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Dominique de Villepin

176,796 followers 191 following 1,508 tweets on X 1,023 archived Paris, France joined 2009-04-07

Ancien Premier ministre de la République française

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2026-08-03 18:50 original

L’attalisme est donc un autoritarisme subversif et surexcité. Voilà ce que l’on apprend dans son entretien en une du JDD - drôle de choix estival pour livrer son programme sur des sujets aussi importants que la justice, la sécurité ou l'immigration quand on connaît les options politiques de ce média. L’attalisme est donc au droit constitutionnel ce que la musculation est à l’athlétisme. Subversif d’abord, parce qu’il ne croit pas aux règles. Quand certains veulent aller à 50, ou d’autres à 80 (Édouard Philippe aura compris le clin d’œil amical), lui jure qu’il ira à 140. Il nous promet de ne pas respecter les limitations de vitesse. Ce n’est pas anecdotique mais un mépris fondamental des codes. Il veut nous libérer du code de la route (qui sauve des milliers de vies chaque année) comme il voudrait nous libérer du droit international qui ne sert que les méchants ou du droit du travail qui empêche paraît-il le droit au travail. Autoritarisme car ces propositions ouvrent à une pratique très verticale d’une présidence de la République déjà profondément désaxée par dix ans de macronisme. En cela il est bien le premier et peut être le dernier de ses apôtres. Des référendums à choix multiples ? On ne sait trop ce qu’il faut entendre par là, mais cela semble dessiner le renoncement au fait majoritaire. Un président pourra gouverner sans Parlement en s’appuyant sur une minorité solide dans le pays, s’imposant à la majorité. Il y a là une certaine créativité ! Un « spoils system » à la française? Politiser encore davantage la haute administration alors que la fonction publique, à tous les niveaux, est ce qui tient encore le pays ensemble avec les services publics? Quelle tentation d’apprenti sorcier. D’autant que le système américain et les nominations de Donald Trump sont un éclatant gage de succès. Le Président de la République française pratique d’ailleurs lui aussi le jeu des dépouilles au sens strict depuis un an avec des nominations de complicité à la Cour des comptes, à la Banque de France ou comme Défenseur des droits. On en voudrait donc encore plus ? 100000 fonctionnaires en moins, c’est le vestige d’un sarkozo-macronisme historique. Le plaisir de répéter avec dévotion des politiques qui n’ont pas marché mais qui ont, il est vrai, rapporté des voix. Immature et même surexcité enfin parce que ces mesures bricolées laissent dubitatif sur bien des points. C’est un fantasme d’étudiant en droit constitutionnel qui, plein de ressentiment envers la complexité, se rêve Premier consul. Le « silence vaut accord » automatique au bout de deux mois ? Une fausse bonne idée typique qui va conduire l’administration à dire non tout de suite et à tout, de crainte d’être submergée par des récriminations ultérieures. 350 députés ? Je comprends le désir de réduire une assemblée bruyante mais il faut mesurer qu’en retaillant ainsi les circonscriptions on va favoriser inévitablement les grands centres urbains. Les populations rurales, elles, n’auront quasiment plus de députés en propre. Est-ce vraiment cela une juste représentation nationale? Avec ce système au moins deux départements n’auraient plus de député et dans les dix ans neuf peut-être. Gouverner et réformer sont des tâches longues, complexes et graves. Cela demande du respect pour la loi, du respect pour l’expérience et du respect pour la démocratie. Dominique de Villepin

2026-07-31 20:36 original

Sur les événements récents de Ceuta et face aux images de chaos, au-delà des slogans répétitifs de l’extrême droite, les exigences du réalisme sont claires : 1/ la diplomatie avec le Maroc, dans un moment de tensions vives ; 2/ la solidarité européenne avec l’Espagne, au lieu des agitations stériles ; 3/ le déploiement des forces de sécurité pour assurer la souveraineté, comme l’a fait le gouvernement Sánchez avec sang-froid. Les résultats sont là, avec 48 000 migrants déjà repartis vers le Maroc, soit près de 80 % des arrivées des derniers jours. Le moment est aussi de penser aux plus de cinquante personnes qui ont péri en mer dans ce moment de désordre. Ne laissons pas l’extrême droite identitaire globale poser les termes du débat. Regardons les réalités en face, même lorsqu’elles sont complexes et douloureuses. Dominique de Villepin

2026-07-30 18:34 original

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2026-07-28 18:21 original

Je voudrais vous parler d’un livre qui ressemble à une résurrection : L’Homme foudroyé de Blaise Cendrars. En 1915, Cendrars perd son bras droit à la guerre. Cette blessure traverse tout son livre. Elle n’est pas seulement une mutilation : elle devient une manière nouvelle d’habiter le monde. Cendrars n’est pas dupe : on ne se purifie pas par la souffrance. La blessure oblige seulement à une autre bataille, faite de gestes minuscules, de fidélités silencieuses et d’une volonté obstinée de continuer. Puis vient Marseille, carrefour des destins, où l’identité devient une traversée. Chez Cendrars, les êtres ne se laissent jamais enfermer dans une origine, une profession ou une nationalité. Ils vivent de rencontres, de départs et de recommencements. Son livre est une protestation contre les étiquettes, une défense de l’homme dans sa pluralité, dans sa liberté, dans sa capacité à renaître. Que nous dit ce livre aujourd’hui ? Il nous dit que la vie a besoin de souffle, plus que de certitudes ; que ce qui compte, c’est de rester fidèle à sa tenue intérieure, que l’on se sauve par les liens. L’Homme foudroyé est un livre de blessure et de reconquête. On peut être frappé, amputé, jeté à terre, et pourtant se relever, marcher, aimer, écrire, respirer, sans jamais laisser la blessure gouverner sa vie.

2026-07-27 18:01 original

Décrétons la République culturelle. Ma première mesure pour la culture ? Installer la culture à l’Élysée, la faire entrer dans le domaine réservé du Président de la République, comme la politique étrangère et la défense. À l’heure de la vassalisation des esprits, la culture sera le cœur de notre nouvelle politique d’indépendance. Après la culture pour tous, la culture de tous, nous ferons la culture par tous, en donnant à chaque enfant la possibilité d’exprimer son talent. La culture est aussi notre premier lieu de réconciliation : celui où les corps et les esprits se rassemblent, et où chacun s’affirme pleinement comme citoyen de la République française. Nous instaurerons une véritable solidarité dans le secteur culturel en mettant en place des mécanismes de répartition entre les grandes et les petites salles. Nous créerons une Maison des arts dans chaque bassin de vie. À Avignon, j’ai présenté mon programme culturel pour redresser la France par l’esprit. Retrouvez toutes mes propositions dans ma dernière chronique : “La République Culturelle : Vivants, Toujours !” sur le site https://t.co/pkxDgc9Ge6

2026-07-25 11:35 reply

Nous avons déjà réussi ensemble à surmonter un risque existentiel, comme en 1945. Nous avons même déjà réussi à faire face à un risque environnemental majeur, avec la reforestation au XIXe siècle, avec la lutte contre les pluies acides et le trou de la couche d’ozone au XXe siècle. Nous devons simplement être à la hauteur de notre passé, pour cela, il convient de ne pas le laisser brûler en silence. La vérité c’est qu’il nous faut un plan pour rendre la France à nouveau habitable qui nous rassemble tous. L’enjeu n’est plus seulement d’éteindre les feux, il est de transformer nos territoires pour qu’ils restent vivables dans un contexte de dérèglement climatique. Face au nouveau régime climatique, la France a une nouvelle ardente obligation, celle de se doter d’une véritable stratégie nationale « France habitable 2050 », qui aura pour objectif de garantir des territoires capables de résister aux canicules et aux sécheresses, des logements adaptés aux nouvelles conditions climatiques, des forêts et des paysages plus résilients, une biodiversité protégée comme infrastructure essentielle, une gestion de l’eau fondée sur la régénération, une solidarité renforcée envers les territoires et les populations les plus vulnérables. C’est le Plan du XXI siècle, repensé autour d’instances de délibération telles qu’une Assemblée du Futur réorganisant le fonctionnement du Conseil Economique, Social et Environnemental, d’un centre d’information et de cartographie des risques et des enjeux qui mette l’Etat en maîtrise de l’information, car la statistique est déjà une stratégie. C’est la seule condition du succès. Un plan qui envisage la transformation de la forêt française, la diversification des essences, les obligations de prévention, la réorganisation des services de secours. Un plan qui mobilise l’Etat, toutes les collectivités territoriales, les citoyens. La France doit continuer à renforcer les moyens de la sécurité civile, grâce à la modernisation des équipements, l’amélioration de la détection précoce grâce aux outils numériques et satellitaires, une coopération européenne renforcée et l’anticipation des risques dans les territoires exposés. C’est possible. Les recherches en hydrologie régénérative montrent que l’eau constitue la clé de voûte de l’adaptation. Restaurer le cycle de l’eau permet simultanément de limiter les sécheresses, les inondations, les incendies et les îlots de chaleur. Cela implique de restaurer les zones humides, ralentir les écoulements et favoriser l’infiltration de l’eau dans les sols, protéger les nappes phréatiques, développer les haies, l’agroforesterie et les sols vivants, restaurer les paysages en mosaïque qui ralentissent la propagation des incendies. C’est possible. Nos forêts doivent également devenir plus résilientes, pour ce faire, nous devons promouvoir la diversification des essences, la réduction des monocultures vulnérables, le maintien des vieux arbres et des sols forestiers Le soutien au pastoralisme et aux pratiques permettant de limiter l’accumulation de combustible. C’est possible. Au XXe siècle, la République a construit un modèle de protection sociale. Au XXIe siècle, elle doit protéger les conditions mêmes de la vie. Faire de la France un territoire habitable en 2050, c’est proposer un nouveau contrat avec le vivant : protéger les citoyens en protégeant l’eau, les sols, les forêts, la biodiversité et les territoires dont dépend notre avenir commun. Si nous voulons nous redonner un avenir, commençons par là. Ressemons notre avenir.    Les arbres que nous planterons demain ne seront pas seulement une forêt. Ils seront un acte de confiance dans la France qui vient. Dominique de Villepin 2/2

2026-07-25 11:34 original

Nous sommes cernés par les flammes. Non seulement au Cap Ferret, à Fontainebleau, en Haute Marne où des maisons sont évacuées. Non, nous sommes tous cernés au sens moral. Notre passé part en fumée. Nos racines se calcinent. Notre avenir disparait derrière les fumées des incendies, s’évapore avec l’eau absente de la sécheresse historique. Les arbres centenaires sont la présence vivante des siècles parmi nous. Des milliers d'hectares de forêts, de landes et de zones naturelles disparaissent en quelques heures. Avec eux, ce sont des habitats entiers qui s'effondrent. Des centaines de milliers d'animaux – mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, insectes et une multitude d'organismes invisibles – périssent directement dans les flammes ou succombent dans les jours qui suivent, privés d'abris, d'eau ou de nourriture. Cette destruction dépasse largement la seule disparition d'espèces animales. Chaque incendie affaiblit les équilibres écologiques, réduit la capacité des sols et des forêts à stocker du carbone et retarde parfois pendant plusieurs décennies la reconstitution des écosystèmes. Le vivant tout entier est aujourd'hui une victime silencieuse des dérèglements climatiques. Les forêts ne sont pas un simple décor. Elles produisent de l'oxygène, stockent du carbone, régulent le cycle de l'eau, abritent une biodiversité exceptionnelle et rendent possible une partie des conditions qui permettent notre propre existence. Partout où « ces chênes qu’on abat » brûlent, nous sommes laissés seuls et abandonnés, avec l’immédiat, avec le sans-vie – le béton, les réseaux sociaux, l’intelligence artificielle et les écrans. Nous nous sentons enfermés dans un présent étroit, sans passé, ni avenir. Combien de gens vous ont dit, dans les dernières semaines : « ce n’est pas possible, on dirait la fin du monde » ? L’écrivain Alexis Jenni, si sensible au destin du vivant, a réagi aux incendies terribles de Fontainebleau avec cette belle expression : c’est Notre-Dame des Forêts qui brûle ! Oui ce n’est pas seulement du bois qui se consume, c’est un peu de notre âme.   Autre sensation nouvelle : aucune parcelle du territoire n’est désormais à l’abri de la catastrophe. Il y avait dans le passé une solidarité nationale de régions à risque faible, le Nord, l’Ile de France, la Bretagne, avec un sud méditerranéen confronté depuis longtemps aux risques. Il y a désormais, alors que plus aucune forêt n’est à l’abri, alors que certains prévoient les premiers mégafeux en France d’ici dix ans, le risque d’un repli de chacun sur le risque le plus proche, le sien. Le risque d’une lutte pour les ressources. Le risque d’intégrer la rareté comme une fatalité et d’agir en fonction d’elle.   Les effets du réchauffement climatique sont en train de dissoudre, dans l’espace, dans le temps et dans les esprits, ce qui constitue l’identité et la solidarité nationale. C’est en cela que j’ai parlé d’écogaullisme, parce que je sens avec angoissel’urgence de reprendre la main sur notre destin national. Je me désespère d’un débat politique à côté de la plaque et des querelles de partis microscopiques faisant obstacle au rassemblement. La lutte contre le réchauffement et pour l’adaptation n’est pas une politique publique elle est un enjeu de souveraineté, de stabilité et même de survie. Si nous laissons l’Etat être englouti dans les flammes, alors, oui, nous serons vraiment à nu. Exposés aux catastrophes naturelles, exposés aux autres puissances, exposés au sauve qui peut des inégalités et des égoïsmes. Je ne vais pas vous faire croire qu’il y a des solutions faciles. Un problème, une mesure, et on n’y pense plus ! Je ne vais pas vous faire croire que tout est de la faute de tel ou tel qui par commodité à annuler une commande de deux Canadair.  Les Français ne sont pas des enfants, mais un peuple éprouvé et mûri par l’histoire. La vérité, c’est que nous pouvons réussir à nouveau, parce que nous avons déjà réussi ensemble. 1/2

2026-07-24 19:50 original

Ce que je suis venu dire à Avignon, c’est qu’une crise peut en cacher une autre. Derrière la crise de la culture, c’est la crise de la démocratie qui se révèle : crise du récit commun, crise de l’attention, crise de la liberté de création, crise de la rencontre. Inventons alors ensemble une République culturelle, comme antidote à ce dessèchement démocratique.

2026-07-19 10:33 repost

RT @TribuneDimanche: 🔵 ENTRETIEN EXCLUSIF – Le candidat à la présidentielle, Dominique de @Villepin, toujours sous les 5 % d’intentions de…

2026-07-18 22:16 repost

RT @TribuneDimanche: 🔵 #ENTRETIEN #EXCLUSIF avec Dominique de @Villepin : « 𝘗𝘰𝘶𝘳 𝘦́𝘷𝘪𝘵𝘦𝘳 𝘭𝘦 𝘱𝘪𝘳𝘦, 𝘪𝘭 𝘧𝘢𝘶𝘵 𝘴’𝘦𝘯𝘵𝘦𝘯𝘥𝘳𝘦 » Pour la première fo…

2026-07-17 21:03 original

Nous avons tous, quelque part, un poulailler à traverser. Voilà la leçon d’une petite fable, une fabulette, que François Mitterrand aimait raconter, une histoire de presque rien, quelques personnages, une scène de campagne. Et comme souvent dans les vraies fables, ce presque rien contient une grande leçon sur la vie. Il y est question d’un fou, d’une ferme et d’un poulailler. Et dans cette histoire, les poules sont l’opinion, la rumeur, les étiquettes qui collent à la peau. Elles sont cette part du monde qui ne vous connaît qu’à travers votre ancienne faute, votre ancienne peur. l’image qu’elle s’est faite de vous et qu’elle refuse d’abandonner. Notre époque est pleine de poulaillers. Elle archive tout, répète tout, exhume tout. Elle parle de pardon mais ne sait plus toujours tendre la main. Qui n’a pas son grain de blé ? Qui n’a jamais échoué, été malade, pauvre, rejeté ou humilié ? Pour soi-même, la fable dit : ne restez pas prisonnier de l’ancienne peur. Même si les poules s’agitent, avancez. Même si le monde tarde à comprendre que vous avez changé, avancez. Pour les autres, elle dit : ne soyez pas les poules. Ne réduisez pas un être à ce qu’il a été. Laissez au temps, à la vérité et à la réparation, la possibilité de faire leur œuvre. Pour la politique enfin, elle rappelle qu’une République doit juger, sanctionner lorsque c’est nécessaire, mais aussi permettre le relèvement. Il faut apprendre à se guérir. Et surtout, il faut apprendre à ne pas picorer éternellement les blessures des autres. Car un monde où les hommes, même guéris, devraient encore trembler devant les poulaillers, serait inhabitable.

2026-07-14 19:21 original

Ce soir, il n’y a qu’une seule couleur : le bleu. Nos joueurs sont français. Ils portent notre espérance et notre fierté, ainsi qu’une certaine idée de la France qui nous rassemble tous. Les attaques contre eux disent beaucoup plus de ceux qui les profèrent que de cette équipe qui fait notre fierté nationale. Bonne chance aux Bleus. Toute la France est avec vous. Dominique de Villepin ©️ Photo 1 : Lukas Korschan

2026-07-14 12:00 original

Il y a dix ans, ce soir-là, la fête nationale s’est achevée dans le deuil sur la promenade des Anglais. Quatre-vingt-six personnes ont été tuées. Quinze d’entre elles étaient des enfants. Plus de quatre cents autres personnes ont été blessées. Et beaucoup d’autres, ce soir-là, ont vu l’horreur en face - ce que personne ne devrait avoir à voir - et vivent encore avec. Dix ans ont passé. Certaines blessures se voient. La plupart, non. On ne voit pas les nuits sans sommeil, les cauchemars qui reviennent, la peur qui monte sans raison un soir d’été, au milieu de la foule. On ne voit pas les enfants qui ont grandi avec cela au fond d’eux, sans l’avoir choisi. On ne voit pas les mères qui ont dressé la table pour quelqu’un qui ne rentrera pas. Rien de tout cela ne se referme parce que dix ans ont passé. Il n’y a pas de délai au terme duquel on doit aller mieux. Nous n’avons rien à leur demander. Nous avons seulement à être auprès d’eux : à les écouter, à ne pas fermer l’oreille, à ne pas détourner le regard. Ce soir, à 22 h 34, à l’heure où quatre-vingt-six faisceaux s’élèveront de la Promenade vers le ciel, soyons avec eux, par le cœur et par la pensée. Pour les quatre-vingt-six. Pour leurs familles. Pour ceux qui ont survécu et qui n’en parlent pas. Ils étaient de Nice et d’ailleurs, français et étrangers, croyants et non-croyants. Ils étaient venus voir un feu d’artifice avec leurs enfants. Ils ne demandaient rien de plus que le bonheur d’une fête nationale partagée. Et cela, pour toujours, nous lie à eux. Nous ne les oublions pas. Dominique de Villepin ©️ Photo : AFP / Valery Hache.

2026-07-14 12:00 original

Il y a dix ans, ce soir-là, la fête nationale s’est achevée dans le deuil sur la promenade des Anglais. Quatre-vingt-six personnes ont été tuées. Quinze d’entre elles étaient des enfants. Plus de quatre cents autres personnes ont été blessées. Et beaucoup d’autres, ce soir-là, ont vu l’horreur en face - ce que personne ne devrait avoir à voir - et vivent encore avec. Dix ans ont passé. Certaines blessures se voient. La plupart, non. On ne voit pas les nuits sans sommeil, les cauchemars qui reviennent, la peur qui monte sans raison un soir d’été, au milieu de la foule. On ne voit pas les enfants qui ont grandi avec cela au fond d’eux, sans l’avoir choisi. On ne voit pas les mères qui ont dressé la table pour quelqu’un qui ne rentrera pas. Rien de tout cela ne se referme parce que dix ans ont passé. Il n’y a pas de délai au terme duquel on doit aller mieux. Nous n’avons rien à leur demander. Nous avons seulement à être auprès d’eux : à les écouter, à ne pas fermer l’oreille, à ne pas détourner le regard. Ce soir, à 22 h 34, à l’heure où quatre-vingt-six faisceaux s’élèveront de la Promenade vers le ciel, soyons avec eux, par le cœur et par la pensée. Pour les quatre-vingt-six. Pour leurs familles. Pour ceux qui ont survécu et qui n’en parlent pas. Ils étaient de Nice et d’ailleurs, français et étrangers, croyants et non-croyants. Ils étaient venus voir un feu d’artifice avec leurs enfants. Ils ne demandaient rien de plus que le bonheur d’une fête nationale partagée. Et cela, pour toujours, nous lie à eux. Nous ne les oublions pas. Dominique de Villepin ©️ Photo : AFP : Valery Hache.

2026-07-14 11:59 original

Il y a dix ans, ce soir-là, la fête nationale s’est achevée dans le deuil sur la promenade des Anglais. Quatre-vingt-six personnes ont été tuées. Quinze d’entre elles étaient des enfants. Plus de quatre cents autres personnes ont été blessées. Et beaucoup d’autres, ce soir-là, ont vu l’horreur en face - ce que personne ne devrait avoir à voir - et vivent encore avec. Dix ans ont passé. Certaines blessures se voient. La plupart, non. On ne voit pas les nuits sans sommeil, les cauchemars qui reviennent, la peur qui monte sans raison un soir d’été, au milieu de la foule. On ne voit pas les enfants qui ont grandi avec cela au fond d’eux, sans l’avoir choisi. On ne voit pas les mères qui ont dressé la table pour quelqu’un qui ne rentrera pas. Rien de tout cela ne se referme parce que dix ans ont passé. Il n’y a pas de délai au terme duquel on doit aller mieux. Nous n’avons rien à leur demander. Nous avons seulement à être auprès d’eux : à les écouter, à ne pas fermer l’oreille, à ne pas détourner le regard. Ce soir, à 22 h 34, à l’heure où quatre-vingt-six faisceaux s’élèveront de la Promenade vers le ciel, soyons avec eux, par le cœur et par la pensée. Pour les quatre-vingt-six. Pour leurs familles. Pour ceux qui ont survécu et qui n’en parlent pas. Ils étaient de Nice et d’ailleurs, français et étrangers, croyants et non-croyants. Ils étaient venus voir un feu d’artifice avec leurs enfants. Ils ne demandaient rien de plus que le bonheur d’une fête nationale partagée. Et cela, pour toujours, nous lie à eux. Nous ne les oublions pas. Dominique de Villepin ©️ Photo : AFP : Valery Hache.

2026-07-13 18:47 original

Je veux vous parler d’un petit livre inachevé qui a la densité d’un mythe. « Le Mont Analogue » de René Daumal. Son point de départ est d’une simplicité presque enfantine. Il existerait, quelque part sur Terre, une montagne si haute qu’elle touche le ciel, mais invisible aux regards ordinaires. Une montagne qui ne se laisse approcher qu’à certaines conditions. Daumal invente une expédition. Des chercheurs plutôt que des héros, un port, des guides, des règles. Et une découverte : on ne monte pas comme on conquiert, on monte comme on se transforme. Le livre est inachevé, Daumal meurt jeune, le sommet reste hors d’atteinte. Et c’est peut-être sa plus belle leçon : l’important n’est pas d’arriver, l’important est de monter. Que nous dit ce livre aujourd’hui ? Première leçon : il existe des hauteurs qui ne se voient pas. Notre époque confond visibilité et valeur, bruit et force. La vraie élévation est intérieure. Deuxième leçon : la discipline libère. Troisième leçon : l’ego est le principal obstacle. La montagne exige qu’on se dépouille, qu’on cesse de se raconter des légendes. Quatrième leçon : la quête est un collectif. On monte avec des compagnons, des guides, une fraternité. Lire « Le Mont Analogue » en 2026, c’est réhabiliter la hauteur intérieure. Celle qui donne de l’air quand tout étouffe. Daumal ne nous dit pas : « voici le sommet ». Il nous dit : « voici la marche ».

2026-07-10 18:25 original

Le pouvoir n’est pas diminué lorsqu’il se laisse atteindre. Il est diminué lorsqu’il prétend ne rien sentir. Cette leçon, nous la devons à Georges Pompidou. Le 22 septembre 1969, à l’issue d’une conférence de presse, le Président Pompidou est interrogé sur l’affaire Gabrielle Russier, cette professeure de lettres qui, après sa condamnation pour avoir entretenu une relation avec un élève mineur, s’est donné la mort. Face à ce drame, Pompidou aurait pu se réfugier derrière l’indépendance de la Justice, choisir de rester muet, de rappeler la réserve qui s’impose au chef de l’Etat. Il fait un autre choix. Il cite Éluard. « Comprenne qui voudra / Moi mon remords ce fut / la victime raisonnable / au regard d’enfant perdue / celle qui ressemble aux morts » Remords. Tout le non du Président Pompidou tient dans cette retenue. Non à la réponse automatique. Non à la froideur correcte. Non à la société qui juge sans mesurer ce que son jugement produit. Non à l’affaire refermée comme un dossier lorsque demeure une morte. Ce non passe par un silence, par un vers, par un mot. Voilà ce qui lui donne sa force. Pompidou n’a pas réparé l’irréparable. Il n’a pas prétendu le faire. Il a trouvé, devant la mort de Gabrielle Russier, le mot qui empêche une société de s’endurcir : remords. Non pas comme une condamnation, mais comme le commencement d’une vigilance, d’une attention fraternelle à l’autre.

2026-07-07 21:39 original

Condamnée mais candidate. Je respecte la justice de mon pays. Et je respecte les électeurs, qui auront à choisir l’avenir de notre pays dans 10 mois. Mais je veux dire aux Français, avec gravité, ce que ce moment signifie. Si Marine Le Pen est aujourd’hui aux portes du pouvoir, ce n’est pas par la force de ses idées. C’est par l’accumulation des échecs de ceux qui gouvernent la France depuis vingt ans. Cet échec il porte un nom, celui de l’impuissance publique. Cet échec, c’est un constat : une école qui recule, une justice qui n’exécute pas ses décisions, des services publics à bout de souffle et un État qui promet et qui ne tient plus… Ce ne sont pas les Français qui ont failli. Ce sont des politiques menées sans vision, sans constance et sans courage. La colère des Français est donc légitime. La question est de savoir ce que nous en faisons. Je ne crois pas aux anathèmes. Ils nourrissent ce qu’ils prétendent combattre. Je ne crois pas davantage aux alliances de circonstance, conclues la peur au ventre entre deux tours, pour prolonger cinq ans ce qui vient d’échouer pendant vingt. Je crois à une seule chose, une réponse à la hauteur du mal. Rassembler tous les démocrates et tous les républicains sincères, quelles que soient leurs familles politiques, autour d’un projet clair : redresser nos comptes avec justice, remettre le pays au travail et à la production, rétablir la sécurité partout et pour tous, redonner à l’État la capacité de tenir ses promesse, répondre au défi climatique. Ce chemin est un chemin d’effort et de solidarité. Je ne promettrai pas aux Français que ce sera facile : ce serait leur mentir, et le mensonge public est ce qui a nourri le désenchantement. Mais l’effort partagé avec justice n’a jamais fait peur à notre peuple. C’est l’injustice qui le révolte, et l’impuissance qui le désespère. Ce chemin est aussi un chemin de courage. Le courage de dire la vérité sur l’état du pays. Le courage de travailler ensemble quand tout pousse à se diviser. Le courage de préférer la France à son camp. Notre pays s’est déjà relevé d’impasses que l’on disait sans issue. Il en a la force, il en a les talents, il en a l’histoire. Il lui manque une volonté commune. Cette volonté commune a un nom, le rassemblement dans l’esprit du CNR. Non pas contre quelqu’un, mais pour redresser notre pays et donner un avenir à nos enfants. Il ne s’agit que de volonté, la volonté de l’intérêt général. Nous n’avons pas le droit d’échouer. Dominique de Villepin

2026-07-06 20:27 original

Parcoursup est une machine à stress, une machine à échec, une machine à complexité. Derrière cette plateforme opaque, où des procédures trop peu lisibles pèsent sur l’avenir de nos enfants se cache une logique construite patiemment depuis vingt ans, et que le macronisme a empirée. Les études sont devenues un marché, où l’on se vend, où l’on s’achète. Un marché qui ne récompense pas toujours les plus méritants, mais parfois les mieux conseillés, les mieux entourés. Une reproduction sociale qui n’ose pas dire son nom. Mais le plus grave, c’est la perte d’humanité. On a cru pouvoir confier l’avenir d’un enfant à un algorithme, en oubliant que l’orientation est un accompagnement. Aujourd’hui, les psychologues de l’Éducation nationale sont trop peu nombreux pour répondre à l’angoisse et aux besoins réels des élèves. Il faut un coupe-circuit humain au cœur de Parcoursup. Je propose trois rendez-vous d’orientation, de la première à la terminale : un premier pour formuler son désir d’études, un deuxième pour l’affiner et encourager vers l’excellence ceux qui n’osent pas y croire, un troisième après le baccalauréat pour valider sa formation ou en trouver une. Une Nation qui n’accompagne plus sa jeunesse est une Nation qui a renoncé à la regarder.

2026-07-03 18:13 original

Il est des gestes modestes qui contiennent une civilisation tout entière. Préparer le thé, le servir, le recevoir : tout cela pourrait sembler infime. C’est pourtant une morale du monde. Aujourd’hui, je veux vous parler du « Livre du Thé », d’Okakura Kakuzō. Face à un Occident sûr d’incarner à lui seul le progrès, ce livre nous dit qu’il existe des formes de grandeur qui ne passent ni par le bruit, ni par la conquête, mais par la délicatesse. Le thé y est une école de l’instant, où la beauté loge dans la trace, dans l’imperfection, où le « vide » est une place faite à l’autre, à la respiration, à l’invisible. Lire ce livre aujourd’hui, c’est retrouver une boussole très contemporaine. Première leçon : l’attention est une souveraineté. Dans un monde de flux et de notifications, tenir une tasse de thé en pleine conscience devient un acte de résistance. Deuxième leçon : la douceur est une force. La civilisation se mesure à sa capacité de préserver des formes de délicatesse. Troisième leçon : l’imperfection est humaine. Le « Livre du thé » valorise la patine, la fissure, l’objet imparfait, parce que l’imperfection dit le vivant. Quatrième leçon : la rencontre des cultures exige l’humilité, parce que la vraie modernité sait accueillir plusieurs manières de vivre. Au fond, le thé n’est pas le sujet : le sujet, c’est la dignité de l’instant, et la possibilité, au milieu du bruit, de redevenir présent.

2026-06-29 23:28 repost

RT @Villepin: TOUS ÉCOGAULLISTES Ces citations sont extraites d’une chronique à lire en intégralité sur le site de @LFHumaniste : https:/…