérieur. Ces derniers jours nous rappellent aussi qu’il faut exercer ce pouvoir de dire non plutôt tôt que tard, car une fois installée la tyrannie s’enracine et son extirpation devient douloureuse. Parce que à l’intérieur comme à l’extérieur il faut bien avoir à l’esprit le principe TACO, « Trump Always Chickens Out », « Trump finit toujours par se dégonfler ». C’est dire combien, plus que jamais, notre détermination peut faire la différence. [2/2] Dominique de Villepin

2026-01-27 17:36 original

NE DÉTOURNONS PAS LE REGARD Face à l’horreur et à la folie du monde, face à l’impuissance que nous pouvons ressentir à empêcher cette dérive constante, la tentation peut exister de se replier sur soi-même, de cesser de s’informer ou de réfléchir et de détourner le regard. De baisser les yeux et de consentir à ce que rien ne change. Pourtant nos regards à tous sont la seule lumière qui puisse dissiper l’obscurité dans laquelle les crimes se commettent. Ils ne les rendent pas impossibles, mais ils interdisent de faire comme s’ils n’existaient pas. Nous ne pouvons détourner le regard d’un régime iranien qui a fait des milliers et, selon certains rapports crédibles, des dizaines de milliers de morts dans une répression sauvage. Nous ne pouvons détourner le regard des bombardements russes qui plongent un peuple, des femmes, des enfants, dans l’obscurité et le froid en Ukraine. Nous ne pouvons détourner le regard de Gaza où l’injustice, la misère et la mort se poursuivent dans une prison à ciel ouvert, pendant que la Cisjordanie est en proie au déchainement de violences des colons. Nous ne pouvons détourner le regard de la situation en Syrie où les Kurdes, durement frappés par le nouveau régime, se sentent légitimement abandonnés par leurs alliés européens. Nous ne pouvons détourner le regard des Etats Unis, où Minneapolis est en proie aux violences meurtrières d’une police politique fédérale, laissant craindre le basculement de la démocratie américaine. Ne détournons pas le regard du Venezuela, où les prisons politiques sont toujours pleines, même si les majors américaines sont désormais invitées à investir dans le pays. Je veux pour cette raison saluer le travail de plus en plus difficile de la presse et des médias, sur tous les terrains, pour porter nos regards. Je veux saluer le travail exigeant de la justice, nationale et internationale, pour armer ce regard de la puissance de la loi et du droit international et prévenir, à défaut des crimes, leur impunité. Les fanatiques de la force comptent sur l’obscurité pour transformer leurs transgressions en droit de conquête.  Ils comptent sur notre sidération et notre épuisement face aux transgressions pour nous faire baisser les yeux et nous taire, quand ils réhabilitent l’air de rien le mot de « rafle » ou qu’ils adoucissent la mort sous les balles fédérales de deux citoyens américains en « accidents malheureux ». Le regard droit, il nous appartient de ne pas perdre l’initiative. À nous d’agir, à nous de dire non, car l’illusionnisme de la force pure, c’est de faire croire que tout en dehors de la force est vain. Or premièrement la force n’accomplit rien de durable et de solide : qu’a obtenu le régime iranien d’autre qu’une paix des cimetières et le retardement de sa chute inéluctable ? Qu’a obtenu Vladimir Poutine sinon la fuite en avant et la ruine de son pays ? Qu’a obtenu Donald Trump outre le risque de plonger son pays dans la violence civile ? Qu’a obtenu le gouvernement Netanyahou outre la solitude morale et la peur perpétuelle des représailles ? [1/2]

2026-01-27 09:53 original

« Continuez à rêver », « Réfléchissez-y à deux fois » : Propos déplorables et paternalistes du secrétaire général européen de l’OTAN, Mark Rutte au Parlement Européen : l’OTAN dans sa vérité et sa brutalité à l’âge de l’empire trumpien. L’OTAN est-elle encore l’actrice de la sécurité européenne ou déjà l’agente de la domination américaine ?

2026-01-27 09:52 original

« Continuez à rêver », « Réfléchissez-y à deux fois » : Propos déplorables et paternalistes du secrétaire général européen de l’OTAN, Mark Rutte au Parlement Européen : l’OTAN dans sa vérité et sa brutalité à l’âge de l’empire trumpien. L’OTAN est-elle encore l’actrice de la sécurité européenne ou déjà l’agente de la domination américaine ?

2026-01-24 12:22 original

Nous avons parlé ensemble d’Homère et de Nerval ; je souhaite aujourd’hui vous parler de Tolstoï, de ce livre bref, presque sec, et qui pourtant remet nos vies en mouvement : « La Mort d’Ivan Ilitch ». Ne nous y trompons pas : ce n’est pas un livre sur la mort, mais sur la vie. Sur la vie qu’on peut reprendre, même au bord du gouffre. Tolstoï nous rappelle qu’on ne peut se contenter d’une vie conforme, réglée, socialement approuvée. Il montre que la solitude du mourant naît souvent de la tentation de l’artifice et de l’apparat. Il révèle nos vies remplies et vides à la fois : remplies d’écrans, d’urgences, de mensonges ; vides de silence, de présence, de sens, de vérité. Sa leçon est simple et forte : ne remettons pas la vérité à plus tard. Parce que plus tard, c’est le nom poli de notre fuite. C’est maintenant que la vie compte.

2026-01-23 17:27 original

Il faut en finir avec la diplomatie du tweet. Quand Donald Trump se réveille, il tweete. Quand il veut attaquer un autre chef d’État, il tweete. C’est compulsif : un, deux, trois, parfois jusqu’à quinze tweets par jour. Ne nous enfermons pas dans une diplomatie de l’instant et de la précipitation, celle des petits mots, des coups de fil et des SMS. Je le redis aujourd’hui : la diplomatie exige du temps long, du sang-froid et de l’expérience. Entretien du 20.01.26 sur @RFI / @FRANCE24

2026-01-22 16:48 original

Il nous reste à construire un nouvel ordre international. Nous vivons une bascule d’époque, et il est essentiel de prendre la mesure de ce qui se passe pour sortir de la sidération dans laquelle le monde est plongé. Le temps du sursaut, avec ce qu’il requiert de fermeté, a sonné. Quand Donald Trump menace deux principes fondamentaux : l’intégrité territoriale des États souverains et le droit des peuples à l’autodétermination ; quand il plonge l’Amérique dans un illimitisme prédateur et installe l’idée que tout peut être acheté, la France, comme l’Europe, doivent se mettre en ordre de marche et se doter des leviers de puissance et de souveraineté. Entretien du 21.01.26 avec @PhilippeRevaz à la @RadioTeleSuisse

2026-01-21 11:24 original

L’EUROPE FACE À TRUMP AU RENDEZ-VOUS DE DAVOS L’Europe a trop souvent l’élégance de la retenue quand l’histoire exige la clarté. Ce que nous vivons est une bascule de méthode, de grammaire, de système. Et cette bascule, si nous la subissons, nous coûtera la substance même de ce qui fait l’Europe : un rapport civilisé au pouvoir, une primauté de la règle, une force tenue par le droit. Ce que l’on appelle le « moment Trump » n’est pas seulement un tempérament porté à l’excès. C’est un régime de relations. Le trumpisme, tel qu’il se déploie sur la scène nationale américaine et internationale, ne tire pas sa puissance d’une doctrine impeccablement construite. Il tire sa puissance d’un instinct systématique de domination. Le fil conducteur, c’est la centralité d’une personne. Tout doit y ramener : l’agenda, l’émotion, la récompense, la peur de la punition. La première caractéristique de ce système est l’impunité érigée en méthode. La transgression, en politique, a toujours existé. Mais ici, elle devient une norme et même une architecture. On affaiblit les freins, on disqualifie les contre-pouvoirs, on politise les instruments, on substitue la loyauté à l’indépendance, on transforme la règle en obstacle. La seconde caractéristique, trop souvent sous-estimée, est l’incohérence comme outil de souveraineté personnelle. Ailleurs, l’incohérence serait un aveu de faiblesse. Ici, elle devient une arme. Passer d’une position à une autre, d’une menace à une caresse, d’une promesse à son contraire, d’un retrait à un coup d’éclat, prive les partenaires de prise et est vécue comme une liberté absolue. La troisième caractéristique est l’outrance comme technologie politique. Le recours à la provocation, au mélange du sublime institutionnel et de la farce n’est pas un accident de personnalité : c’est un mode de gouvernement. Il produit une ambiguïté protectrice : si cela passe, c’était sérieux ; si cela fait réagir, « vous n’avez pas d’humour », « c’était une provocation », « c’était un test ». Le grotesque neutralise la critique, car il impose à l’adversaire un choix perdant : répondre sérieusement, c’est amplifier l’absurde ; répondre en riant, c’est banaliser l’inacceptable ; ne pas répondre, c’est laisser s’installer la nouvelle norme. La majesté commande la gravité, le bouffon incarne la distance critique. Lorsque les deux se confondent, la parole acquiert l’écho du sacré et l’immunité de la farce. Tout devient important parce que c’est dit du sommet ; tout échappe aux sanctions parce que c’est enveloppé dans le jeu. La quatrième caractéristique est la maîtrise de l’économie de l’attention. Dans une démocratie saturée d’écrans, l’attention est une ressource stratégique. Occuper l’espace, c’est empêcher les autres de parler d’eux-mêmes. Multiplier les crises, c’est rendre les partenaires réactifs. Rendre le monde nerveux, c’est obtenir plus vite des concessions. Enfin, il y a une dernière caractéristique, celle qui donne une rationalité à l’apparente déraison : la prédation. On ne cherche pas d’abord à stabiliser un cadre ; on cherche à obtenir des avantages : accès, concessions, achats, renoncements, ressources, obéissance, silence. L’imprévisibilité transforme la protection en service, l’alliance en facture, la souveraineté en option. Dans ce contexte, l’Europe est exposée à un piège spécifique : la tentation de l’obsession et de la surréaction. L’obsession, parce que l’adversaire n’attend qu’une chose : que le débat mondial ne parle que de lui, que tout le monde guette ses humeurs, que chaque déclaration devienne un sommet. La surréaction, parce que la provocation pousse l’autre à la faute. Et la fascination, enfin, sous ses deux formes : l’imitation de ceux qui rêvent d’être des « mini-trumps », et la soumission de ceux qui expliquent qu’il est trop tard, trop difficile, trop coûteux d’être indépendant. Or ce piège est mortel pour nous. Car si nous acceptons l’idée que « seule la force compte », nous nous condamnons à perdre, parce que l’Europe ne gagnera pas une compétition de brutalité entre empires. Notre force c’est la coalition, le marché, la durée, la norme, l’institution. Renoncer au droit au nom d’un réalisme de pacotille, c’est la capitulation qui se prend pour la lucidité. Le débat qui empoisonne tout – le droit ne sert plus, seule la force est crédible – est un faux dilemme. Oui, le droit sans moyens d’exécution est fragile. Mais la conclusion n’est pas « donc le droit est inutile ». La conclusion est « donc il faut des capacités ». Il faut cesser de traiter le droit comme un sermon, et recommencer à le penser comme une force organisée. La force du droit, cela signifie deux choses : la force mise au service de la règle, et la force contrôlée par la règle. Sans la première, nous prêchons. Sans la seconde, nous imitons l’arbitraire que nous prétendons combattre. À partir de là, la voie à suivre est connue. Elle est exigeante et politique. Elle est urgente. Première exigence : la discipline de l’action. Tant que nous répondrons à chaque provocation, nous nourrirons la machine. Il faut une règle simple, appliquée avec constance : ne répondre qu’aux actes. Sortir du temps réel. Répondre en paquets, avec sobriété et unité. Dire moins souvent, mais dire ensemble. Deuxième exigence : la régularité et la prévisibilité. Un système fondé sur le bon plaisir adore l’improvisation, l’accord au cas par cas, la crise fabriquée pour obtenir un geste. L’antidote est l’inverse : des seuils clairs et des réponses automatiques. Quand une coercition économique est déclenchée, la riposte doit être proportionnée mais certaine. Quand un chantage vise un État membre, la réponse doit être collective, immédiate, lisible. Troisième exigence : l’unité. Divisés, nous sommes des cibles ; unis, nous sommes une puissance. Tant que nos divergences s’exposeront en public, elles deviendront des leviers contre nous. Il faut donc un réflexe européen : une voix, une ligne, une chaîne de décision rapide, et des instruments communs mobilisables sans drame. Quatrième exigence : la souveraineté, non comme slogan, mais comme plan. Cela commence par un audit des dépendances, lucide, sans mensonge et sans pudeur : dépendances numériques, industrielles, énergétiques, technologiques, militaires, financières. Cela se poursuit par l’investissement dans des alternatives : non pas tout étatiser, non pas fermer nos frontières, mais mobiliser capital privé, commande publique, innovation, réglementation intelligente, préférence stratégique lorsque l’enjeu est vital. Et cela se programme dans le temps : maintenir l’existant tout en organisant un désengagement progressif. La souveraineté ne se décrète pas : elle se construit. Cinquième exigence : ne pas importer la maladie chez nous. Sous pression, la tentation est d’imiter l’arbitraire et l’exception permanente. Ce serait la défaite la plus grave, perdre dehors par dépendance et dedans par renoncement à l’État de droit. L’autorité, c’est la force encadrée. L’autoritarisme, la force sans limites. L’antidote ce n’est ni la flatterie, ni la bravade. La flatterie enferme dans la logique de cour. La bravade enferme dans la logique de l’escalade. L’antidote est une politique de maturité : lucidité sans cynisme, puissance sans arbitraire, souveraineté sans repli. On entend chez nous des voix assurées expliquer que le droit international ne serviraitplus à rien, que nous aurions « changé de monde », qu’il faudrait se convertir à la force comme unique horizon. Cette idée est fausse et elle est dangereuse. Fausse, parce que le droit continue d’organiser les coalitions, la durée, la réputation, la capacité à isoler une violation, la légitimité d’une riposte. Dangereuse, parce qu’elle valide précisément la doctrine d’impunité. Et surtout, suicidaire pour l’Europe, parce qu’elle nous fait abandonner notre avantage comparatif et accepter un monde où nous deviendrions une proie. Que l’Europe dise, d’une voix, ce qu’elle ne négociera pas : la souveraineté de ses États membres, l’intégrité de son marché, la protection de ses libertés, l’indépendance de ses décisions. Qu’elle dise aussi ce qu’elle construira : des capacités de défense, des chaînes industrielles robustes, une autonomie numérique, une sécurité énergétique, des instruments de riposte économique. Nous entrons dans un monde plus dangereux, dans lequel la pire erreur serait la fascination. C’est l’autre nom de la défaite : elle nous fait croire que le colosse est invincible, alors qu’il dépend de notre attention et de nos renoncements. Ou bien nous acceptons l’ordre du bon plaisir – c’est-à-dire la volatilité, la dépendance, la soumission, l’imitation – ou bien nous reconstruisons un ordre de règles communes. C’est une question de sécurité, de souveraineté et de civilisation. Dominique de Villepin - ©️ Donald Trump lors de l'édition précédente du Forum économique mondial de Davos. [Fabrice Coffrini / AFP]

2026-01-21 10:36 original

Intervention au Vénézuéla. Déclarations contradictoires sur l’Iran. Pressions ouvertes sur le Groenland. Chantage économique exercé sur l’Europe… Donald Trump est pris dans une fuite en avant dangereuse, intérieure et extérieure, au risque de graves déséquilibres. Il y a une vanité de la puissance américaine qui en limite considérablement la portée. Parce que la véritable puissance ne peut durablement se satisfaire d’une politique erratique du coup d’éclat permanent, de sidération et de prédation. Entretien du 18.01.26 sur @LCI

2026-01-21 10:35 original

Intervention au Vénézuéla. Déclarations contradictoires sur l’Iran. Pressions ouvertes sur le Groenland. Chantage économique exercé sur l’Europe… Donald Trump est pris dans une fuite en avant dangereuse, intérieure et extérieure, au risque de graves déséquilibres. Il y a une vanité de la puissance américaine qui en limite considérablement la portée. Parce que la véritable puissance ne peut durablement se satisfaire d’une politique erratique du coup d’éclat permanent, de sidération et de prédation. Entretien du 18.01.26 sur @lciofficiel

2026-01-20 10:00 original

Il ne faut pas tomber dans le piège : l’Administration Trump n’est pas engagée, sur la scène internationale, dans une marche triomphale. Partout le réel se rappelle à elle. Je connais bien le Venezuela. J’y ai grandi. Et je peux vous dire que Donald Trump n’a, à ce stade, marqué aucun point, au contraire. Il pense avoir fait main basse sur les ressources d’un pays et de son peuple. En réalité, il exacerbe le rejet de l’impérialisme américain. Entretien du 18.01.26 sur @LCI

2026-01-17 18:02 original

Pourquoi relire aujourd’hui Gérard de Nerval ? Pour résister au vacarme du monde, en revenant à l’un de ses textes les plus brûlants : Pandora. Dans un monde dicté par la vitesse, à l’heure des algorithmes, d’images toujours plus scandaleuses, d’une vérité toujours plus incertaine, Gérard de Nerval, trop souvent caricaturé, réduit à la folie, s’affirme au contraire comme un écrivain de la clairvoyance. Dans Pandora, la vérité ne tombe jamais d’un bloc. Elle se cherche, se retient, se livre par éclairs. Et l’ombre n’est pas un manque : c’est le lieu même où le sens prend profondeur. Mais cette forme sert un fond brûlant. Pandora parle de l’humiliation sociale, du théâtre du monde et de ses codes, de la dépendance au regard d’autrui, de la honte qui enferme. Nerval y montre une chose très moderne : quand le réel devient trop violent, il faut apprendre à le transformer, non pas pour fuir, mais pour respirer. Et l’on y gagne des boussoles simples, décisives : ne prenons jamais les mises en scène pour des vérités ; ne laissons pas le regard des autres obscurcir nos propres jugements ; ne laissons jamais la honte nous gouverner. Être humain, construire ensemble cette France humaniste à laquelle nous aspirons, c’est d’abord faire du chemin en soi et vers les autres.

2026-01-16 20:14 original no longer on X

Prenons le temps de faire du chemin avec Gérard de Nerval. Prenons le temps, dans un monde dicté par la vitesse des algorithmes, des vidéos toujours plus courtes, des images toujours plus scandaleuses, de la vérité toujours plus incertaine, de relire un auteur souvent caricaturé, réduit à la folie, alors qu’il est un auteur de la clairvoyance. Pour faire ensemble du chemin avec Nerval, je vous propose aujourd’hui de lire ou de relire Pandora. C’est une œuvre magnifique, qui parle de l’humiliation sociale, de la nécessité de s’élever, du regard parfois faussé de l’autre. Et elle nous donne des boussoles pour remédier aux duretés du monde : ne prenons jamais les mises en scène pour des vérités ; ne laissons pas le regard des autres obscurcir nos propres jugements ; ne laissons jamais la honte nous gouverner. Être humain, construire ensemble cette France humaniste, c’est d’abord faire du chemin en soi et vers les autres.

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2026-01-14 11:38 quote

@AlertesInfos Permettez moi de vous rappeler la position qui est la mienne : https://t.co/rlLbGi8fj4

2026-01-14 11:18 original

Il est urgent de donner au peuple Iranien les moyens de sa victoire Il faut le dire clairement : il faut souhaiter la chute rapide du régime des mollahs, à laquelle aspire le peuple iranien, martyrisé par un pouvoir d’une brutalité inouïe qui n’hésite pas aujourd'hui à tirer sur ses propres enfants. Mais c’est précisément parce que l’objectif est juste qu’il faut être intransigeant sur les moyens. L’intervention militaire est une impasse : on peut faire tomber le sommet du pouvoir sans construire la paix, et ouvrir la voie au chaos - ou à une confiscation par l’État profond, au premier rang duquel les Gardiens de la Révolution. Faut-il pour autant ne rien faire ? Non. Agir, oui. Mais frapper juste. D’abord, rendre la répression coûteuse : sanctions ciblées, appliquées et vérifiables contre la chaîne de commandement, les unités, les prisons, les circuits financiers et les technologies de surveillance. Ensuite, briser le huis clos : soutenir la capacité des Iraniens à témoigner et communiquer malgré le black-out, et documenter les crimes pour préparer les poursuites. Enfin, mobiliser le cadre international ne doit pas être une formule. Cela signifie : saisir d’urgence le Conseil de sécurité pour exiger des gestes immédiats et vérifiables -fin des tirs sur les civils, moratoire sur les exécutions, libération des détenus arbitraires, accès humanitaire et médical - et mettre chacun devant ses responsabilités. Cela signifie aussi renforcer les mécanismes d’enquête et de documentation afin d’identifier les chaînes de commandement et préparer les poursuites. L’objectif est simple : désescalader, protéger, documenter, et empêcher que l’avenir de l’Iran ne soit réglé par un marchandage entre puissances. Il faut, surtout, refuser l’instrumentalisation. Les agendas de Washington et ses alliés régionaux, de Moscou ou de Pékin ne sont pas ceux du peuple iranien. Une seule ligne doit tenir : l’avenir de l’Iran appartient aux Iraniens. À la France et à l’Europe d’être à la hauteur : agir, protéger, documenter, viser juste, refuser l’aventure et la confiscation. Dominique de Villepin - ©️ Protests in Iran (UGC/AFP)

2026-01-09 16:43 original

Le peuple iranien se trouve à un moment décisif. La République islamique, sclérosée, retranchée dans la répression et la violence, vacille davantage à chaque soubresaut. Le régime est aujourd’hui aux abois. C’est le fruit du courage d’un peuple qui, depuis 2008 avec la Révolution verte jusqu’au mouvement « Femme, vie, liberté » en 2022, n’a cessé de se lever pour défendre sa liberté. Depuis la vague de 2017-2018, et plus encore depuis novembre 2019, ce sursaut s’est encore approfondi : une cristallisation des forces de rejet du régime s’opère, à la fois dans le paysage économique, celui du travail, des commerçants, des entrepreneurs étouffés, des classes moyennes précarisées, et dans la société tout entière, des femmes aux étudiants, des minorités aux retraités. Les colères économiques, commerciales et sociales ont convergé avec l’exigence politique et morale : vivre libres, vivre dignes, vivre sans peur. Il convient d’abord de saluer ce courage et de condamner les nombreuses morts de manifestants, après l’accélération des exécutions sommaires au cours des derniers mois. Nul ne peut regarder ailleurs lorsque la peine capitale devient un instrument de gouvernement. Je veux rendre hommage, d’abord aux femmes iraniennes, celles qui, visage découvert, ont affronté la peur, la prison, la violence. La mort de Mahsa Amini, en détention, a cristallisé une vérité que nul ne pourra effacer: un pouvoir qui tue l’innocence se condamne lui-même. On ne peut priver le peuple de son combat en s’appropriant ses victoires à venir, tôt ou tard,  comme tentent de le faire certains gouvernements : ce serait fragiliser par avance la démocratie future et en faire l’otage de volontés extérieures. L’Iran n’est pas un théâtre d’ombres où les puissances pourraient projeter leurs rivalités. Dans ce contexte, certains évoquent, parfois à mots couverts, la tentation d’une action militaire extérieure. Prétendre frapper le régime en affirmant ne pas porter atteinte au peuple, sans stratégie crédible de protection des civils, sans prise en compte des intérêts concrets des Iraniens et sans horizon politique conforme à leurs aspirations, est une illusion. L’expérience des ingérences extérieures, depuis la Libye de 2011, nous a appris qu’on peut renverser un régime sans construire la paix, et qu’alimenter le feu au nom du bien finit souvent par livrer les peuples au pire. Refuser l’aventure n’est pas s’abstenir: c’est choisir l’efficacité. Cela suppose d’exercer une pression ciblée sur l’appareil répressif et ses responsables, sans punir indistinctement la population, de soutenir concrètement les voix de la société civile, et de travailler sans relâche à un cadre politique qui protège les Iraniens au lieu de les exposer. On ne peut oublier que, même si la République islamique venait à chuter, cela ne signifierait pas encore la fin des Gardiens de la Révolution, véritable État dans l’État, surarmés et sans scrupules. Les risques d’une guerre civile longue et douloureuse, d’un démantèlement de l’unité iranienne et d’un programme nucléaire potentiellement hors de contrôle doivent être pleinement pris en compte. Le devoir de la communauté internationale est d’anticiper ces risques : sécuriser les conditions d’une transition ; empêcher la fragmentation ; garantir que l’avenir ne soit pas confisqué par la force armée. On ne peut oublier non plus la situation de nos otages en Iran, Cécile Kohler et Jacques Paris, durement éprouvés, retenus dans une situation précaire, et dont nous attendons avec impatience le retour en France. Le durcissement du régime fait peser des menaces évidentes sur leur sécurité. Enfin, il faut regarder en face les tentations d’instrumentalisation qui menacent de tous côtés : celles de l’escalade régionale et des calculs de puissance de Washington, celles aussi des intérêts sécuritaires et militaires de Moscou, celles des intérêts énergétiques de Pékin. À chacun, il faut dire la même chose : l’avenir de l’Iran n’appartient ni aux blocs, ni aux deals, ni aux proxys ; il appartient aux Iraniens. En raison de ces risques multiples, c’est dès lors au Conseil de sécurité des Nations unies, et tout particulièrement, à ses cinq membres permanents, de se réunir d’urgence au chevet de l’Iran pour chercher en commun les solutions d’une transition pacifique et négociée, au seul nom des intérêts du peuple iranien. Cette réunion doit déboucher sur un chemin praticable : un cadre international de désescalade ; une exigence de fin de la répression et de libération des détenus arbitraires ; des garanties d’unité territoriale et de non-prolifération au service d’une sécurité régionale durable ; et la désignation d’un médiateur mandaté par l’ONU, capable d’ouvrir un espace de négociation sans confisquer la parole des Iraniens. C’est ainsi, par la fermeté sur les principes et la constance dans l’action, que l’on peut avancer, éviter le pire, et répondre enfin aux aspirations du peuple iranien. Dominique de Villepin - ©️ Manifestation à Bandar-e Anzali, dans le nord de l’Iran, le jeudi 8 janvier 2026. Vahid Online via Telegram.