27 Juillet 2025, Jour de la Déclaration de Dépendance européenne. 1. Un traité inégal où l’un paye des droits de douane à hauteur de 15% mais l’autre aucun. Comment ne pas appeler cela un tribut ? 2. Un accord d’investissement de 600 milliards de dollars à sens unique mais qui coûtera combien d’emplois à l’Europe ? 3. Une vente forcée de 750 milliards de dollars d’énergie, mais avec quel impact sur la souveraineté énergétique européenne et la décarbonation et notamment l’objectif du net zéro ? Il est illusoire de croire que Donald Trump arrêtera là ses revendications face à une Europe dont il méprise la souveraineté. Il est tout aussi illusoire de croire qu’un futur président américain plus raisonnable reviendra sans contreparties supplémentaires sur l’aubaine de ces droits de douane une fois acceptés. Dominique de Villepin Crédit photo : Evelyn Hockstein / REUTERS
Dominique de Villepin
Ancien Premier ministre de la République française
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Jacques Chirac face à l’attentat du 25 juillet 1995 à Paris. Entretien du 06.07.25 dans @legendmediafr https://t.co/WkxvmnVzbO
APRÈS LA NÉCESSITÉ DE LA RECONNAISSANCE DE L’ÉTAT PALESTINIEN, MAINTENANT LE DEVOIR D’AGIR ET DE PROTÉGER La décision annoncée ce soir par le Président de la République, de reconnaître officiellement l’État de Palestine lors de la prochaine Assemblée générale des Nations unies en septembre, est historique, attendue et courageuse. Elle honore nos valeurs universelles, mais elle nous oblige immédiatement à agir. Face à la tragédie humanitaire qui frappe aujourd’hui Gaza, la France doit désormais se montrer cohérente, fidèle à elle-même et prendre ses responsabilités. Gaza est un territoire martyrisé depuis trop longtemps, où près de deux millions d’hommes, de femmes et d’enfants sont pris au piège, soumis à la faim, à la soif, privés d’accès aux soins médicaux élémentaires. Cette urgence absolue ne peut attendre. La famine qui menace Gaza impose un devoir impératif à notre pays, attaché depuis toujours aux droits humains et à la responsabilité de protéger les populations civiles menacées. La France devrait donc prendre immédiatement l’initiative d’une vaste opération humanitaire internationale visant à acheminer directement à Gaza des vivres, des médicaments et du matériel médical d’urgence. Pour cela, la France devrait sans délai informer le Conseil de sécurité de l’ONU et saisir en parallèle l’Assemblée générale des Nations unies, afin de garantir la légitimité internationale indispensable à cette opération humanitaire urgente. Elle devrait inviter tous les États, européens et non européens, qui partagent cette exigence morale et cette volonté d’action concrète à rejoindre une large coalition de volontaires. Le moment est venu pour la France de renouer avec sa vocation universelle, avec l’esprit d’indépendance, de responsabilité et d’initiative diplomatique qui constitue le cœur de son identité. Nous ne pouvons plus nous contenter de mots ou d’appels sans lendemain. Il est temps de démontrer concrètement au peuple palestinien à Gaza que la reconnaissance d’un État ne sera pas seulement symbolique, mais qu’elle s’accompagnera d’un engagement réel, tangible et immédiat en faveur de leur dignité humaine et de leur droit à vivre décemment. Cette initiative humanitaire que la France devrait mener, ouverte à tous les États volontaires, serait le signe fort du retour de notre pays à sa vocation de puissance médiatrice et solidaire, capable d’entraîner les nations sur la voie de l’action humanitaire et de la solidarité internationale. La France a rendez-vous avec elle-même, avec son histoire et avec son honneur. Dominique de Villepin
LA MORT EST DÉSORMAIS LE SEUL MAÎTRE DE GAZA Jour après jour, à Gaza, le bilan s’alourdit inexorablement : dix morts vendredi, vingt-six samedi, quatre-vingt-treize dimanche. Ce n’est plus simplement une guerre, mais une tragédie humaine et une descente aux enfers où toute une population est prise au piège, soumise à un choix impossible entre mourir de faim ou périr sous les tirs incessants de l’armée. Depuis plus de vingt mois, Gaza subit un déluge de feu en réponse à l’attaque terroriste du Hamas qui coûta la vie à plus de mille deux cents Israéliens en octobre 2023 et fit deux cents cinquante et un otages, dont une cinquantaine demeurent toujours captifs, parmi lesquels vingt seraient encore en vie. En réponse à cette horreur initiale, près de soixante mille Palestiniens ont péri sous les bombardements israéliens. Cette spirale aveugle de représailles et de souffrances humaines marque à jamais le visage de notre époque. Ces répercussions internationales provoquent des conséquences qui pourraient devenir irréversibles dans la vie commune de millions de femmes et d’hommes si nous n’agissons pas. En France, l’antisémitisme ressurgit dangereusement, instrumentalisé par les forces de la division qui cherchent partout à fracturer les nations et les peuples. Dans un même mouvement, des milliers de femmes et d’hommes de confession musulmane sont victimes d’une stigmatisation qui ne fait que s’amplifier. Partout les citoyens sont les victimes collatérales d’une guerre qui n’en finit plus de créer du désastre et de la désolation. Et pendant que nous nous querellons, pris dans l’engrenage dramatique de la haine et de la division, des femmes et des hommes continuent de mourir aux portes de la Méditerranée. La Fondation humanitaire de Gaza (GHF), créée conjointement par Israël et les États-Unis, s’est rapidement révélée être un piège cruel. L’aide humanitaire, qui avance masquée, se distribue sous la menace constante d’une force militaire omniprésente, où chaque tentative désespérée d’obtenir de la nourriture peut signifier une condamnation à mort. Selon l’ONU, en deux mois seulement, près de mille Gazaouis ont été tués alors qu’ils tentaient simplement d’accéder aux produits essentiels pour continuer à vivre. Entourés de barbelés et gardés par des soldats lourdement armés, les centres de distribution se transforment en pièges mortels. Le dilemme tragique des Gazaouis – secourir un blessé ou récupérer un simple sac de farine – témoigne crument des conditions inhumaines auxquelles ils sont soumis chaque jour. Peu à peu, les voix des derniers journalistes locaux s’éteignent, eux qui s’efforcent malgré tout de rapporter la vérité au monde, exposés quotidiennement à des tirs ciblés et à des arrestations arbitraires. L’Agence France-Presse elle-même sonne l’alarme sur le sort de ses correspondants locaux : « leur vie est en danger », alerte-t-elle, impuissante, prenant la difficile décision d’organiser l’évacuation de ses collaborateurs dans une période où nous avons pourtant tellement besoin de savoir. Chaque jour, les dirigeants internationaux affichent leur impuissance, voire leur indifférence. Par son immobilisme et son quasi-mutisme, l’Union européenne trahit les principes fondamentaux sur lesquels elle a été bâtie, restant sourde aux appels pressants des consciences les plus respectées, à commencer par celui du pape Léon XIV exigeant « un arrêt immédiat de la barbarie de cette guerre ». Ecoutons Elie Barnavi quand il nous met en garde : « Si on n’arrête pas Benyamin Netanyahou », « on se sera rendu coupable d’un crime de guerre et d’un crime contre l’humanité massif ». Ecoutons les voix qui se lèvent en Israël même. D’autant que chez nous, les rares initiatives diplomatiques s’enlisent. Ainsi, la conférence franco-saoudienne prévue à la fin du mois de juillet, qui devait initialement être présidée au plus haut niveau pour soutenir la reconnaissance de l’État palestinien, a été réduite à une simple réunion vice-ministérielle. Pourtant, la France s’est jointe à vingt-quatre autres pays pour demander immédiatement un cessez-le-feu et la libération des otages. Nous devons soutenir fermement cette initiative. Notre responsabilité morale est pleinement engagée. Nous devons exiger l’ouverture sans attendre de corridors humanitaires sécurisés sous contrôle international, conditionnant tout soutien à Israël au respect strict et absolu du droit humanitaire international. Enfin, je renouvelle ici mon appel à ouvrir les portes de Gaza aux journalistes étrangers. Le monde entier a plus que jamais le droit et le devoir de savoir. Face à cette tragédie, un seuil moral, politique et historique a été franchi. Nous sommes désormais confrontés, devant un peuple sidéré, à une mécanique privée de tout garde-fou : autant du sens des responsabilités d’un chef de gouvernement digne de ce nom, que du sens de la mesure de partis politiques démocratiques, comme de la fidélité au droit international de ses alliés occidentaux, et du courage et de la vigilance de chacune et chacun à travers le monde, devant les atteintes intolérables au droit humain. Jusqu’à quel point allons-nous accepter l’inacceptable ? Jusqu’à quel degré d’inhumanité devrons-nous descendre avant que notre conscience collective ne se réveille ? À ce stade, l’affaire n’est pas de mots : « crime contre l’humanité », « génocide », « nettoyage ethnique »,pas même d’un poids de chair et de sang, mais d’âme, d’humanité, quand tous seuils franchis, on se trouve confronté à l’injustifiable, à l’innommable. Face à cette urgence absolue, d’une lueur à sauver au fond de chacun de nous, nous devons retrouver la force morale de dire « non », avec fermeté, dignité et courage, à cette horreur qui se déroule sous nos yeux. Nous devons enfin nous engager sur le chemin de la reconnaissance d’un Etat palestinien parce que, face au terrorisme islamiste du Hamas comme au messianisme ultrareligieux d’une partie du gouvernement israélien, la réponse ne peut être que politique dans l’affirmation d’un principe, du droit et de la justice. Si nous échouons à garantir la vie et la dignité du peuple de Gaza, c’est notre propre humanité que nous condamnons. Dominique de Villepin Crédits : AP Photo - Jehad Alshrafi
Il n’est pas acceptable que la seule donnée provisoire et précaire soit la santé des Françaises et des Français. Il est temps de sortir complètement de cette logique mortifère et d’entrer dans une logique de transition articulant les besoins économiques de la filière avec les impératifs de la transformation écologique, dans une logique de planification, de concertation et de négociation collective pour un nouvel élan agricole aussi important que le remembrement engagé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Ni rabot ni tronçonneuse : le XXIème siècle devra être celui de l’espoir. Le Vieux Monde est partout. Sur l’écologie, nous l’avons dit. Il rôde, nous l’avons vu cette semaine, sur les finances publiques aussi. Quelques jours après la proposition d’un plan pluriannuel de redressement des finances publiques, qu’a-t-on observé ? Un gouvernement sortant des tiroirs toutes les vieilles solutions, tous les vieux arguments, toutes les vieilles justifications, celles-là mêmes qui nous ont conduits en l’espace d’un demi-siècle à une dette toujours plus élevée et mis à la merci de la prochaine crise financière, sanitaire ou écologique. Après le rabot, après la tronçonneuse, on a fait le choix cette fois-ci de la casse automobile en comprimant de force et à l’aveuglette les dépenses au niveau de l’année précédente. Jamais on ne réussira à fixer un cap en collant des rustines sur des pneus crevés. Comment ne pas se rendre compte que c’est de méthode même qu’il faut changer, que le déficit n’est pas la faute des Français, mais le signe d’une politique à laquelle ils refusent désormais de consentir ? Et pourtant, d’élection en élection, le vieux monde renouvelle les mêmes promesses de baisses d’impôts des uns, les mêmes promesses de hausses des dépenses des autres, avec pour aboutissement identique l’aggravation systématique de la dette. Et pourtant, les « comptes de fées » publics ne meurent jamais : le ruissellement de la richesse prôné par les uns doit résorber le déficit des baisses d’impôts des plus riches ; la politique de l’offre des autres doit compenser par la compétitivité les baisses massives de charges ; le choc de demande doit rembourser par la croissance la hausse des dépenses sociales. À chaque fois que l’un de ces mythes concurrents mais complémentaires est démenti, on nous dit que c’est parce qu’on n’y a pas cru assez fort. Le déficit, plus simplement, c’est le prix du vieux monde, le symptôme de l’injustice, de la confusion et de la perte de l’intérêt général. Il est temps de nous libérer de lui et d’ouvrir une nouvelle page politique, fondée sur la défense des seuils, la transformation volontaire et ambitieuse de notre pays pour affronter en toute indépendance le monde de demain. Il est temps d’entrer enfin dans le XXIème siècle. (2/2) Dominique de Villepin.
Rentrons enfin dans le XXIème siècle. « Cours, camarade, le vieux monde est derrière toi ! » Il n’a pas fini de courir et il nous pousse devant lui, toujours un peu plus loin vers l’abîme, vers la catastrophe, vers l’absurde. C’est le vieux monde qui nous pousse dans les bras des empires, c’est lui qui nous condamne à la destruction planétaire, c’est lui qui nous enferme dans des identités toujours plus étroites. Qu’on se le dise, nous ne sommes pas encore rentrés dans le XXIème siècle. Partout où nous regardons, et même s’il tente parfois de se travestir en Nouveau Monde, c’est le même cycle qui se perpétue et qui s’aggrave. À quoi le reconnaître ? Il est paradoxal, justifiant toujours ses demandes par l’échec passé des mêmes demandes. Il est binaire, incapable de se tenir sur le seuil où plusieurs réalités peuvent, un certain temps, coexister. Il est brutal, préférant toujours trancher plutôt que préserver, passer en force plutôt que réunir, parler plutôt qu’écouter. L’écologie en est un cruel révélateur. À l’heure où l’humanité entière a déjà devant les yeux les dangers à venir, chaque jour est l’occasion de spectaculaires reniements. En Europe, en France, ce sont des dizaines de petits reculs et de coups de canifs qui menacent. Contre la loi Duplomb, plus d’un million de Français se sont mobilisés, plus d’un million de Français ont exprimé leur inquiétude en un temps record. A minima exprimé leur incompréhension après des années d’interdiction en observant ce revirement comme un reniement. Cette loi est une loi du vieux monde. Perpétuer, en guise de sauve-qui-peut économique de la filière agricole, ce même modèle intensif en produits chimiques qui a conduit à sa situation actuelle. Brutaliser, dans sa manière de s’imposer au Parlement. Cliver, polariser, binariser dans son approche de la société française, opposant absurdement les agriculteurs, imaginés tout d’un bloc, aux défenseurs de l’environnement, eux aussi réduits à la caricature. L’Ancien Monde a creusé de trop nombreuses fractures, et ces stériles oppositions instrumentalisées par les responsables politiques ne sont pas à la hauteur des défis. Au XXIème siècle, il est temps de faire advenir l’ère de la réconciliation. Nous avons des indices significatifs de risques potentiels graves sur la santé humaine, sans compter les risques avérés de contribution à l’effondrement de la biodiversité, mais nous n’avons pas, comme le dit l’ANSES, d’études quantitatives suffisantes pour prouver les effets sur la santé. Voilà qui est déjà très différent de conclure « à l’absence de conséquences de l’acétamipride sur la santé humaine ». C’est une lecture erronée qui n’élève pas le débat. Qui ne le permet même pas. Le XXIème siècle devra être celui du respect des seuils. Nous entrevoyons suffisamment les dangers, mais ne les cernons pas encore pleinement. Alors que faire ? Attendre les malformations et les morts et traîner plus tard en justice ceux qui auront plaidé l’innocuité ? Ça, ce n’est pas de la politique. La politique exige de créer un cadre pour vivre sur ce seuil. Une règle simple : passé un certain nombre de signaux d’alerte scientifiques, à la demande du gouvernement, du parlement ou de pétitions citoyennes, une procédure de sauvegarde est engagée. Blocage temporaire de la circulation de produits potentiellement dangereux, évaluation immédiate des coûts économiques de ce blocage, et une agence nationale telle que l’ANSES pour délivrer un avis scientifique décidant des phases ultérieures, nouvelle autorisation ou interdiction définitive. (1/2)
Il n’est pas acceptable que la seule donnée provisoire et précaire soit la santé des Françaises et des Français. Il est temps de sortir complètement de cette logique mortifère et d’entrer dans une logique de transition articulant les besoins économiques de la filière avec les impératifs de la transformation écologique, dans une logique de planification, de concertation et de négociation collective pour un nouvel élan agricole aussi important que le remembrement engagé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Ni rabot ni tronçonneuse : le XXIème siècle devra être celui de l’espoir. Le Vieux Monde est partout. Sur l’écologie, nous l’avons dit. Il rôde, nous l’avons vu cette semaine, sur les finances publiques aussi. Quelques jours après la proposition d’un plan pluriannuel de redressement des finances publiques, qu’a-t-on observé ? Un gouvernement sortant des tiroirs toutes les vieilles solutions, tous les vieux arguments, toutes les vieilles justifications, celles-là mêmes qui nous ont conduits en l’espace d’un demi-siècle à une dette toujours plus élevée et mis à la merci de la prochaine crise financière, sanitaire ou écologique. Après le rabot, après la tronçonneuse, on a fait le choix cette fois-ci de la casse automobile en comprimant de force et à l’aveuglette les dépenses au niveau de l’année précédente. Jamais on ne réussira à fixer un cap en collant des rustines sur des pneus crevés. Comment ne pas se rendre compte que c’est de méthode même qu’il faut changer, que le déficit n’est pas la faute des Français, mais le signe d’une politique à laquelle ils refusent désormais de consentir ? Et pourtant, d’élection en élection, le vieux monde renouvelle les mêmes promesses de baisses d’impôts des uns, les mêmes promesses de hausses des dépenses des autres, avec pour aboutissement identique l’aggravation systématique de la dette. Et pourtant, les « comptes de fées » publics ne meurent jamais : le ruissellement de la richesse prôné par les uns doit résorber le déficit des baisses d’impôts des plus riches ; la politique de l’offre des autres doit compenser par la compétitivité les baisses massives de charges ; le choc de demande doit rembourser par la croissance la hausse des dépenses sociales. À chaque fois que l’un de ces mythes concurrents mais complémentaires est démenti, on nous dit que c’est parce qu’on n’y a pas cru assez fort. Le déficit, plus simplement, c’est le prix du vieux monde, le symptôme de l’injustice, de la confusion et de la perte de l’intérêt général. Il est temps de nous libérer de lui et d’ouvrir une nouvelle page politique, fondée sur la défense des seuils, la transformation volontaire et ambitieuse de notre pays pour affronter en toute indépendance le monde de demain. Il est temps d’entrer enfin dans le XXIème siècle. Dominique de Villepin.
Il n’est pas acceptable que la seule donnée provisoire et précaire soit la santé des Françaises et des Français. Il est temps de sortir complètement de cette logique mortifère et d’entrer dans une logique de transition articulant les besoins économiques de la filière avec les impératifs de la transformation écologique, dans une logique de planification, de concertation et de négociation collective pour un nouvel élan agricole aussi important que le remembrement engagé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Ni rabot ni tronçonneuse : le XXIème siècle devra être celui de l’espoir. Le Vieux Monde est partout. Sur l’écologie, nous l’avons dit. Il rôde, nous l’avons vu cette semaine, sur les finances publiques aussi. Quelques jours après la proposition d’un plan pluriannuel de redressement des finances publiques, qu’a-t-on observé ? Un gouvernement sortant des tiroirs toutes les vieilles solutions, tous les vieux arguments, toutes les vieilles justifications, celles-là mêmes qui nous ont conduits en l’espace d’un demi-siècle à une dette toujours plus élevée et mis à la merci de la prochaine crise financière, sanitaire ou écologique. Après le rabot, après la tronçonneuse, on a fait le choix cette fois-ci de la casse automobile en comprimant de force et à l’aveuglette les dépenses au niveau de l’année précédente. Jamais on ne réussira à fixer un cap en collant des rustines sur des pneus crevés. Comment ne pas se rendre compte que c’est de méthode même qu’il faut changer, que le déficit n’est pas la faute des Français, mais le signe d’une politique à laquelle ils refusent désormais de consentir ? Et pourtant, d’élection en élection, le vieux monde renouvelle les mêmes promesses de baisses d’impôts des uns, les mêmes promesses de hausses des dépenses des autres, avec pour aboutissement identique l’aggravation systématique de la dette. Et pourtant, les « comptes de fées » publics ne meurent jamais : le ruissellement de la richesse prôné par les uns doit résorber le déficit des baisses d’impôts des plus riches ; la politique de l’offre des autres doit compenser par la compétitivité les baisses massives de charges ; le choc de demande doit rembourser par la croissance la hausse des dépenses sociales. À chaque fois que l’un de ces mythes concurrents mais complémentaires est démenti, on nous dit que c’est parce qu’on n’y a pas cru assez fort. Le déficit, plus simplement, c’est le prix du vieux monde, le symptôme de l’injustice, de la confusion et de la perte de l’intérêt général. Il est temps de nous libérer de lui et d’ouvrir une nouvelle page politique, fondée sur la défense des seuils, la transformation volontaire et ambitieuse de notre pays pour affronter en toute indépendance le monde de demain. Il est temps d’entrer enfin dans le XXIème siècle.
Rentrons enfin dans le XXIème siècle. « Cours, camarade, le vieux monde est derrière toi ! » Il n’a pas fini de courir et il nous pousse devant lui, toujours un peu plus loin vers l’abîme, vers la catastrophe, vers l’absurde. C’est le vieux monde qui nous pousse dans les bras des empires, c’est lui qui nous condamne à la destruction planétaire, c’est lui qui nous enferme dans des identités toujours plus étroites. Qu’on se le dise, nous ne sommes pas encore rentrés dans le XXIème siècle. Partout où nous regardons, et même s’il tente parfois de se travestir en Nouveau Monde, c’est le même cycle qui se perpétue et qui s’aggrave. À quoi le reconnaître ? Il est paradoxal, justifiant toujours ses demandes par l’échec passé des mêmes demandes. Il est binaire, incapable de se tenir sur le seuil où plusieurs réalités peuvent, un certain temps, coexister. Il est brutal, préférant toujours trancher plutôt que préserver, passer en force plutôt que réunir, parler plutôt qu’écouter. L’écologie en est un cruel révélateur. À l’heure où l’humanité entière a déjà devant les yeux les dangers à venir, chaque jour est l’occasion de spectaculaires reniements. En Europe, en France, ce sont des dizaines de petits reculs et de coups de canifs qui menacent. Contre la loi Duplomb, plus d’un million de Français se sont mobilisés, plus d’un million de Français ont exprimé leur inquiétude en un temps record. A minima exprimé leur incompréhension après des années d’interdiction en observant ce revirement comme un reniement. Cette loi est une loi du vieux monde. Perpétuer, en guise de sauve-qui-peut économique de la filière agricole, ce même modèle intensif en produits chimiques qui a conduit à sa situation actuelle. Brutaliser, dans sa manière de s’imposer au Parlement. Cliver, polariser, binariser dans son approche de la société française, opposant absurdement les agriculteurs, imaginés tout d’un bloc, aux défenseurs de l’environnement, eux aussi réduits à la caricature. L’Ancien Monde a creusé de trop nombreuses fractures, et ces stériles oppositions instrumentalisées par les responsables politiques ne sont pas à la hauteur des défis. Au XXIème siècle, il est temps de faire advenir l’ère de la réconciliation. Nous avons des indices significatifs de risques potentiels graves sur la santé humaine, sans compter les risques avérés de contribution à l’effondrement de la biodiversité, mais nous n’avons pas, comme le dit l’ANSES, d’études quantitatives suffisantes pour prouver les effets sur la santé. Voilà qui est déjà très différent de conclure « à l’absence de conséquences de l’acétamipride sur la santé humaine ». C’est une lecture erronée qui n’élève pas le débat. Qui ne le permet même pas. Le XXIème siècle devra être celui du respect des seuils. Nous entrevoyons suffisamment les dangers, mais ne les cernons pas encore pleinement. Alors que faire ? Attendre les malformations et les morts et traîner plus tard en justice ceux qui auront plaidé l’innocuité ? Ça, ce n’est pas de la politique. La politique exige de créer un cadre pour vivre sur ce seuil. Une règle simple : passé un certain nombre de signaux d’alerte scientifiques, à la demande du gouvernement, du parlement ou de pétitions citoyennes, une procédure de sauvegarde est engagée. Blocage temporaire de la circulation de produits potentiellement dangereux, évaluation immédiate des coûts économiques de ce blocage, et une agence nationale telle que l’ANSES pour délivrer un avis scientifique décidant des phases ultérieures, nouvelle autorisation ou interdiction définitive.
Sur la Loi Duplomb Aujourd’hui, 700 000 citoyennes et citoyens ont dit non. Non à la loi Duplomb, adoptée sans réflexion et sans concertation. Une loi dangereuse pour notre environnement, dangereuse pour la santé des Français et qui éloigne notre pays d’un modèle agricole protecteur des agriculteurs comme de notre environnement. Alors que la droite s’allie à l’extrême droite, il nous faut, plus que jamais, entendre l’aspiration légitime de millions de nos concitoyens. Entendre les agriculteurs, qui voient leurs cultures dépérir face à la concurrence déloyale et au dumping social et environnemental. Et qui observent, médusés et en colère, la Commission européenne oser proposer une baisse de 20 % du budget de la politique agricole commune, qui entraînerait la ruine de milliers de nos compatriotes. Entendre les consommateurs, qui ne veulent plus nourrir leurs enfants avec des produits remplis de néonicotinoïdes et d’autres pesticides destructeurs. Pour qui la santé ne devrait pas être un luxe mais un droit fondamental dans un pays aussi riche que le nôtre. Agriculteurs, consommateurs : les uns comme les autres sont les victimes d’un système qui broie et qui épuise les ressources comme les femmes et les hommes. Un autre chemin est possible. Nous avons le pouvoir de dire non. Mais pour cela, il nous faut des responsables politiques à la hauteur de leur devoir historique. Monsieur le Président de la République, vous avez le pouvoir de ne pas promulguer cette loi. Monsieur le Premier ministre, vous avez le devoir d’écouter les associations écologistes et de travailler avec votre Gouvernement pour imaginer une loi de réconciliation plutôt qu’une loi de fracture. Madame la Présidente de l’Assemblée nationale, vous avez l’opportunité d’inscrire rapidement à l’ordre du jour de votre institution un débat sur la pétition déjà signée par plus d’un demi-million de Françaises et de Français, et qui continue de progresser. Il en va de la souveraineté de notre modèle agricole. Il en va de la protection de notre environnement. Il en va de la santé de tous les Français. Dominique de Villepin
Le Plan Bayrou du 15 juillet 2025. https://t.co/7Y55sAOSzU
Le plan Bayrou du 15 juillet 2025. https://t.co/GjrGQUYOzp
Le Plan Bayrou. 15 juillet 2025. https://t.co/hDxfmpbHzS
« La diplomatie française doit être un bouclier pour nos compatriotes. Elle doit unir et protéger les Français plutôt que les diviser. » Entretien du 06.07.25 dans @legendmediafr https://t.co/l4SzptRLkK
« La vie, c’est de trouver le mot juste au moment juste. De trouver le geste juste au moment juste. » Entretien du 29.06.25 avec Les Lueurs https://t.co/FwIytS1opB
« La France est toujours la France. Elle n’est pas l’obligée de Monsieur Trump. » Entretien du 25.06.25 dans @Qofficiel https://t.co/AJOU38Ixez
« Entre la France et l’Algérie, la solution ne pourra être trouvée que par la politique et la diplomatie » Entretien du 09.07.25 sur @FRANCE24 https://t.co/VMvgZRhGWU
C’est un vieux pays qui ne ressemble à aucun autre. Une République qui traverse les siècles et les âges, qui surmonte dans l'unité les épreuves et les divisions. Un peuple libre, singulier, fidèle à son histoire plurielle et fier de son avenir. Aujourd'hui nous célébrons la France, parce que nous l’aimons, parce que nous voulons la défendre et parce que nous voulons ensemble continuer à la faire vivre, forte, indépendante, debout. Bonne fête nationale à toutes et à tous. Dominique de Villepin - Fête du 30 juin 1878 - Claude Monet | Musée d'Orsay
C’est un vieux pays qui ne ressemble à aucun autre. Une République qui traverse les siècles et les âges, qui surmonte dans l'unité les épreuves et les divisions. Un peuple libre, singulier, fidèle à son histoire plurielle et fier de son avenir. Aujourd'hui nous célébrons la France, parce que nous l’aimons, parce que que nous voulons la défendre et parce que nous voulons ensemble continuer à la faire vivre, forte, indépendante, debout. Bonne fête nationale à toutes et à tous. Dominique de Villepin - Fête du 30 juin 1878 - Claude Monet | Musée d'Orsay
C’est un vieux pays qui ne ressemble à aucun autre. Une République qui traverse les siècles et les âges, qui surmonte dans l'unité les épreuves et les divisions. Un peuple libre, singulier, fidèle à son histoire plurielle et fier de son avenir. Aujourd'hui nous célébrons la France, parce que nous l’aimons, parce que que nous voulons la défendre et parce que nous voulons ensemble continuer à la faire vivre, forte, indépendante, debout. Bonne fête nationale à toutes et à tous. Dominique de Villepin
C’est un vieux pays qui ne ressemble à aucun autre. Une République qui traverse les siècles et les âges, qui surmonte dans l'unité les épreuves et les divisions. Un peuple libre, singulier, fidèle à son histoire plurielle et fier de son avenir. Aujourd'hui nous célébrons la France, parce que nous l’aimons, parce que que nous voulons la défendre et parce que nous voulons ensemble continuer à la faire vivre, forte, indépendante, debout. Bonne fête nationale à toutes et à tous. Dominique de Villepin
« Les médias français sont tenus par 10 milliardaires : nous revendiquons notre droit au pluralisme et à la liberté ! » Entretien du 06.07.25 chez @LCI https://t.co/mExGnBir0n
« Bien sûr que le monde peut retrouver l’harmonie. Mais j’alerte : la guerre n’est jamais le chemin le plus court vers la paix. » Entretien du 6 juillet dans @legendmediafr https://t.co/gHYOnrC02o
« Pour répondre aux Français, une seule exigence : remettre la Justice sociale au cœur de tout. » Entretien du 6 juillet 2025 sur @LCI https://t.co/oJPafOL94D
Olivier Marleix était une voix. Libre. Indépendante. Singulière. Courageuse. Il n'était guidé que par une boussole : celle de servir son pays, au nom de la République et de l'intérêt général. Je pense à ses proches, à son père, et à la famille gaulliste qui perd l'une de ses lumières farouches. Dominique de Villepin